Et si le diplôme n’était pas suffisant pour vous ouvrir les portes d’une entreprise ou d’un parcours professionnel stable ? C’est le postulat d’une récente étude de la plateforme d’emploi Indeed et de CensusWide sur l’obsolescence des compétences et l’importance des diplômes. Le premier enseignement : 40 % des salariés ayant fait des études supérieures considèrent que celles-ci ne les ont pas bien préparés à leur emploi actuel. Un constat qui illustrerait la rapide évolution des compétences et connaissances nécessaires sur le marché de l’emploi, et notamment la péremption et l’obsolescence plus rapide des diplômes délivrés. En contraste, seuls 12 % des salariés interrogés ayant fait des études supérieures pensent qu’elles les ont très bien préparés à leur emploi actuel. Un avis qui est logiquement plus présent chez les moins de 35 ans (28 %). A noter que vis-à-vis du rapport au diplôme, les hommes ont un regard plus positif que les femmes (69 % contre 53 %).
Du point de vue des recruteurs eux-mêmes, dont l’approche est déterminante pour les candidats, le retour est plus mitigé : 45 % estiment que les écoles et universités ne déploient pas assez d’efforts pour transmettre à leurs apprenants les compétences dont ils ont besoin pour s’insérer sur le marché du travail. Tandis que la même proportion pense le contraire.
Quid des soft skills ?
Si certains employeurs s’inquiètent du manque de compétences professionnelles des candidats, la perception est plus positive en matière de soft skills. Et nuance les présupposés négatifs sur les aptitudes comportementales des salariés de la « Gen Z ». En effet, 61 % des recruteurs rapportent que la plupart des jeunes diplômés ont des soft skills plutôt adaptées voire très adaptées à la vie en entreprise ; et seuls 15 % estiment que ces savoir-être ne sont pas assez développés chez les jeunes. Dans le détail des manquements observés chez les profils de jeunes candidats, on retrouve la curiosité et l’envie d’apprendre (29 %), la capacité à travailler en équipe (28 %), l’adaptabilité (28 %), la capacité à gérer son temps (27 %) et le respect de la hiérarchie ou des modèles de gouvernance (25 %). « Si le diplôme peut ressembler à un Graal pendant les études, il n’offre en réalité qu’un bagage de savoirs permettant de débuter sa vie professionnelle, mais les compétences des employés devront s’étoffer et évoluer tout au long de leur carrière, et personne ne peut compter uniquement sur son diplôme pour l’ensemble de son parcours professionnel. Chaque salarié doit rester observateur et à l’écoute des grandes évolutions du marché de l’emploi, que ce soit dans son emploi actuel ou pour une prochaine mission qu’il vise, et se mettre à niveau pour rester attractif et adapté aux besoins des entreprises », affirme Éric Gras, spécialiste du marché de l’emploi chez Indeed.
En matière d’attentes des employeurs, les candidats ont de fait tout intérêt à cultiver et à mettre en avant leur adaptabilité : 76 % des salariés, étudiants et personnes sans emploi interrogés témoignent qu’ils ont dû ou qu’ils devront acquérir des compétences supplémentaires pour réussir dans leur carrière. Et pour se préparer aux métiers d’aujourd’hui, les voies privilégiées sont l’expérience du terrain (55 %), la formation professionnelle (53 %) et l’apprentissage ou les stages (45 %). Les diplômes, quant à eux, n’arrivent qu’en quatrième position. En conséquence, les recruteurs souhaiteraient que les écoles, universités et centres de formation mettent davantage l’accent sur l’apprentissage pratique et concret (35 %) et l’intégration accrue d’exercices permettant de résoudre des problèmes réels et d’étudier des cas concrets (32 %).