Quand on parle de réseau dans une recherche d’emploi, beaucoup de personnes me disent qu’elles n’en ont pas. Pourtant, quand on commence à faire la liste des gens que l’on connaît, on s’aperçoit généralement du contraire.
Le réseau professionnel comprend toutes les personnes qui peuvent contribuer, de près ou de loin, à votre recherche. Certaines peuvent vous recommander auprès d’une entreprise, d’autres vous renseigner ou vous mettre en relation avec quelqu’un. Et certaines peuvent tout simplement avoir un besoin de recrutement dont vous ignorez l’existence.
Il y a bien sûr les anciens collègues et les relations professionnelles, mais pas seulement. Pensez à votre famille, à vos amis, à vos anciens enseignants, à vos voisins et à toutes les personnes avec lesquelles vous avez été amené à échanger au fil de votre parcours. Même si la relation n’était pas professionnelle au départ, elle peut un jour vous permettre d’obtenir une information ou de rencontrer quelqu’un.
Le premier travail consiste donc à regarder qui l’on connaît déjà. Ensuite, encore faut-il que ces personnes sachent que vous cherchez un emploi et comprennent ce que vous recherchez.
Donner avant de demander
Il existe évidemment des situations où l’on part avec très peu de contacts. C’est le cas, par exemple, quand on change de pays ou complètement de secteur. Il faut alors se créer progressivement un nouveau réseau.
LinkedIn est très utile pour cela. On y trouve des professionnels de tous les secteurs et à tous les niveaux de responsabilité. Mais contacter quelqu’un que l’on ne connaît pas met parfois mal à l’aise. On peut craindre d’avoir l’air intéressé ou d’arriver uniquement parce qu’on attend quelque chose de la personne.
Je conseille de commencer autrement, en s’intéressant réellement aux gens.
Si vous suivez une personne parce que son métier, son entreprise ou son secteur vous intéresse, regardez ce qu’elle publie. Si un contenu vous apporte quelque chose, vous pouvez le lui dire, le commenter ou compléter son propos avec une information que vous connaissez. Vous pouvez aussi lui écrire en privé pour lui transmettre une étude ou une ressource en rapport avec un sujet qu’elle a abordé.
Il faut que la démarche reste sincère. L’objectif n’est pas de distribuer des compliments pour obtenir quelque chose ensuite. Vous vous intéressez à un domaine professionnel qui vous attire et vous échangez avec les personnes qui le connaissent. Vous apprenez au passage et, petit à petit, elles apprennent aussi à vous connaître.
Cette logique fonctionne également en dehors de LinkedIn. Vous connaissez deux personnes qui auraient intérêt à échanger ? Mettez-les en relation. Vous avez une information susceptible d’être utile à quelqu’un ? Envoyez-la. Nous pouvons tous apporter quelque chose aux autres, même quand nous sommes nous-mêmes en recherche d’emploi.
Ne laissez pas votre interlocuteur deviner ce que vous cherchez
L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à contacter quelqu’un en lui disant simplement : « Je cherche un emploi, tu n’aurais pas un poste pour moi ? »
La personne peut être parfaitement disposée à vous aider et ne pas savoir quoi faire de cette information.
Il faut lui faciliter la tâche. Expliquez quel type de poste vous recherchez, dans quel secteur et avec quelles compétences. Si vous vous intéressez à son entreprise, préparez aussi des questions. Vous pouvez lui demander si certains métiers recrutent en ce moment, comment fonctionne l’entreprise ou quelle est sa culture.
Plus votre demande est précise, plus votre interlocuteur peut faire le rapprochement avec une personne, une information ou une opportunité qu’il connaît.
C’est à vous de faire ce travail en amont. Votre contact ne doit pas avoir à réfléchir à votre place pour comprendre ce que vous pourriez faire ou à qui il pourrait vous présenter.
Trouver un point commun pour engager la conversation
Pour contacter quelqu’un que vous ne connaissez pas encore, cherchez ce que j’appelle un dénominateur commun. Cela peut être une école, une connaissance, un événement auquel vous avez tous les deux participé, un sujet qui vous intéresse ou même une activité sportive.
Les événements professionnels sont pratiques pour cela. Si vous avez assisté au même événement en ligne, vous avez déjà un sujet pour engager la conversation. Vous pouvez reprendre un point abordé par un intervenant et demander à la personne ce qu’elle en a pensé.
Il existe aussi des plateformes comme My Job Glasses, où des professionnels se rendent disponibles pour parler de leur métier et de leur entreprise.
Dans tous les cas, je conseille de poser des questions et de s’intéresser à la personne avant de parler longuement de soi. Si elle vous apporte une information intéressante, remerciez-la. Et si elle ne répond pas, n’en tirez pas de conclusion particulière. Tout le monde n’a pas le temps ou l’envie de répondre à chaque sollicitation.
Entretenir son réseau quand tout va bien
Attendre d’être en recherche d’emploi pour reprendre contact avec tout son réseau complique les choses. Réactiver des relations prend du temps, et la démarche peut vite devenir urgente.
La recommandation repose beaucoup sur la confiance. Une personne qui vous recommande auprès de quelqu’un engage aussi sa réputation. Elle le fera plus facilement si elle vous connaît suffisamment et si elle a eu récemment l’occasion d’échanger avec vous.
Cela ne demande pas forcément beaucoup de temps. Dix minutes par jour sur LinkedIn peuvent suffire pour suivre ce qui se passe dans votre secteur et échanger avec quelques personnes. On peut aussi prendre des nouvelles, de temps en temps, d’une ancienne relation professionnelle.
J’aime bien conseiller un réflexe encore plus simple. Quand vous lisez une étude, un article ou un livre et que vous pensez immédiatement à quelqu’un, envoyez-lui l’information. « Tiens, j’ai vu ça, ça pourrait t’intéresser. » Cela prend quelques secondes. Vous n’avez rien à demander et la personne voit simplement que vous avez pensé à elle.
C’est aussi une façon très naturelle de ne pas laisser plusieurs années s’écouler entre deux échanges.
Et quand on est plutôt introverti ?
Le réseau est évidemment plus facile à développer pour certaines personnes que pour d’autres. Quand on est timide ou introverti, l’idée d’aller parler à des inconnus peut être inconfortable.
Dans ce cas, oubliez un peu l’idée qu’il faudrait absolument savoir « se vendre ». Vous pouvez simplement vous intéresser aux personnes que vous rencontrez. Demandez-leur ce qu’elles font, comment elles sont arrivées dans leur métier ou ce qu’elles pensent de leur secteur. Les gens parlent généralement volontiers de leur expérience quand ils sentent que les questions sont sincères.
Il est aussi utile de fréquenter de nouveaux environnements. Cela peut passer par une activité sportive, l’apprentissage d’une langue, un événement ou simplement l’occasion de découvrir de nouveaux endroits. On rencontre forcément moins de nouvelles personnes si l’on reste toujours dans les mêmes cercles.
Je reviens finalement toujours à la même idée : la curiosité. Un réseau se construit en s’intéressant aux autres et en étant prêt à leur apporter quelque chose, sans calculer systématiquement ce que l’on obtiendra en retour. Les autres ne sont pas des tremplins. Et c’est justement quand cette relation existe déjà, qu’un réseau peut réellement vous aider dans votre parcours professionnel.