Comment vous définissez-vous ?
Je suis peut-être avant tout un serial rêveur. J’aime à rêver en séries. Et quand j’ai un rêve, je regarde comment lui donner vie au travers d’une entreprise au sens large du terme : une association, une entreprise purement business, une entreprise de l’économie sociale et solidaire…
Que retenez-vous en priorité de ces plus de trente ans de parcours ?
J’ai appris combien faire et faire avec les autres était enrichissant intellectuellement, générateur d’extraordinaires émotions positives. Au travers de l’action, j’ai généré beaucoup d’amour, donc j’ai vite goûté à ce cercle vertueux. Depuis mon enfance, beaucoup de gens autour de moi pensaient pour moi, faisaient pour moi. C’était confortable mais ce n’était pas valorisant à mes yeux. J’ai donc préféré affronter les peurs, parce que j’ai aussi constaté que lorsque je faisais la peur au ventre et que je parvenais à faire les choses, la réussite avait un goût encore plus intense. J’ai fait le choix de créer, de me confronter à la vie, d’aller là où plein de gens me disaient que ce n’était pas possible.
Vous avez construit votre résilience très tôt pendant votre enfance, et aussi durant votre parcours d’études ?
Quand j’ai voulu rentrer dans une formation de programmeur, la licence qui m’a ensuite permis d’entrer en maîtrise d’informatique et d’IA, on ne voulait pas que j’y rentre à l’origine car c’était soi-disant impossible. Mais je me suis accroché et j’ai obtenu gain de cause, et j’ai finalement terminé deuxième de l’amphi. Ce que j’aime à dire, c’est que le mur de l’impossible recule devant l’être qui marche. Ou qui roule s’il est en fauteuil ! Donc il faut se battre, c’est parce qu’on a ce regard positif sur la vie qu’on va créer des phénomènes et des situations qui vont nous permettre de rencontrer le succès.
Quand vous avez participé à fonder les restaurants dans le noir, personne n’y croyait ?
En 2003 et 2004 il se passe deux choses : la création des restaurants dans le noir et le lancement de l’attraction « Les yeux grands fermés » au Futuroscope. Pour les restaurants, le principal associé de l’époque Edouard De Broglie a vu 13 banques et essuyé 13 refus. Tout a donc été fait en autofinancement. Pour l’attraction également, peu de gens y croyaient. Mais au final, c’est l’une des attractions préférées du parc et les restaurants ont donné lieu aux spas dans le noir et sont aujourd’hui présents dans une douzaine de pays.
L’insertion des personnes en situation de handicap est un fil rouge de votre engagement ?
On fait travailler des non-voyants et des malvoyants, des personnes autistes, sourdes, et ainsi de suite. Mais aussi des personnes valides. En fait je regarde la compétence, et même avant toute chose ce dont les personnes sont capables. Je n’ai pas chevillée au corps la volonté de créer de l’emploi pour des personnes handicapées, en revanche j’ai la volonté de n’écarter personne des emplois que je crée. Et si, ma foi, il y a des personnes handicapées, tant mieux. Cela a plein d’avantages de recruter des travailleurs en situation de handicap, notamment dans la détermination, le fait de devoir souvent regarder un peu hors cadre, penser autrement, être une boîte à solutions tant vous faites face à des choses et des obstacles dans votre vie.
On retient beaucoup de résilience de votre parcours, est-ce le maître mot ?
Il faut ne jamais céder. Ce que j’ai appris dans la vie, c’est qu’il n’y a jamais que deux alternatives, mais une multitude. Souvent, on n’en voit que deux, dont une qui nous arrange parce que c’est un non-choix. Et le handicap c’est souvent ça, un non-choix parce qu’on nous dit que ce n’est pas possible. Eh bien non, on a toujours le choix, et notamment le choix d’assumer ses choix. Il faut oser et il faut tout regarder pour prendre conscience de tous les choix possibles. Et quand on ose, on comprend souvent que ce n’était pas si compliqué que cela et que les barrières qu’on se mettait étaient dictées par la peur. Il faut faire, faire et faire. Vous échouez ? Refaites. N’ayez pas peur de la peur. Il faut vivre avec et ne reculer devant rien. Ce que j’aime à dire, c’est que le mur de l’impossible recule devant l’être qui marche. Ou qui roule s’il est en fauteuil !