Reconversion

Reconversion : comment cette ancienne vétérinaire est devenue céramiste

Elle est aujourd'hui céramiste dans le 13e arrondissement de Paris, où elle a créé son propre atelier. Mais, avant cela, Marie Azzopardi a exercé pendant près de huit ans comme vétérinaire en région parisienne. Retour sur le parcours atypique de cette artisane qui a su transformer plusieurs de ses passions en métiers.

Ses rêves d’enfant ? « On en rigole en famille, mais, aussi loin que je me souvienne, je voulais être marchande de fruits et de légumes, sourit Marie Azzopardi, 37 ans. Rien dans ma famille ne me prédestinait à faire de l’art ou de l’artisanat, même si j’ai toujours chanté, composé, dessiné, sans jamais avoir eu de formation initiale liée à l’artisanat. » Au collège, c’est une autre passion qui prend le dessus. « Comme je montais à cheval et que j’aimais les animaux, je m’imaginais aussi vétérinaire, mais cela restait un fantasme », se souvient-elle. Encouragée par son entourage à poursuivre des études supérieures, elle obtient un bac S et intègre une prépa BCPST. Elle réalise finalement son rêve en entrant à l’École vétérinaire de Toulouse.

Huit ans en clinique vétérinaire

Diplômée, Marie travaille pendant près de huit ans en clinique canine en région parisienne. Elle décrit cette période sans amertume : « Je ne vais pas cracher dans la soupe, pendant longtemps j’étais motivée et j’évoluais dans une équipe plutôt bienveillante. » Mais le rythme était intense. « Quand on est dans l’élan, on ne s’en rend pas forcément compte », confie-t-elle. Le surmenage finit par la rattraper. Maman d’une petite fille de deux ans et demi, elle cumule les responsabilités professionnelles et personnelles. C’est lors du confinement de 2020 que le déclic se produit. « J’étais chez ma mère, en Corrèze ; elle avait un four et de la terre. Je me suis extraite de mon rythme à travers la poterie », se remémore Marie. Cette activité manuelle lui permet de prendre du recul sur sa vie professionnelle. Elle réalise que la page est prête à être tournée.

Plutôt que de se lancer tête baissée, Marie balise soigneusement sa reconversion. « J’ai un tempérament à préparer les échéances et à avancer progressivement », analyse-t-elle. Elle consulte ses proches pour évaluer les éventuels freins et se renseigne sur les financements et formations disponibles pour adultes. Une formation à Paris 12 retient son attention. Après une réunion d’information, elle entame les démarches pour être accompagnée dans son projet. « Une conseillère en évolution professionnelle m’a dirigée en y croyant, alors que d’autres mettaient à l’épreuve ma détermination sans y croire », souligne Marie. Grâce à l’organisme Transition Pro Île-de-France, elle obtient un financement qui lui permet de maintenir son salaire pendant sa formation. « Cela a été une grande sécurité pour sauter le pas », admet-elle.

Le lancement de son atelier

Après sa formation, Marie souhaite trouver un atelier, mais les locaux sont rares. Elle découvre alors des formations à l’entrepreneuriat pour les artisans d’art. « Cela m’a insérée dans un collectif d’une vingtaine d’artisans, un réseau bienveillant dès le départ », raconte-t-elle. Fin 2022, elle trouve finalement son atelier dans le 13e arrondissement de Paris et crée sa micro-entreprise. « J’ai aménagé moi-même l’espace et j’ai enfin pu commencer à créer mes premières pièces », dit-elle avec enthousiasme. Lorsqu’elle extrait sa première pièce du four, l’émotion est palpable. « Il y a toujours des surprises à la cuisson, il ne faut pas avoir trop d’attentes », explique Marie. Mais tenir entre ses mains une création qui était jusque-là un simple dessin lui donne le sentiment que le projet se concrétise réellement.

Le métier de Marie se décline désormais en trois volets. « Le premier est la création de pièces en terre cuite et émaillée pour la décoration de la table et de la maison : tasses, plateaux, vases décorés de ses motifs », illustre-t-elle. Le deuxième concerne les commandes particulières : « Par exemple, des restaurateurs qui vont avoir besoin de vaisselle ou des particuliers qui vont vouloir des pièces spécifiques. » Le troisième pan ? L’animation d’ateliers : « Je donne des ateliers de poterie en pédopsychiatrie pour des jeunes de 7 à 17 ans à la Pitié Salpêtrière. Je me suis tout de suite sentie au bon endroit, car je voulais transmettre de la bienveillance. » Marie a, en effet, toujours eu à cœur de créer un environnement agréable pour les gens et les choses autour d’elle, dans la lignée de son métier de vétérinaire. « C’est aussi cette intention que je veux transmettre, même dans ces pièces figées », dit-elle. Aujourd’hui, elle se sent accomplie. Et, précise-t-elle, « pas une fois je n’ai regretté » : « J’arrive à un point où beaucoup de choses se sont réglées, sont bien rodées. Les pièces qui sortent du four sont de plus en plus proches de ce que j’imagine, de ce que je veux leur insuffler. Ma détermination pour aller de l’avant était assez immuable, je suis heureuse d’avoir sauté le pas. »

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