Sur LinkedIn, il se passe beaucoup de choses en lien avec la recherche de travail. Quels conseils donnez-vous aux candidats ?
Christel de Foucault : Je conseille vraiment aux chercheurs d’emploi d’être sur LinkedIn. Tous les recruteurs y sont présents. En France, il y a quand même 33 millions de membres ce qui est significatif.
Par ailleurs, LinkedIn est le réseau de l’acceptation des différences. Aujourd’hui, un candidat a très peu de chance d’être détecté lorsqu’il envoie son CV parmi 500 autres.
En revanche, un profil LinkedIn peut devenir une vitrine « décorée » en fonction de sa personnalité et de son expertise. En prenant la parole sur des sujets, en postant des vidéos avec un ton propre, les candidats peuvent se faire repérer même avec un parcours atypique ou encore peu d’expérience.
Quels sont les écueils à éviter sur LinkedIn ?
Le secret pour développer un réseau, sur LinkedIn ou en direct, c’est d’accepter de donner avant de recevoir. Si on est sur le réseau uniquement pour vendre, pour demander un job ou des corrections sur le CV, ça ne marchera pas.
Ce qui fonctionne à l’inverse c’est de s’intéresser aux autres, de commenter les publications des autres membres, de mettre des personnes en relation. Il faut écouter son cœur et écouter celui des autres pour créer de vraies connexions.
Pour ceux qui n’ont pas de compte sur LinkedIn ou qui ont très peu d’abonnés, est-ce pertinent d’y être présent ? Comment construire un réseau ?
Pour un chercheur d’emploi qui a du temps et peu d’abonnés, ou pour un jeune qui démarre dans la vie active, c’est intéressant de créer son réseau sur LinkedIn petit à petit en gardant en tête qu’il deviendra utile à un moment donné.
Par ailleurs, LinkedIn est aussi un très bel outil de veille. Toutes les entreprises, tous les secteurs, tous les dirigeants et tous les recruteurs y sont représentés. LinkedIn donne accès à des informations qu’on n’aurait jamais eues dans la vraie vie. Stratégiquement, si on ne veut pas intervenir publiquement, la plateforme reste un outil majeur pour suivre le marché.
En plus de votre présence sur LinkedIn, vous vous occupez également de l’emploi des séniors. Quels conseils prodiguez-vous aux seniors ?
Le premier conseil, c’est de s’adapter. Les seniors doivent mettre leur ego de côté. Ils doivent se remettre en question, accepter que le monde du travail évolue, qu’ils ont occupé des postes à responsabilités dans de grandes entreprises et qu’ils peuvent aujourd’hui s’épanouir dans des structures plus petites.
Et ce n’est pas grave. Aujourd’hui, les parcours ne sont plus complètement linéaires. On peut s’éclater dans un job beaucoup moins payé. Et selon moi, tout est mieux que la non-activité.
Vous avez aussi comme particularité de voir la recherche d’emploi comme un grand jeu. Pourquoi ?
Je développe cette vision pour aider les chercheurs d’emploi à moins souffrir, notamment face au silence parfois assourdissant du recruteur, après l’envoi d’un CV ou même d’un entretien.
Considérer la recherche d’emploi comme un jeu signifie avoir les bonnes cartes en main, mettre en place une stratégie et voir le recruteur comme un allié et non comme un ennemi.
Quand on cherche un emploi, il faut s’associer à d’autres chercheurs d’emploi, explorer différentes pistes et vadrouiller sur LinkedIn. Pour les seniors, savoir jouer avec LinkedIn ouvre des opportunités. Et mon leitmotiv pour cette population, c’est de toujours oser pour ne jamais regretter.
Et la confiance en soi dans tout ça, quelle est sa place et son importance ?
La confiance en soi est très malmenée par la recherche d’emploi. Elle s’étiole très vite surtout si la personne reste isolée et autocentrée pendant cette période.
Or, on peut aussi très vite retrouver confiance grâce au regard des autres, en donnant de soi et de son temps. Un candidat qui décide d’accorder du temps à une association, de faire du bénévolat par exemple, en parallèle de sa recherche, verra sa confiance remonter parce que les autres vont le regarder différemment.