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Déménager pour un nouveau job : les pièges à éviter

, par La Rédaction

 

Il peut être grisant de repartir de zéro, avec cette envie de trouver un emploi ailleurs. En faisant bouger toute sa famille… avec, parfois, le risque de se retrouver le bec dans l’eau. Voici les principaux pièges à éviter. Marina Al Rubaee

 

Il est déjà bon de savoir que les recruteurs préféreront toujours prendre quelqu’un du “cru”. Comment faire alors si vous habitez à plusieurs centaines de kilomètres de là ? “Dans son CV, il est important de ne pas mettre son adresse mais plutôt son numéro de téléphone portable. Un recruteur choisira toujours la solution de facilité. Quand la question se posera en entretien, il vaut mieux botter en touche et dire qu’on est opérationnel immédiatement”, conseille Christel de Foucault, formatrice sur les techniques de recherche d’emploi. En annonçant que vous n’êtes pas de la région, le recruteur pensera que vous n’êtes pas disponible et il imaginera toutes les difficultés liées à un déménagement… Il aura aussi en tête les conséquences pour vous en cas d’erreur de casting. Il a surtout besoin d’être rassuré : “Il est préférable de se placer comme un offreur de services et voir le recruteur comme un client. Comme tout client, celui-ci cherche des solutions et non pas des problèmes. Il veut surtout voir ce que vous pouvez lui apporter.”

Autre écueil à éviter : “Se la jouer en solo”, sans inclure sa famille dans son projet, au risque de s’en mordre les doigts. “Il est arrivé qu’un candidat soit retenu pour un poste. Il n’y a malheureusement pas eu de suite parce qu’il n’en avait pas parlé à ses proches. Sa conjointe et ses enfants refusaient de le suivre”, se souvient David Janvier, du cabinet de recrutement Hays à Bordeaux. Selon lui, mieux vaut faire de ce projet quelque chose de familial, voire un nouveau projet de vie dépassant le seul cadre de l’emploi. “Il faut s’assurer que votre projet de mobilité remporte l’adhésion de toute la famille. Se réimplanter ailleurs demandera des sacrifices à tout le monde. Il ne faut pas minimiser l’impact de ce type de changement”, poursuit le professionnel. Qu’en pensent vos enfants ? Et votre conjoint qui est déjà en poste ? Existe-t-il des opportunités professionnelles pour elle ou lui dans cette autre région ? Autant de questions qu’il est utile d’examiner ensemble.

“Il faut s’assurer que votre projet de mobilité remporte l’adhésion de toute la famille”

 

Le “reste à vivre”

Autre piège qui guette les candidats au départ : déménager sur un coup de tête sans s’être renseigné au préalable sur le coût de la vie, l’environnement social, économique et culturel, la mentalité de la nouvelle région… “On risque vite de déchanter si on ne fait pas face à la réalité et si on n’a pas assuré ses arrières”, avertit Anne-Isabelle Richardson, chef de projets de transformation RH du cabinet de recrutement BPI group Île-de-France. Il faudra parfois accepter une baisse de salaire. C’est certain, le coût de la vie n’est pas le même d’une région à l’autre. Il s’agit là d’une information essentielle à ne pas négliger et à laquelle il faut se préparer psychologiquement. Dans ce changement, les coûts du déménagement, des transports, du logement, des frais de scolarisation… sont à prendre en compte. Autant de dépenses auxquelles il faudra faire face.

“Ce qu’il restera pour vivre après toutes ces dépenses – le ‘reste à vivre’ – est à prendre en compte, surtout chez les ouvriers et les employés”, analyse Anne-Isabelle Richardson. Car lorsque vous changez de région, vous laissez derrière vous un réseau d’entraides familiale et amicale qui pouvait, par exemple, garder vos enfants, vous apporter ponctuellement un coup de main… Loin de ce réseau, vous devrez faire face à des dépenses supplémentaires qui, si elles ne sont pas anticipées, risquent de grever votre budget. “Il faudra payer, le temps de surmonter la perte de ce réseau social et d’en construire un autre”, souligne la professionnelle.

 

Double vie

Autre piège : déménager toute sa famille avant même que la période d’essai ne débouche sur un emploi durable. “Dans le cas où cette période ne serait pas concluante, cela pourrait conduire à des situations dramatiques. Je prônerais plutôt la prudence !”, prévient Christel de Foucault. Elle préconise de “mener une double de vie”– qui aura forcément un coût -, le temps d’assurer cette transition en douceur. Il faudra trouver entre-temps un moyen de se loger quelque part (chambre d’hôte, amis, relations…). Le temps de voir si la région convient, s’il est possible de se constituer un réseau, de faire venir sa famille le temps d’un week-end. “Il faudra encore prévoir un budget pour assurer tous ces allers-retours, alerte Fabrice Abraham, le directeur général du réseau immobilier Guy Hoquet. Je conseille aussi de ne pas vendre ses biens sans être certain d’être engagé en CDI.” Une prudence nécessaire qui ne doit cependant pas vous empêcher d’entamer les démarches. Mais de préférence, un pas après l’autre.

 

Témoignage

Jean, 48 ans, est marié, avec deux enfants en bas âge. Il habite en Bourgogne. Licencié en 2017, cet ancien opérateur dans l’industrie textile cherchait désespérément du travail dans son secteur, considéré en déclin. Sans résultat… Après nombre de recherches infructueuses, il décide, au bout d’un an, de trouver du travail dans une autre région. Il en parle à son épouse, qui travaille, elle, dans la vente. “Elle a accepté de me suivre, persuadée de trouver un poste où que nous allions”, raconte-t-il. Rassuré et se sentant soutenu, il répond à plusieurs annonces, dont une trouvée sur le Bon Coin, pour un poste situé en Rhône-Alpes. Il est convoqué peu de temps après. “L’entretien s’est incroyablement bien passé. Mais lorsque j’ai évoqué avec le recruteur les aides possibles pour faire venir ma famille, celui-ci a changé de comportement.” Deux semaines après, étant sans nouvelles, Jean appelle l’entreprise. Il obtient sa réponse : “Bien que séduit par mon expérience, le recruteur a eu peur ce que ce déménagement lui pose problème pour l’organisation du travail en équipe. Du coup, il a embauché quelqu’un de la région”, dit-il, échaudé. Depuis, Jean a retrouvé du travail, mais cette fois-ci en intérim… dans sa propre région.

La Rédaction


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