Comment expliquer les démissions volontaires ? C’est la question posée par la plateforme de recrutement Indeed, dans son étude « La démission et les raisons de quitter un emploi », réalisée avec CensusWide. Et pour cause, les départs volontaires de salariés ont atteint des seuils records, avec notamment un pic atteint lors du troisième trimestre 2023, selon la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail (Dares). Si, parmi les travailleurs interrogés par l’étude, seuls 23 % envisagent de démissionner prochainement, ils sont 3 sur 4 à se dire prêt à le faire si le besoin s’en fait ressentir. Surtout, les réponses révèlent un décalage de perception entre employeurs et salariés : tandis que les employeurs jugent que ces départs sont motivés par des raisons financières (52 %) et un déséquilibre vie pro / vie perso (35 %), les premiers concernés expriment une réalité plus nuancée.
Il apparaît ainsi que si l’aspect financier est souvent cité (20 %), la décision de la démission est également motivée par des critères de carrière et de développement personnel. Avec notamment la recherche de nouveaux défis et d’opportunités (18 %), le manque de reconnaissance (17 %), la recherche d’un poste mieux adapté à sa carrière (16 %) et le fait d’avoir occupé le même poste très longtemps (15 %). Des leviers qui peuvent, par exemple, mener à une reconversion professionnelle ou à un rebond de carrière, quel que soit l’âge ou l’expérience, notamment via le dispositif démission-reconversion.
Les modalités d’une démission
Contrairement aux idées reçues, seuls 14 % des travailleurs français disent avoir quitté leur emploi en raison du déséquilibre vie pro / vie perso. Aussi, une majorité (55 %) suppose que les opportunités d’emploi ailleurs sont plus attractives que leur poste actuel. S’agissant de la décision en elle-même, 50 % des salariés la prennent en moins de 3 mois, dont 31 % en moins d’un mois. Les jeunes de 16 à 24 ans étant les plus réactifs (53 % en moins d’un mois). Et les femmes se montrant moins enclines à agir sans attendre (39 %) que les hommes (53 %), subissant plus de freins et de charge mentale vis-à-vis du parcours de carrière.
Toutefois, 32 % mettent plus de six mois à franchir ce cap, en particulier les personnes ayant des engagements ou des enfants à charge. Une fois la décision tranchée, 64 % échangent d’abord avec leurs proches, soulignant l’importance de la démarche et son aspect parfois décisif pour le parcours professionnel ; et 45 % remettent leur lettre de démission en moins d’un mois. Autre enseignement : le délai de remise d’une lettre de démission varie selon les régions. La Normandie, l’Île-de-France et l’Occitanie sont ainsi les trois territoires où les salariés démissionnent « le plus vite », tandis que la Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine et l’Auvergne-Rhône-Alpes sont les régions où l’on met plus de temps à démissionner. « Cela pourrait indiquer un dynamisme de l’emploi qui varie selon les régions », note Indeed.
À la question « Comment les entreprises peuvent-elles prévenir les démissions ? », les salariés interrogés répondent d’une même voix et témoignent d’un large consensus : 96 % estiment que les employeurs devraient mieux s’adapter à leurs attentes et leurs besoins. 21 % affirmant qu’ils pourraient être persuadés de continuer dans leur poste actuel si c’était le cas.