1. Accepter que les règles du jeu ont changé
« Avant d’entamer une recherche d’emploi, la première chose à faire est de se poser les bonnes questions. Et surtout d’accepter le fait que les temps ont changé », explique Christel de Foucault. Exit l’époque où décrocher un CDI était la norme, aujourd’hui ce type de contrat représente moins de 20 % des offres tous profils confondus. L’idée est d’abord de mettre un pied dans l’entreprise, le CDI viendra dans un second temps. « Ce n’est pas parce qu’on a été bon dans son ancienne vie que toutes les portes vont s’ouvrir. Il va falloir se mettre à la page des nouveautés, respecter les nouveaux codes et usages », note l’experte.
Autre point important, distinguer recherche d’emploi et exercice de son métier : « Beaucoup font l’erreur de penser que parce qu’ils ont eu un super parcours, une excellente carrière, ils vont trouver facilement. Mais il y a tout un tas de choses nouvelles à intégrer et si on n’est pas à la page, on est vite hors jeu. »
2. Faire son CV d’une page, un passage obligé
Fini le temps des CV fleuve détaillant l’intégralité de son parcours. Le CV tenant sur une seule page est devenu la norme. Les documents plus longs sont quasi systématiquement écartés, lors des premiers filtrages. « Quand je dis aux seniors qu’il leur faut un CV d’une page, la plupart me rétorquent qu’avec leur riche parcours, c’est impossible de faire tenir toutes les informations. En fait, si. Il faut apprendre à le faire », constate Christel de Foucault.
Pour y parvenir, le premier réflexe est d’épurer et de se concentrer sur les expériences les plus significatives et les plus en lien avec le poste visé, quitte à « gommer » une partie de son vécu. « Ce qui compte, c’est la cohérence et la pertinence de ce qu’on choisit de mettre en avant par rapport au poste », souligne la formatrice. Dans le CV comme à l’oral, la règle d’or est de toujours se demander ce qui va intéresser l’interlocuteur.
3. Pitcher son parcours de façon percutante
Défi suivant : réussir son pitch, c’est-à-dire présenter son parcours de façon à la fois concise et impactante. « Il faut accepter d’effacer des pans entiers de notre carrière et quand on se présente, ne pas le faire de façon chronologique, mais démarrer par qui on est aujourd’hui », remarque Christel de Foucault. Être capable d’aller à l’essentiel, en mettant l’accent sur ses réalisations les plus notables et les compétences clés développées est une vraie compétence à part entière : « Le recruteur en face n’est ni notre ami, ni notre psy. C’est un client potentiel à qui on ne va dire que ce qui est susceptible de retenir son attention. »
Cela implique parfois de faire des choix radicaux, comme supprimer de son pitch les postes de management occupés si la mission visée n’en comporte pas. Pour Christel de Foucault, « il faut savoir se mettre dans la peau de son interlocuteur et se focaliser sur ce qui va faire écho pour lui, au risque de perdre son attention. »
4. Être souple sur le salaire et envisager des jobs tremplins
Changer de poste après 50 ans implique aussi souvent de revoir ses prétentions salariales à la baisse ; parfois de 10 à 30%. « Il faut se poser la question de où on en est. Plus le temps passe, plus son référentiel doit changer. Tout est mieux que le chômage. Si le poste est vraiment bien, la mission intéressante avec des perspectives d’évolution, le salaire on va le récupérer ensuite », explique Christel de Foucault.
Dans cette optique, il peut être stratégique d’accepter ce qu’on appelle un « job tremplin », soit un poste un peu en-deçà de ses attentes mais qui va permettre de rebondir. « L’idée est de ne pas rester chez soi seul, avec le statut de chômeur qui est très dévalorisé auprès des recruteurs. Être en poste permet de redevenir attractif, de recréer du réseau et de retrouver en valeur », note l’experte. Car, en France, un candidat en poste est perçu comme ayant plus de valeur qu’un chercheur d’emploi, aussi expérimenté soit-il.
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5. Utiliser les réseaux sociaux et se former aux nouvelles technologies
Pour donner un coup de jeune à son image et casser les stéréotypes liés à l’âge, miser sur sa présence sur les réseaux sociaux est aussi un excellent levier : « Si je me présente à 60 ans avec presque 300 000 abonnés sur LinkedIn, il y a des portes qui peuvent s’ouvrir. À l’ère de la marque employeur, les entreprises recherchent de plus en plus ce type de profils, des collaborateurs susceptibles de parler d’elles positivement sur les réseaux. » Que ce soit sur LinkedIn pour les métiers du conseil et du service B to B ou sur Instagram voire TikTok pour des secteurs plus BtoC, être actif et bien référencé est un vrai plus.
Autre conseil : profiter de sa période de recherche pour se former aux outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT et apprendre à rédiger des prompts. Cette compétence de plus en plus recherchée par les entreprises est ainsi une belle carte à jouer. « Être capable non seulement d’écrire un prompt, mais aussi de retravailler le rendu de l’IA pour qu’il soit correct et pertinent, notamment grâce à ses qualités rédactionnelles, c’est un vrai plus. »
Même si un senior partira souvent avec une longueur de retard, notamment à cause des très nombreux stéréotypes et a priori qui l’entourent, il dispose de vraies atouts pour inverser la tendance. À commencer par son expérience, la hauteur de vue qu’elle lui confère et sa capacité à prendre des décisions rapides face aux problèmes qui peuvent se poser. Suffisant pour convaincre un recruteur de miser sur lui, à condition de jouer le jeu et d’accepter de se remettre en question. Car, sur le marché de l’emploi d’aujourd’hui aussi, les seniors ont de la ressource et de la valeur à revendre. “Je dirais même qu’ils valent de l’or”, conclut Christel de Foucault.
Article initialement publié en février 2025, mis à jour et republié en mars 2026.