À partir de la rentrée de septembre, le dispositif de la retraite progressive sera accessible dès 60 ans. Le décret abaissant l’âge d’ouverture de ce droit – de 62 à 60 ans – ayant été publié au Journal officiel ce mercredi 23 juillet. Il s’appliquera à l’ensemble des régimes, y compris la fonction publique, les agriculteurs et les professions libérales. Une officialisation qui intervient le même jour que la publication d’une note de la Dares précisant qu’en 2024, la proportion de personnes de 60 à 64 ans occupant un poste de travail est passée au-dessus de 40 % en atteignant 42,4 %. Un niveau inégalé depuis qu’il est mesuré en 1975 mais qui reste en deçà de la moyenne de l’Union européenne (la France est 17e sur 27). Et qui s’explique mécaniquement par le prolongement des carrières professionnelles et le report de l’âge d’ouverture des droits à une pension, instaurés par la dernière réforme des retraites en date.
La publication du décret et la mise en vigueur de la mesure résultent d’une série d’accords signés fin 2024 entre la CFDT, la CFTC et le Medef, dans le cadre des négociations sur l’emploi des seniors. Auprès de l’Agence France-Presse (AFP), la ministre chargée du Travail et de l’Emploi Astrid Panosyan-Bouvet affirme que « la fin de carrière ne doit plus être angoissante et strictement binaire – temps plein ou rien – mais au contraire s’adapter aux envies et besoins de chacun tout en favorisant le maintien dans l’emploi le plus longtemps possible. »
Qu’est-ce que la retraite progressive ?
Concrètement, la retraite progressive donne la possibilité de diminuer petit à petit son temps de travail pour passer en temps partiel (de 40 à 80 % d’un temps complet). Et ce tout en percevant une partie de sa pension de retraite. Il s’agit donc de bénéficier d’une fraction de sa retraite tout en exerçant une activité professionnelle réduite et en continuant d’améliorer ses droits à la retraite en cotisant. Puis, lorsque l’activité professionnelle prend fin, la retraite définitive est recalculée en tenant compte de cette période durant laquelle le senior a continué à travailler en temps partiel.
Qui est concerné ?
Jusqu’à présent, la demande de retraite progressive pouvait se faire 2 ans avant l’âge minimum légal de départ, qui doit être relevé jusqu’à 64 ans. Elle peut aujourd’hui intervenir dès 60 ans. Pour en profiter, le salarié devra avoir cotisé pour sa retraite pendant au moins 150 trimestres, soit environ 37,5 années de travail. Selon le décret, tous les bénéficiaires du régime général et des régimes spéciaux pourront y avoir droit (fonction publique de l’État, salariés, non-salariés agricoles, professions libérales…).
Montant et difficulté d’accès
S’agissant du montant de la fraction de pension, perçu au titre de la retraite progressive et qui s’ajoute au revenu de l’activité partielle, tout dépend du moment de la demande. L’administration explique que « la fraction de pension de retraite versée est égale à la différence entre 100% et la quotité de travail à temps partiel (ou à temps réduit) ». Ainsi, un temps partiel à 60 % vous donnerait droit à 40 % du montant de votre retraite provisoire.
À noter toutefois que si la retraite progressive est un droit pour tous les salariés éligibles, le passage au temps partiel peut se heurter au refus de l’employeur, la démarche nécessitant son accord. Et, selon la CGT, les salariés des grands groupes bénéficiant déjà de dispositifs d’accompagnement pour la fin de carrière auront plus facilement accès à la retraite progressive, contrairement aux salariés des TPE / PME. Si la généralisation de la formule est aujourd’hui érigée en objectif, la retraite progressive est encore peu utilisée : seules 23 000 personnes en bénéficiaient en France en 2024.