Emploi

Trouver un job à impact : 4 conseils pour se démarquer en tant que candidat

Se distinguer de la masse grandissante de candidats aux offres à impact et mettre toutes les chances de son côté n’est pas chose aisée. Benjamin Mercier, cofondateur de la communauté de mentorat dédiée à la transition vers les métiers à impact Gaïa Connect, livre ses conseils pour préparer au mieux ses candidatures.

1) Prendre conscience des freins potentiels et des impératifs

On estime qu’il y a environ 15 candidates et candidats pour un seul job à impact aujourd’hui. C’est un nombre surévalué dans certains secteurs, mais qui donne le ton : il y a de plus en plus de candidats et de concurrence. Il ne suffit donc pas de faire le choix de s’orienter vers l’impact, il faut s’y préparer et se documenter. Le premier frein que l’on observe chez les personnes mentorées via Gaïa Connect et chez les personnes en transition pro vers l’impact, c’est la méconnaissance des secteurs d’activité concernés et des voies de formation. Le deuxième frein, ce sont les débouchés potentiels, les options de carrière. Avant de se lancer dans une formation ou de candidater à tout va, il faut s’informer sur le marché et sur l’offre de formation qui est très dense aujourd’hui. Il sera difficile de se distinguer en répondant à une offre d’emploi en RSE à Paris si l’on n’a fait qu’une formation courte en RSE. Autre potentielle difficulté : l’aspect personnel et financier, avec des salaires qui peuvent inférieurs à ceux pratiqués dans les secteurs traditionnels, même si c’est de moins en moins le cas. En revanche, l’économie sociale et solidaire (ESS) et le milieu associatif sont encore très concernés par ce problème. Dans certains cas, il faut aussi être prêt à bouger et à ajouter la mobilité professionnelle à sa démarche, pour pouvoir répondre aux offres qui nous correspondent.

2) Ne pas négliger la phase d’introspection

Avant de penser à se distinguer en tant que candidat, il y a toute une phase d’introspection à suivre et qui sera positive pour votre recherche d’emploi. Il s’agit d’explorer ses envies et ses priorités pour comprendre quels secteurs et quels métiers cibler. Il est parfois difficile de trouver des offres à impact intéressantes, et elles ne sont pas toutes sur Job that make sense. Donc parfois, certains passent des heures sur des plateformes d’emploi et envoient un même CV pour répondre à plein d’annonces, sans prendre le temps de personnaliser les candidatures ou de s’interroger. C’est le meilleur pour se frustrer : je rencontre des gens qui recherchent depuis six mois ou un an et qui finissent épuisés et sans réponses positives. Et on a même échangé avec des personnes qui font un burn-out en cherchant du travail. La phase d’introspection et de préparation limite ces risques. Aussi, il est bon d’avoir un plan B, parce qu’il n’y a pas de place pour tout le monde dans l’impact. Si cela ne marche pas à l’instant T, on peut faire un pas de côté et revenir par la suite. Plein de gens occupent un poste classique une entreprise à impact et inversement.

3) Personnaliser ses candidatures

C’est un conseil de base que l’on adresse à tout candidat et chercheur d’emploi, dans l’impact ou non : mais il est toujours bon de rappeler qu’un bon CV, c’est celui qui correspond à l’annonce à laquelle il répond. J’entends par là le fait de se rapprocher le plus possible de la sémantique de l’offre d’emploi, a fortiori dans l’impact et la RSE, où les mots-clés et les concepts sont nombreux et déterminants. Les entreprises et les métiers à impact sont très attractifs aujourd’hui parmi les actifs et les candidats, en début ou en cours de carrière, dans le cadre d’une reconversion ou d’une orientation initiale. Ce sont donc aussi les candidats qui doivent s’adapter, et notamment parce que de plus en plus d’employeurs utilisent des logiciels pour trier les CV. Il faut que votre CV, son titre, ses rubriques, ses mots-clés, votre mail de candidature, votre lettre de motivations si besoin… Que tout cela reprenne le vocabulaire de l’impact de l’annonce. Et le plus grand défi, c’est de faire cela tout en étant très réactif dès qu’une offre est publiée.

4) Mettre en avant ses valeurs

Les entreprises de l’impact recrutent davantage sur les valeurs des candidats que les entreprises classiques. Et les engagements associatifs peuvent également faire la différence. Par exemple, une structure de l’ESS qui fait de l’insertion professionnelle sera très sensible au fait qu’un candidat soit actif dans une association. On n’a parfois pas le réflexe de mettre ces activités personnelles en avant dans un CV et de vouloir miser sur son expérience et ses compétences pro, mais c’est un élément déterminant pour les activités responsables. Nous conseillons donc de faire du bénévolat au maximum, de s’engager et d’en parler, de participer à des salons thématiques pour aller rencontrer les pros de l’impact, de contacter les gens sur LinkedIn, de faire du mentorat sur l’occasion se présente… Et si l’on est au chômage, de faire des stages dans l’ESS ou des entreprises engagées, France Travail rend facilement accessibles des conventions de stage. Ces expériences seront toujours valorisables, et peuvent même parfois aboutir à une embauche.

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