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Auto-entreprise : préparer son activité pour sécuriser son lancement

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Se lancer en auto-entreprise ne s’improvise pas. Entre réglementation, protection sociale et préparation commerciale, mieux vaut maîtriser les fondamentaux pour sécuriser son projet dès le départ. Les conseils de Monique Sentey, déléguée générale de l’Union des auto-entrepreneurs, permettent d’éviter les erreurs fréquentes.

Quel est le profil des auto-entrepreneurs ? S’agit-il de personnes en reconversion ? De créateurs d’entreprise ? De personnes à la recherche d’un complément d’activité ?

Monique Sentey (MS) – Les auto-entrepreneurs sont surtout des personnes qui souhaitent exercer leur travail, leurs compétences, leurs aptitudes d’une manière libre, flexible et indépendante. Au tout début du régime, de nombreuses personnes ouvraient une auto-entreprise en complément d’activité. Mais aujourd’hui, l’objectif est vraiment de créer son activité.

En revanche, il n’y a pas de profil type. L’auto-entreprise est pour tout le monde. Il y a des jeunes qui se lancent avant même d’avoir une expérience en tant que salariés, tandis que des seniors s’y intéressent aussi. L’emploi étant de moins en moins ouvert à ces profils en France, ces derniers vont mettre leur expertise et leurs expériences au service des particuliers comme des entreprises. Enfin, on retrouve des personnes en reconversion professionnelle, en changement de trajectoire, des personnes qui sont aidantes familiales et qui doivent avoir un mode d’exercice du travail plus flexible… C’est très ouvert.

L’un des premiers conseils que vous donnez, c’est de ne pas immatriculer son entreprise trop vite et avoir un numéro de Siret. Pourquoi ?

MS – Depuis avril dernier, la convention d’assurance chômage a changé. A partir du moment où une entreprise a un numéro de Siret, les entrepreneurs qui sont indemnisés par l’ARE perdent 40 % de leurs droits. Cela signifie qu’ils ne touchent plus que 60 % de leurs droits au chômage.

Dans ce contexte, il faut avoir préparé son activité en amont pour faire rentrer ces 40 % de revenus en moins via le chiffre d’affaires de l’auto-entreprise. Avant de se lancer, les auto-entrepreneurs doivent faire une projection des ventes et avoir la capacité de faire des premiers devis.

Dans votre guide « Auto-entrepreneur, lancez-vous », vous filez la métaphore de la voiture. Si on parle de ceinture ou d’airbag, à quoi fait-on référence ?

MS – Ce serait l’assurance. Avant de se lancer, il faut être assuré, avoir une protection sociale. Quand on est salarié, l’employeur prend en charge la complémentaire santé, la mutuelle et la prévoyance. Quand on est seul à son compte, il faut incorporer ces charges dans ses prix. C’est du bon sens en réalité, mais c’est important de le rappeler et de l’expliquer.

Et si on évoque la conduite accompagnée, de quoi parle-t-on ?

MS – La conduite accompagnée fait référence, elle, à l’accompagnement proposé par l’Union des Auto-Entrepreneurs (UAE). Notre objectif est clair : amener les auto-entrepreneurs à tout faire par eux-mêmes. Nous n’allons pas conduire à leur place, mais les aider dans toutes leurs démarches.

On propose ainsi un dispositif sur douze mois, pour 100 euros mensuels. Lors de la première période, les entrepreneurs se forment aux règles de l’entrepreneuriat tout en étant accompagnés par un référent UAE. Dans la deuxième phase, ils structurent leur offre, font des études de marché, réfléchissent à leur modèle économique et à leur technique de vente afin d’avoir un positionnement clair. Enfin, les quatre derniers mois sont dédiés à des sessions de coaching pour lever les freins psychologiques, apprendre à vendre, pitcher, selon les besoins de chacun.

Qu’en est-il du fameux code de la route ?

MS – Le code de la route fait référence évidemment à la réglementation, aux cotisations… C’est important de savoir qu’en tant qu’auto-entrepreneur, vous êtes couvert pour la maladie, la maternité, la retraite. Mais attention, si vous ne faites pas de chiffres d’affaires, il n’y a pas grand-chose au bout.

Dès qu’on connaît les règles, on comprend qu’il faut faire du chiffre d’affaires et donc trouver des clients pour asseoir sa clientèle. Et ce, pour bénéficier de la couverture sociale et de la protection.  

Enfin, élément indispensable pour un véhicule ; son moteur. Qu’est-ce qu’un bon moteur pour l’auto-entreprise ?

MS – C’est la motivation et la capacité de travail. En étant porté par son projet, sécurisé parce qu’on a construit une offre solide, on peut s’épanouir. La confiance en soi en entrepreneuriat vient de la confiance dans son offre. Il faut d’abord créer son offre avant de travailler la confiance en soi.

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