1/ Regonflez votre confiance en vous
Le fait d’être reçu en entretien par plusieurs employeurs est l’occasion de gagner en confiance en soi. “Si vous suivez plusieurs pistes, c’est que vous avez du succès. Vous êtes dans une position de force, par rapport aux recruteurs, mais aussi par rapport à vous-même”, observe Christel de Foucault, auteure des « 50 erreurs à éviter pour trouver un job » (Eyrolles, 2018).
À vous, donc, de prendre les choses d’une façon positive, et de capitaliser avec enthousiasme sur l’opportunité qui vous est offerte. « Quand on est bankable car on a passé les premiers niveaux d’entretiens, la confiance en soi est à son maximum. Plus on en engrange, mieux c’est, car c’est le signe que mes outils sont bons, et que mon pitch n’est pas trop mauvais », constate de son côté Ana Fernandez, coach en transition professionnelle et professeure associée en communication et insertion professionnelle à Sorbonne Université.
2/ Gardez la tête froide
Mais attention à ne pas vous précipiter. “Tant que vous n’avez rien démarré dans l’entreprise qui vous a dit oui, ne dites pas non aux autres. Vous n’êtes jamais à l’abri d’un revirement. Le risque serait de devoir repartir à zéro”, prévient Christel de Foucault.
Il est ainsi conseillé de poursuivre vos autres processus de recrutement, même si vous vous trouvez en période d’essai dans l’une des entreprises visées. Sans trop de scrupules : “Les recruteurs n’en ont pas toujours non plus. Et il serait dommage de passer à côté d’une offre qui ne vous correspondrait plus”.
Posez-vous aussi la question de ce que vous recherchez : les postes que l’on vous proposent répondent-ils suffisamment à vos aspirations, ou s’agit-il de solutions par défaut ? « Le risque serait d’accepter un travail qui ne vous convient pas et de vous y enfermer », souligne Christel de Foucault. Attention, donc, à bien cibler les offres que vous souhaiteriez vraiment honorer.
Pour Ana Fernandez, « il faut avant tout garder la tête froide en imaginant que chaque nouvel entretien est le premier. Pas question d’arriver comme un touriste ! » Attention aussi à rester lucide quant à la réalité du poste. « Avant l’étape du deuxième entretien, il faut évaluer la qualité de chaque piste : quels sont les avantages de chacune (secteur d’activité, localisation géographique, positionnement du poste, salaire), et pour laquelle je vais me vendre davantage », conseille l’experte en transition professionnelle. L’idée est ainsi de ne jamais perdre de vue les enjeux de chaque poste brigué.
Ana Fernandez recommande de réaliser un tableau, en deux colonnes : d’un côté les avantages du poste, de l’autre les inconvénients : « Il faut se projeter. Analyser le potentiel d’évolution a posteriori, vers quoi conduit le poste dans 6 mois ou un an : est-ce plus intéressant de postuler pour un poste en CDD dans un grand groupe mais avec des missions enrichissantes, ou pour un CDI dans une start-up, avec des missions moins intéressantes, par exemple ».
3/ Organisez-vous
Afin de prendre la bonne décision face à plusieurs offres, renseignez-vous de manière approfondie sur les différents employeurs. Comparez les missions, la rémunération, les avantages sociaux.
Organisez-vous aussi pour ne pas vous emmêler les pinceaux, et éviter toute gaffe fâcheuse. “Des candidats qui confondent des postes ou des interlocuteurs, ça existe ! Il peut aussi être risqué de réaliser plusieurs entretiens dans la même journée, au risque de n’en réussir aucun”, indique Christel de Foucault. Mieux vaut, donc, bien vous organiser : “créez des dossiers différents par employeur, triez les informations. Listez et tenez à jour vos rendez-vous”.
Pour Ana Fernandez, la solution est de tenir un véritable tableau de bord : « Dans un tableur, écrivez à quelle date vous passerez chaque entretien, qui seront vos interlocuteurs, quels sont les postes, les missions, la rémunération, les lieux, le temps en terme de trajet, les deadlines, et même les personnes que vous connaissez peut-être dans chaque entreprise ».
4/ Soyez transparent
Si l’on vous demande si vous avez passé d’autres entretiens, ne mentez pas. “Il faut répondre oui : quand un recruteur se trouve face à quelqu’un qui lui explique être sur d’autres process de recrutement, il le perçoit comme un candidat de valeur. il pensera qu’il a tout intérêt à le bichonner”, estime Christel de Foucault. Pas besoin de donner trop de détails : “Par contre, vous devrez le rassurer, lui faire comprendre que son entreprise reste votre priorité. Il s’agit d’un moyen de le flatter, tout en ajoutant un peu de pression.”
L’idée est ainsi de rester évasif. « Dites que vous avez passé des entretiens pour un poste proche, et que vous attendez des réponses, tout simplement. L’employeur appréciera que vous ne donniez pas trop de détails, car ils considérera que l’entretien que vous menez avec lui ne sera pas dévoilé chez un concurrent », explique Ana Fernandez.
Jouer la carte de la transparence peut présenter plusieurs avantages. Le fait que votre candidature séduise d’autres entreprises peut confirmer le recruteur dans son choix. En outre, le fait de mettre plusieurs entreprises en concurrence rééquilibre aussi le rapport de force, ce qui vous permet de peser dans les négociations. « Le recruteur en face sait qu’il ne devra pas trainer trop avant de vous dire oui ou non », note l’experte en transition professionnelle.
5/ Négociez
Vous pourrez tout particulièrement exploiter votre position de force pour négocier votre salaire : “N’hésitez-pas à avancer que la rémunération d’en face est plus intéressante. Vous avez le choix du Roi, profitez-en !”, explique Christel de Foucault.
Si les processus de recrutement ne sont pas au même stade, vous pourrez ainsi vous en servir pour les accélérer. “Si vous attendez la réponse d’une entreprise A et que vous rencontrez une entreprise B, demandez-lui dans quels délais elle vous répondra. Si le recruteur est convaincu par votre candidature, il fera tout pour ne pas passer à côté”, conseille l’experte en recherche d’emploi.
« Ne négociez que si vous avez reçu par e-mail une vraie proposition, une promesse d’embauche. La négociation doit être vérifiable, et ce que vous dites au recruteur quant à ce que vous propose une autre entreprise doit pouvoir lui être montré (en cachant le nom de cette entreprise, bien sûr) », conclut Ana Fernandez.