Les entreprises qui recrutent numerique

Le numérique : Un secteur qui ne cessera jamais de recruter

, par Fabien Soyez

Le numérique continue de recruter. Il souffre d’un sérieux manque de candidats : aussi ce secteur est-il ouvert à tous les types de profils, pour une grande variété de métiers. Encore faut-il bien les connaître, ainsi que les formations qui y sont liées.

Avant de postuler pour un emploi dans le numérique, il faut comprendre comment est composé le secteur. Car il ne se résume pas aux “pure players” qui vendent des services ou des produits ; des entreprises de services du numérique (ESN) aux éditeurs de logiciels, en passant par les sociétés de conseil. “À côté de l’IT pur et dur, se développe un sous-secteur : le marketing et la communication digitale, qui concerne de nombreuses entreprises, quelle que soit leur activité”, observe Flavien Chantrel, responsable éditorial chez HelloWork. Certaines dépendent totalement du numérique, comme les banques en ligne et les sites e-marchands, mais d’autres ont simplement “digitalisé” certains services ou process. “Énormément d’outils numériques sont incontournables dans la plupart des organisations. Et c’est encore plus vrai depuis que la crise du Covid a accéléré leur digitalisation”, ajoute-t-il.

Ainsi, si les “entreprises de la tech”, comme Cheops Technology ou Back Market recrutent, ainsi que les ESN, c’est aussi le cas des “Web agency” (communication sur le web). Et en parallèle de ces sociétés qui fournissent des intervenants externes aux autres entreprises, on trouve de nombreuses sociétés qui recrutent directement en interne. “Par exemple, une enseigne de supermarché aura besoin d’un développeur pour son site web, d’un architecte réseau pour stocker ses données dans le cloud, ou d’un spécialiste en marketing digital”, indique Mathieu Dibar, membre de l’équipe numérique de l’agence Pôle emploi de Bordeaux.

Selon l’enquête “Besoins en main d’œuvre” (BMO) de Pôle emploi, outre l’information et de la communication, avec 54 280 projets de recrutement, on trouve parmi les secteurs qui embaucheront le plus dans le numérique en 2021 : le commerce de détail / de gros (3 070), les banques et les assurances (1 990), l’administration publique (1 220), la construction (510), ainsi que la santé (430). À noter que les entreprises qui évoluent dans ces domaines ont aussi des difficultés à recruter parmi les métiers du numérique.

Le numérique est en constante évolution, et génère constamment de nouveaux besoins. “Entre 500 000 et 1 million de salariés travaillent dans ce domaine, et c’est un chiffre qui devrait continuer de grimper. Parce que les entreprises ont toujours plus besoin de nouvelles compétences numériques. Parce qu’elles se digitalisent, ainsi que les usages de leurs clients. Mais les métiers évoluent très vite, les écoles n’arrivent pas à suivre et les professionnels expérimentés ne sont pas nombreux. Si bien qu’il y a beaucoup de places pour de nouveaux entrants”, résume Flavien Chantrel.

 

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Des métiers techniques ou transverses très convoités

Le métiers du numérique qui recrutent le plus sont divisés en deux catégories : les fonctions techniques, et celles liées au marketing, à la communication et à la gestion de projets. Les premiers sont en forte croissance : “nous observons une hausse de 63 % des offres au premier trimestre 2021, par rapport à 2020”, indique Flavien Chantrel. Il s’agit d’abord des développeurs, capables de programmer dans un ou plusieurs langages, et de concevoir des applications ou des sites web. “C’est une activité qui continuera de créer des postes, dans toutes les entreprises qui auront besoin d’injecter de l’applicatif dans leurs services”, explique Mathieu Dibar.

Autres métiers porteurs : celui de “développeur opérationnel”, à la croisée de la programmation et de l’administration système, et celui de technicien support (1). Ce dernier, chargé de s’assurer du bon fonctionnement des appareils informatiques des salariés, devrait être de plus en plus recherché, à mesure que se développent télétravail et travail hybride. “C’est notamment le cas en ce qui concerne la cybersécurité : les collaborateurs ont besoin d’être accompagnés dans leurs pratiques, afin d’éviter des pertes de données”, remarque Flavien Chantrel.

Ces prochaines années, la majorité des entreprises, quel que soit leur secteur, devraient ainsi avoir besoin de renforcer leurs systèmes de sécurité sur site, mais aussi à l’extérieur. “Il y aura dans les fonctions de techniciens support une part de plus en plus importante consacrée à la protection des cyber-attaques”, confirme Aurélien Gilles, manager au “pôle digital” du cabinet Expectra.  Autres professions “techniques” porteuses selon lui, mais nécessitant des compétences plus poussées : celles de chefs de projets cloud et de “chief data scientists”, qui pilotent des équipes d’architectes cloud (chargés de développer des CRM et des intranet), et de data scientists (responsables de l’analyse des données).

Restent les métiers, souvent récents ou nouveaux, liés au marketing, au e-commerce, à la communication et à la gestion de projets. Les plus convoités devraient être les “web marketeurs”, les chefs de projets marketing, les community managers, les traffic managers et les responsables SEO, chargés d’augmenter le trafic et/ou les ventes du site web de leur entreprise, ainsi que sa visibilité en ligne. À noter que les régions qui recruteront le plus de métiers liés au numérique en 2021 devraient être, selon les statistiques de Pôle emploi et de Hellowork, l’Île-de-France (Paris), l’Auvergne-Rhône-Alpes (Lyon, Grenoble) et les Pays-de-la-Loire (Nantes).

 

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Des postes pour tous types de profils

Pas besoin d’être ingénieur pour trouver un emploi dans le numérique : les profils recherchés sont très variés. Certains sont accessibles à un niveau bac +2/3, voire Bac +1, comme celui de testeur logiciel ou de community manager. Du pain béni pour ceux qui songent à se reconvertir. “Ils ne nécessitent qu’une formation courte, au sein de centres de formations ou d’écoles dédiées au digital de plus en plus nombreuses”, indique Flavien Chantrel. “Si on est encore étudiant et au stade de la formation initiale, il existe de nombreux cursus spécialisés. Si l’on souhaite se reconvertir, de nombreuses formations permettront de se former en 1 ou 2 ans, voire en quelques mois”, ajoute-t-il. Et de citer la Web@cadémie et la Grande École du Numérique, dédiés aux jeunes sans formation ni emploi. Ainsi que l’École 42 et Simplon, qui proposent des formations gratuites.

D’autres métiers nécessitent en revanche un certain bagage, et pour y accéder, il faut se former en passant par des écoles supérieures. Ainsi, les chefs de projet cloud, les data scientist, ou encore les experts en cybersécurité sont souvent recrutés au niveau Bac +4/5. Mais quel que soit le métier visé, la majorité sont offerts en CDI. “Tous ces métiers sont pénuriques : il y a peu de candidats, beaucoup d’offres, donc d’innombrables opportunités”, conclut Flavien Chantrel.

 

(1) Les techniciens support devraient aussi être très recherchés pour l’accompagnement des “utilisateurs” eux-mêmes, c’est-à-dire les clients des entreprises. Selon l’enquête BMO 2021, ils représentent 15 % des projets de recrutement des entreprises pour 2021. Soit la même proportion que les développeurs.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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