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Jobs à l’étranger : un plus sur le CV ?

, par Nicolas Monier

Que vaut une expérience à l’étranger ? Une ligne indispensable sur son curriculum vitae ? Difficile de répondre à cette question tant les cas individuels sont différents. Que l’on soit jeune diplômé, en reconversion ou à la recherche d’un emploi. Les avis des experts divergent.

 
Côté pile, une expérience à l’étranger peut enjoliver un CV. Emmanuelle Jaouen, talent acquisition officer chez Oney, une filiale de chez Auchan, est enthousiaste à ce sujet : “Aux ressources humaines, nous sommes sensibles à ces expériences qui font la différence et qui montrent une envie de se développer tant professionnellement que personnellement. D’ailleurs à ce titre, j’invite les personnes qui ont fait des tours du monde, des VIE [Volontariat international en entreprises] ou ont une expérience de jeune fille au pair à bien l’indiquer sur leur CV.”

Même constat pour Karl Rigal, responsable édition pour le site de recrutement Monster pour qui l’expérience à l’étranger reste dans l’absolu une mention positive sur un CV “et ce indépendamment du secteur ou du profil du candidat. C’est un message envoyé au recruteur. Au-delà de la dimension linguistique, cela illustre de nombreuses soft skills : une certaine ouverture d’esprit, une capacité à prendre des risques, à sortir de sa zone de confort, à s’adapter, etc.”

 

Après une période de chômage

Certains experts voient dans ces expériences à l’étranger une vraie opportunité, y compris par exemple lorsque l’on est demandeur d’emploi. “Les expériences professionnelles à l’étranger sont très valorisées et représentent un excellent levier pour rebondir après une période de chômage. Le programme Erasmus+ permet notamment aux demandeurs d’emploi d’obtenir le statut de stagiaire de la formation professionnelle et de partir quelques mois en stage en Europe dans une entreprise en lien avec leur formation. Selon les régions, d’autres programmes comme Eurodyssée sont également disponibles et proposent le même type d’expérience pour les demandeurs d’emploi”, explique Sophie Girardeau, conseillère Europe international au CIDJ (Centre d’information et de documentation jeunesse).

Côté face, les mêmes intervenants se veulent néanmoins prudents sur le bénéfice que pourrait en tirer la personne à son retour en France. La tentation de voir son CV devenir plus attractif n’est pas automatique. D’après Karl Rigal, le bénéfice et le retour à l’emploi valent surtout pour un jeune candidat qui ne serait pas parti longtemps. Dans les autres cas, le recruteur se posera beaucoup de questions : “Le candidat est-il en capacité de se réadapter ou souhaitera-t-il repartir dans trois mois ? Si ce dernier n’a pas d’expérience professionnelle en France, connaît-il les spécificités du marché français, inhérentes à sa fonction ou à son secteur ? Si l’absence est due à un rapprochement conjugal sans activité professionnelle sur place, il y aura un vide dans le CV à expliquer…”

 

Attention à ne pas s’emballer

On le voit, les employeurs sont d’un naturel suspicieux et s’interrogent légitimement. On le constate, le bénéfice sur le CV n’apparaît a priori pas comme une évidence. “Je pense que ces expériences à l’étranger sont profitables et valorisantes. Cependant je ne peux pas vous dire que cela est plus profitable que des expériences dans la vie associative, l’engagement politique, etc.”, note Julien Calmand, ingénieur d’études au Cereq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications). Avant d’ajouter : “Il faut mettre cela en relation avec les postes visés par les jeunes notamment si les emplois ont une dimension internationale. Vous comprenez aussi que c’est souvent dans les emplois les plus élevés, ceux des cadres par exemple, que vous pouvez valoriser ce type d’expérience.”

Reste que pour Emmanuelle Jaouen, le peu de diplômes ne doit pas effrayer le candidat face à la page blanche du CV : “Dans ces cas-là, je conseille d’indiquer les voyages réalisés à titre personnel ou toute autre activité (les petits boulots, le bénévolat, une mission humanitaire, un tour d’Europe à vélo) sur leur CV. Même si ces activités s’inscrivent en dehors de la sphère professionnelle, elles permettent néanmoins de montrer une ouverture sur le monde.”

 
 

Nicolas Monier


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