L’Accord national interprofessionnel de juin 2013 dispose que la QVT correspond aux « conditions dans lesquelles les salariés exercent leur travail et leur capacité à s’exprimer et à agir sur le contenu de celui-ci ». Depuis 2022, cette expression « qualité de vie au travail » (QVT) a été remplacée dans le Code du travail par « qualité de vie et de condition de travail » (QVCT) , avec l’ajout d’éléments comme la sécurité, l’ergonomie et la gestion des risques au sein de l’entreprise. Cette transition aura souligné l’importance de l’environnement professionnel dans la promotion du bien-être des travailleurs. Et incite les employeurs à s’engager pour le bien-être mental de leurs employés en tenant compte des aspects matériels et organisationnels de leur travail. Les conditions et relations de travail, incarnées par la QVT, sont également un des 7 piliers fondamentaux de la RSE, selon la norme de référence ISO 26000.
Comprendre les labels QVCT
Pour attester et témoigner des engagements en matière de QVCT, les organismes labellisateurs scrutent des indicateurs précis. Parmi les plus communs, on retrouve des indicateurs liés à la démographie (proportion des seniors, parité, équité, diversité…) ; à l’absentéisme (durée des absences, taux d’absentéisme, typologie des absences…) ; à la santé (inaptitudes, maladies professionnelles, reclassements pour raisons de santé…) ; à la sécurité (accidents du travail, incidents…) ; et bien sûr aux conditions de travail (pénibilité, qualité des relations de travail…) et aux parcours des salariés (accès à la formation, turnover, mobilité…). En observant et en auditant ces indicateurs, les labels prennent ainsi en considération les pratiques managériales, le sentiment d’appartenance et la cohésion interne, ou encore la culture d’entreprise.
En tant que candidat, ces labels permettent donc d’être informé et rassuré sur l’environnement de travail et la marque employeur. Il s’agit donc de regarder en premier lieu là où le label est mis en avant par l’entreprise (page carrière, fiche entreprise, annonce d’emploi, réseaux sociaux…) et de s’intéresser à l’organisme certificateur et à sa méthode d’attribution. Sans oublier de vérifier la date du label, la plupart étant décernés pour un an. Si les labels donnent une première indication positive, ils ne sont pas une assurance tous risques. Il ne faut pas hésiter à rechercher d’autres avis extérieurs sur l’entreprise ainsi que des témoignages de salariés, pour vérifier la cohérence avec les labels affichés.
Candidats : quels labels QVCT garantissent le bien-être au travail dans une entreprise ?
Great Place To Work : le label créé en 1992 est une référence mondiale de la qualité de vie au travail. Sa certification, accordée pour un an, repose sur un diagnostic comprenant une enquête auprès de l’ensemble des collaborateurs. Les entreprises doivent ainsi obtenir une note dépassant 65 % de réponses positives, au questionnaire anonyme Trust Index rempli par les salariés et portant sur 5 dimensions (crédibilité, respect, équité, fierté, convivialité). Le second outil, le Culture Audit, évalue les pratiques managériales et leur originalité sous la forme d’un dossier rédigé par l’employeur. Selon l’enseigne, 88 % des candidats préfèrent postuler auprès d’une entreprise certifiée Great Place To Work. En 2024, 44 organisations ont fait leur entrée au palmarès des entreprises certifiées, et seules 20 % des entreprises ayant postulé ont obtenu la certification (la démarche est payante pour les entreprises, mais rien ne garantit une certification). Une fois certifiées, les entreprises peuvent être classées dans différents palmarès: Best workplaces France, Great Place To Work For Women, Great Place To Work In Tech…
Top employers : réservée aux entreprises de plus de 250 salariés en France, la certification distingue des entreprises aux pratiques RH innovantes (programmes de bien-être, initiatives pour la santé physique et mentale). Parmi les critères : gestion et acquisition des talents, gestion des performances, formation et développement, rémunération et avantages, bien-être, écoute collaborateur, politique salariale… Les entreprises candidates, qui doivent s’acquitter d’un paiement conséquent, répondent à un questionnaire comportant plus de 250 questions, puis la validité des réponses est vérifiée par un audit mené par le Top Employers Institute. Pour être certifiée et rejoindre plus de 2 400 entreprises labellisées dans le monde, l’organisation doit obtenir le score minimal requis par la norme internationale du Top Employers Institute. En 2025, 108 entreprises ont été certifiées en France (Airbus, Biogroup, Capgemini, Randstad France, La Banque postale…).
Lucie 26000 : le label décerné par l’Agence Lucie s’aligne sur la norme ISO 26000, et la QVCT fait partie des indicateurs scrutés dans le cadre des politiques RSE. Les relations et conditions de travail responsables sont ainsi évaluées selon six principes d’actions : contribuer à la création d’emplois pérennes, favoriser la qualité de vie au travail, créer les conditions du dialogue social, protéger la santé et la sécurité des salariés, développer les compétences et assurer un système de rémunération équitable et transparent. L’obtention du label commence par une auto-évaluation initiale, qui vise à mesurer le niveau de maturité de l’organisation en termes de RSE, puis une formation RSE de deux jours est proposée pour guider les organisation dans l’élaboration d’un plan d’action aligné sur l’ISO 26000 pour une période de quatre ans. S’en suit un diagnostic externe approfondi, réalisé par des organismes indépendants pour évaluer la conformité de l’organisation aux critères du label, ensuite attribué pour quatre ans avec un audit de mi-parcours.
HappyIndexAtWork : porté par l’entreprise à mission française ChooseMyCompany (meilleures-entreprises.com), cette certification et le classement qui l’accompagne mettent en valeur les organisations où les salariés sont les plus engagés et motivés. L’enquête soumise aux employés évalue le développement personnel et la progression professionnelle, l’environnement de travail stimulant, le management et la motivation, le salaire et la reconnaissance, la fierté et le plaisir au travail. L’accréditation HappyIndexAtWork est décernée aux entreprises qui se distingue par l’excellence de leur environnement de travail, après une démarche gratuite. Et pour cela, la priorité est donnée aux ressentis et aux retours d’expérience des salariés. Chaque question posée est ainsi évaluée sur une échelle de 1 à 5. Pour être éligible, un seuil de participation minimum des salariés est requis, tout comme un minimum de 60 % de recommandation.
QVT EV3 : ce label qui certifie une démarche de QVT tout en accompagnant les entreprises dans la transformation vise notamment à réduire le décalage entre les pratiques internes des entreprises et leur communication externe. Il se structure autour de 15 engagements évalués sur 3 niveaux de certification (pratiques et perceptions, culture et organisation, stratégie et bien-être). L’accompagnement pédagogique inclut une formation et du partage d’expérience entre entreprises labellisées. L’EV3 vise donc à évaluer la maturité de l’engagement d’une entreprises en matière de qualité de vie au travail, mais aussi à mesurer son évolution tout en participant à structurer une démarche pérenne. Il mesure et propose des actions concrètes pour tout ce qui est prévention, santé et sécurité; ressources humaines, diversité et inclusion; dialogue social; transformations organisationnelles et structurelles ; et évolution des pratiques managériales. Une démarche complète et payante qui commence par la formation, pour initier aux notions de la QVCT et cibler le niveau de labellisation, avant un audit approfondi et l’établissement d’un plan d’action. Si le taux d’indicateurs acquis atteint ou dépasse 90 %, l’entreprise est labelisée pour 2 ans; si le taux est compris entre 75 % et 89 %, l’entreprise est labelisée pour un an. En dessous, elle n’est pas labelisée.