Emploi

Pourquoi les soft skills sont-elles indispensables face à l’IA ?

Véritable tsunami, l'intelligence artificielle, en particulier générative, bouleverse en profondeur les codes du monde du travail. Entre les emplois qui risquent de disparaître en raison de l'automatisation des tâches et les métiers qui évoluent rapidement, les salariés n'ont d'autre choix que de s'adapter.

C’est un fait : l’intelligence artificielle chamboule le monde du travail et suscite toujours autant d’inquiétudes. Pour les salariés, savoir s’adapter dans ce contexte devient essentiel. Si les compétences techniques restent aujourd’hui nécessaires pour exercer un métier, travailler ses soft skills garantit l’employabilité.

Le constat dressé dans le 5e baromètre des soft skills est clair : « Les compétences humaines sont désormais perçues, non plus comme un complément, mais comme une composante essentielle et indissociable des compétences techniques pour réussir les grands chantiers du changement », estime Guillaume Letzgus, directeur général de Lefebvre Dalloz Compétences, à l’origine de l’enquête.

Développer son savoir-être pour aiguiser son savoir-faire

D’autant que le travail lui-même change de nature. « Pendant longtemps, la valeur professionnelle reposait sur la maîtrise technique et l’exécution répétée de certaines tâches. Or, aujourd’hui, ces missions sont de plus en plus automatisées. Ce qui fait la différence, c’est la capacité à naviguer dans des situations complexes, à coopérer, à décider quand il n’existe pas de réponse évidente et à donner du sens aux actions collectives », confirme Jérémy Lamri, fondateur de Tomorrow Theory et chercheur français spécialiste des enjeux humains liés au futur du travail.

Une vision partagée par Laura Lange, docteure en philosophie pratique : « Dans un environnement professionnel plus instable, il y a de moins en moins d’experts et de plus en plus d’apprentis. Car, pour rester expert dans son domaine, il faudra apprendre en permanence. Il devient essentiel de miser sur le savoir-être pour aiguiser son savoir-faire. »

Pour Jérôme Hoarau, conférencier spécialiste des soft skills, l’autre enjeu qui se dégage face à l’IA générative est celui du déclin cognitif prématuré lié à ces outils : « En déléguant tout ou partie de ses missions à un outil virtuel, le cerveau risque de se désengager de certaines fonctions cognitives et de provoquer, à terme, un appauvrissement de celles-ci. Or, le cerveau est un muscle qu’il faut entretenir pour éviter la sédentarité cognitive. »

De véritables atouts

Miser sur les soft skills favorise l’employabilité. « Développer ses compétences humaines est une démarche individuelle qui bénéficie à chacun. Mais elle a aussi des conséquences positives pour l’entreprise, qui profite de ces qualités, ce qui renforce l’employabilité des salariés », affirme Jérôme Hoarau.

D’autant que, pour Ophélie Ayouaz, coach et consultante, les soft skills ont toujours été indispensables : « Ces compétences ne sont pas un débat. Quels que soient l’environnement et le métier, faire preuve d’intelligence situationnelle, de prise de hauteur et de mise en contexte en entreprise constitue un atout. »

Retrouvez le dossier complet sur l’IA et les soft skills dans le n°290 de Rebondir. Disponible en kiosque et sur notre boutique en ligne.

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