Reconversion & Formation formation professionnelle sondage demos courrier cadres

Des formations efficaces pour 8 salariés sur 10

, par Aline Gérard

Faciles d’accès et ayant un réel impact sur leurs pratiques terrain : c’est ainsi que les salariés perçoivent les formations professionnelles. C’est en tout cas ce que révèle notre sondage* réalisé en partenariat avec Demos, institut spécialiste de la formation professionnelle.

L’année 2015 aura été celle du grand changement pour le monde de la formation professionnelle, avec l’entrée en vigueur de la réforme et en particulier de l’emblématique Compte personnel de formation, vecteur d’espoirs…. et de pas mal de questions.

 

Près d’1 salarié sur 2 formé en 2015

Dans un contexte attentiste propre à toutes les périodes de grands changements, 47 % des salariés que nous avons interrogés lors de notre sondage* ont pourtant bénéficié d’au moins une formation cette année. Pour 23 % la dernière session remonte à 2014, pour 18 % elle a eu lieu entre 2011 et 2013 et pour 9 % avant 2011. 3 % n’ont encore jamais été formés.
Par ailleurs, plus de 6 salariés sur 10 assurent que l’accès à la formation dans leur entreprise est plutôt facile.
De bons résultats qui s’expliquent en grande partie par notre panel, puisque 53 % des personnes sondées travaillent dans une entreprise de plus de 250 salariés (dont 36 % de plus de 750), logiquement plus structurée en la matière. Ce que confirme Denis Reymond, directeur du pôle Solutions de Demos : “Dans les grandes entreprises, comme dans les PME appartenant à de grands groupes, la formation est ancrée dans la vie de la structure et du salarié. C’est un peu plus difficile dans les petites entreprises, où ce n’est pas forcément la préoccupation de la direction. Mais le fait d’avoir beaucoup parlé de ce sujet à l’occasion de la réforme a pu faire bouger les lignes. Quand les salariés se mobilisent sur la base des informations accessibles dans les médias, il y a quand même des choses qui évoluent.”

 

Des salariés proactifs

Autre constat, comme en 2014 lors de notre précédente enquête, la majorité des formations ont été demandées par les salariés eux-mêmes, même si le chiffre est en baisse (54 % contre 60 %). Pour 21 %, elles leur ont été proposées et pour 15 % imposées (12 % en 2014).
Cet aspect proactif, correspond selon Denis Reymond à une tendance de fond : “La majorité des plans de formation sont issus des entretiens annuels. Ils sont en fait des compilations de besoins individuels.”
Pas étonnant donc que les Français tirent un bon bilan des formations suivies. Dans une période où l’on a plutôt tendance à critiquer l’utilisation des budgets alloués en la matière, 82 % indiquent qu’elles ont eu un impact positif sur leurs pratiques professionnelles (54 % plutôt positif et 28 % tout à fait positif). En revanche, le constat est plus sévère en ce qui concerne l’après : 56 % des salariés soulignent qu’il n’y a eu aucun suivi à leur retour, tandis que 31 % ont simplement eu un entretien formel avec leur manager. Le plan d’action suivi n’a concerné que 8 % des personnes.
“La formation est souvent pensée comme la solution en elle-même, confirme Denis Reymond : ‘Tu as des soucis pour prendre la parole en réunion, je t’envoie en formation et le problème est réglé’. Or, on sait bien que ce n’est pas comme ça que cela fonctionne. On a besoin de faire comprendre que la formation, c’est une chose, mais que d’échanger avec des pairs est tout aussi important et que le fait d’avoir des actions permettant la mise en œuvre l’est aussi. La formation n’est qu’un des trois piliers de l’apprentissage.”
Pour les salariés, elle sert avant tout à leur permettre de se maintenir dans leur métier (56 %). Celles qu’ils suivent habituellement touchent donc généralement à des compétences techniques ou orientées sur leur profession (72 %). Viennent ensuite les compétences transversales (management de projet ou d’équipe, par exemple, 39 %). À noter que 55 % des Français projettent de se lancer dans une formation diplômante, qualifiante ou certifiante dans les 5 ans à venir.
Quant à la méthode, si 77 % se disent prêts à se former en e-learning, ils ne se projettent pourtant pas dans cette solution, puisque 43 % misent sur le présentiel pour leur prochaine formation (38 % sur un mix entre le présentiel et la formation à distance). Un décalage que le directeur du pôle Solutions de Demos explique par l’effort qu’implique le e-learning : “Apprendre par ce biais est pour la personne plus coûteux en énergie et en efforts que de bloquer une journée pour être embarqué dans un dispositif qui facilite son apprentissage.”

 

Coup de frein ?

En 2015, contexte d’incertitude oblige, 49 % ont constaté un ralentissement dans la politique formation de leur entreprise. En outre, alors que la loi prévoit désormais la mise en place d’un entretien professionnel obligatoire tous les deux ans, 53 % des salariés n’en ont pas été informés.
Enfin, le CPF, l’étendard de la réforme, semble ne pas être passé inaperçu puisque près de 9 personnes sur 10 disent savoir de quoi il s’agit (45 % ont été informées par leur service RH). Toutefois, seules 52 % ont ouvert leur compte et 28 % déjà fait (ou souhaite faire en 2015) une demande.
“En entreprise, tout le monde a entendu parler du CPF ! En revanche, ceux qui peuvent vous dire qu’ils ont tout compris à la mécanique ne sont pas nombreux. Ce n’est donc pas étonnant que lorsqu’on demande aux salariés s’ils vont engager une formation dans ce cadre, ils répondent non.” D’ailleurs, 56 % estiment que leur entreprise n’est pas réellement proactive en la matière ! À bon entendeur !

 

infographie

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Aline Gérard
Rédactrice en chef de Rebondir


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