Formation

Evolution de carrière : 5 étapes pour choisir la bonne formation

Changer de poste, évoluer dans son métier ou préparer une reconversion passe souvent par la formation professionnelle. Mais avant de se lancer, mieux vaut clarifier son projet, identifier ses compétences et comparer les organismes.

Pour les demandeurs d’emploi comme pour les personnes en poste, l’enjeu de la formation reste le même: acquérir et faire reconnaître des compétences valorisables sur le marché de l’emploi, souvent nécessaires pour passer un cap dans sa carrière ou relever un nouveau défi. Pôle emploi propose ainsi des dispositifs tournés vers les besoins de recrutement des entreprises, avec par exemple les préparations opérationnelles à l’emploi (POE).

« Ce sont des formations courtes, jusqu’à 3 mois, avec à l’issue un contrat de travail proposé par l’entreprise, explique Maud Venturini, Directrice Stratégie et Relations extérieures chez France Travail, elles interviennent quand une entreprise a trouvé un candidat mais qu’il lui manque des compétences clés pour intégrer le poste. » En l’occurrence, ces formations ciblées et rémunérées interviennent dans le cadre du processus de recrutement: les bénéficiaires sont aiguillés par leur futur employeur et Pôle emploi. Toutefois, il revient le plus souvent à la personne elle-même de s’informer sur ses options de formation, et de faire ses choix en fonction de ses besoins. En se posant les bonnes questions, étape par étape.

1- Se faire accompagner et solliciter les organismes compétents

« On voit bien qu’aujourd’hui on fait face à des personnes qui sont plus éloignées de l’emploi, qui manquent parfois de compétences de base, de soft skills, observe Maud Venturini. Un grand enjeu pour Pôle emploi, c’est de pouvoir proposer des formations de qualité sur de la remise à niveau, sur les compétences numériques par exemple, qui sont très demandées par les entreprises. » Qu’il s’agisse de Pôle emploi ou d’un autre organisme spécialisé, comme les chambres de métiers et de l’artisanat et les chambres de commerce et d’industrie (CCI), ou d’un coaching professionnel, l’accompagnement et le conseil sont un plus et facilitent les choix.

Toute personne, salariée ou indépendante, en recherche d’emploi ou en études, peut bénéficier gratuitement du conseil en évolution professionnelle (CEP). Si l’opérateur à solliciter dépend de sa situation (Pôle emploi, mission locales, Cap emploi, Apec), le CEP propose un accompagnement personnalisé pour établir un projet d’évolution professionnelle ainsi qu’un plan de financement de formation si nécessaire (plus d’informations sur mon-cep.org). « Le CEP permet vraiment une ouverture sur son éventail d’opportunités, souvent on ne connaît que son métier et son milieu professionnel, mais la reconversion peut par exemple devenir une option parmi d’autres au cours de sa réflexion« , complète la responsable du département formation.

2 – Valider son projet professionnel et ne pas se précipiter

Que l’on soit accompagné ou non, la clarification de son projet et de ses envies est une priorité. « Il y a un écueil à éviter, c’est de choisir une formation sans avoir déjà validé et pensé son projet professionnel, affirme Marjorie Llombart, coach experte en reconversion et fondatrice du cabinet d’accompagnement Dessine-moi une carrière, quand on n’est plus satisfait de son travail ou qu’on ne se sent plus à sa place, la réaction est souvent de fuir le problème, de se dire je suis une formation et on verra bien après, mais cela ne fonctionne pas dans la plupart des cas. » Mieux vaut prendre le temps de la réflexion donc.

Quelles évolutions de carrière vous intéressent ? Quels métiers pourraient vous correspondre ? Comment s’informer sur la diversité de formations utiles ? Combien de temps pouvez-vous accorder à une formation ? Autant de questions à se poser en amont. La finalité du projet doit dicter le choix de la formation. De la même façon, le sujet du financement et de ses revenus durant la durée de formation doit être adressé. Comme le rappelle Maud Venturini : « Un demandeur d’emploi peut bénéficier de financements et conserve ses droits à l’assurance chômage durant sa formation. Une personne n’ayant plus ses droits au chômage peut quant à elle bénéficier d’une rémunération formation, dont le montant dépend du temps hebdomadaire de formation (environ 600 euros mensuels pour un temps plein.)« 

3 – Identifier ses compétences et ses besoins

La formation est une affaire d’acquisition de compétences. Pour pouvoir par exemple choisir entre une formation courte et certifiante et une formation plus longue et diplômante, il faut avoir conscience des compétences nécessaires à son évolution. Pour cela, le bilan de compétences, finançable grâce à son compte personnel de formation (CPF) et accessible pour toute personne active, permet d’analyser ses aptitudes professionnelles et donc de déterminer ses acquis et ses lacunes. Idem pour le coaching en reconversion, qui se base le plus souvent sur l’évaluation des compétences mobilisables. « En fonction des compétences dont on dispose déjà et de nos besoins pour la suite de notre projet de carrière, il n’est pas forcément nécessaire de se lancer dans une longue formation diplômante. Une bonne formation est une formation suffisamment dimensionnée« , juge Marjorie Llombart.

Si on met le doigt sur des compétences précises à acquérir, des formations courtes et certifiantes peuvent alors être le meilleur choix. Même son de cloche du côté de Pôle emploi : « Certaines compétences sont transverses et peuvent être directement utiles pour la suite de son évolution. Beaucoup de personnes ont des compétences grâce à leur expérience. » Un autre dispositif permet justement de capitaliser sur son parcours : celui de la validation des acquis de l’expérience (VAE), qui consiste à faire reconnaître des modules de compétences via l’obtention d’une certification professionnelle sans formation nécessaire (diplôme, titre ou certificat). Un an d’expérience minimum, en rapport avec le contenu de la certification visée, est nécessaire.

4 – Choisir entre formation à distance ou formation en présentiel

Selon Marjorie Llombart, « le distanciel n’est pas adapté à toutes les situations, quoi qu’en disent les organismes de formation ». Le choix entre parcours en ligne et formation en présentiel est à faire au cas par cas. S’il existe aujourd’hui des formations à distance complètes et adaptées, certaines personnes ne pourront pas en tirer le meilleur du fait du manque d’échanges directs et d’émulation collective. Mieux vaut donc ne pas suivre des cours derrière son ordinateur sans avoir conscience de la formule qui est la plus adaptée à son profil.

A contrario, les formations à distance offrent une flexibilité et une diversité parfois indispensables pour les personnes en poste ou avec des enfants à charge, ou ayant des contraintes de mobilité et peu d’organismes pédagogiques à proximité de leur domicile. « Le distanciel a la qualité de pouvoir s’adapter à la vie et aux contraintes de chacun, sa force c’est son caractère modulable. Les apprenants donnent leurs plages de disponibilités et leur ambition de fin de formation et ils bénéficient d’un parcours adapté, explique Rémi Duchatelet, directeur marketing et pédagogique du Centre européen de formation, qui dispense des formations professionnelles 100% en ligne. Le doute qui peut persister c’est de savoir si vous serez capable de vous motiver et d’être assidu seul dans votre coin. Pour cela, on investit beaucoup sur la partie coaching et accompagnement personnalisé avec suivi régulier ». Du côté de Pôle emploi, on mise de plus en plus sur le 100% en ligne, souvent privilégié par les apprenants. 

5 – Comparer les organismes de formation

Outre le choix du type et du contenu de formation qui correspondent à son projet, celui de l’organisme ou de l’établissement est tout aussi décisif. Une comparaison simple est de rigueur, comme le résume

Marjorie Llombart: « Il faut s’informer sur chaque organisme si on ne le connaît pas, depuis combien de temps existe-t-il? Est-il reconnu? Comment est-il évalué ? De la même façon, il faut s’interroger sur les pratiques pédagogiques mises en œuvre, par exemple en sollicitant d’anciens élèves ou étudiants, en récoltant des avis via Google et LinkedIn, et pourquoi pas en se déplaçant sur place ou en sollicitant un entretien par téléphone pour aussi se fier à son ressenti ».

Il s’agit également de prendre les devants pour éviter toute mauvaise surprise une fois les démarches effectuées. « Aujourd’hui, le marché de la formation est bien plus développé et concurrentiel qu’il y a 15 ans. Il peut y avoir des dérives, notamment via le CPF, avec des organismes qui en profitent pour vendre des formations pas toujours à bon escient ou même de manière frauduleuse. Il faut être vigilant », complète la coach en reconversion professionnelle. Une fois ces doutes évacués, et en gardant les bons réflexes à l’esprit, le choix de la formation n’en sera que plus judicieux.


Article écrit par Adam Belghiti Alaoui en juillet 2023, actualisé par Fabien Soyez en mars 2026.

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