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Demandeurs d’emploi: comment le dispositif Actif’Créa peut vous aider à entreprendre

En tant que demandeurs d’emploi inscrits à France Travail, les personnes au chômage ou en transition professionnelle peuvent bénéficier de dispositifs ciblés pour construire leur rebond de carrière. Parmi eux, le parcours Activ’Créa, pensé pour aider les actifs à explorer la possibilité de l’entrepreneuriat, en consolidant leur projet et en identifiant les compétences nécessaires. Explications.

En quoi ça consiste ?

En France, une entreprise sur trois est créée par un demandeur d’emploi, selon France Travail. Le dispositif Activ’Créa consiste en un parcours d’accompagnement et d’identification des enjeux de la création et de la reprise d’une entreprise, ainsi que des compétences et des étapes nécessaires. « Activ’Créa va permettre à une personne qui s’interroge sur un retour à l’emploi par l’entrepreneuriat de tester sa capacité à mettre en place un plan d’action pour passer de l’idée à l’immatriculation de l’entreprise”, explique Lydie Bertino, conseillère en évolution professionnelle chez France Travail dans l’agence Centre Isère (38). Le parcours peut être utile à un nombre non négligeable de demandeurs d’emploi, puisque parmi l’ensemble des personnes inscrites à France Travail, environ 850 000 (soit 15 % du total) sont concernées par l’entrepreneuriat, qu’elles soient porteuses de projet ou créatrices. Au total, en 2024, 120 438 demandeurs d’emploi ont pu bénéficier d’Activ’Créa. France Travail résume ce service personnalisé en plusieurs points clés : identifier vos enjeux et vos motivations, les compétences et savoir-être sur lesquels s’appuyer, ou encore une idée, comprendre les étapes nécessaires à la création ou à la reprise et poser les bases du projet, établir un plan d’action si le projet est pertinent.

Qui peut y accéder ?

“Ce dispositif est accessible à toute personne inscrite à France Travail. Le seul prérequis de départ, c’est d’avoir une idée de création d’entreprise, ou l’envie d’explorer cette voie, précise Lydie Bertino. Cela s’adresse aux personnes qui estiment avoir besoin d’être accompagnées. Par exemple : un senior en difficulté pour retrouver un emploi peut envisager que ses compétences intéressent des entreprises dans le cadre d’une prestation de services et ainsi développer un projet d’autoentreprise.” Dans le cadre de l’accompagnement et du suivi des demandeurs d’emploi par leur conseiller France Travail, la participation
à Activ’Créa peut être proposée si la personne montre une appétence pour la création d’entreprise. “Un demandeur d’emploi peut également s’inscrire de lui-même, via son espace personnel et l’onglet ‘mes services à la carte’. Il peut prendre connaissance de l’offre de service et s’auto-inscrire”, ajoute la conseillère en évolution professionnelle.

Comment s’organise le parcours ?

Le dispositif, organisé avec l’appui de prestataires et d’entreprises partenaires de France Travail, démarre par un premier entretien de diagnostic, individuel et en présentiel. “L’objectif, c’est de faire une première évaluation, de poser le cadre. Et de décider si on continue ou pas la prestation”, complète Lydie Bertino.
Ensuite, le dispositif en lui-même peut durer jusqu’à trois mois : « Les bénéficiaires alternent entre bilans individuels tous les 15 jours et ateliers collectifs sur des thématiques en lien avec l’entrepreneuriat : posture entrepreneuriale, valorisation des atouts de son profil, étapes de la création d’une entreprise, constitution d’un réseau… La première phase d’Activ’Créa consiste à poser les bases du projet. Puis, la deuxième est une phase d’exploration individuelle, durant laquelle on approfondit ou on confirme son idée, et où l’on travaille à un plan d’action, un rétroplanning pour le mener à bien.”

Quels bénéfices en tirer ?

En fin de parcours, les bénéficiaires obtiennent un passeport création et un bilan final est effectué pour formaliser les acquis : le projet est-il viable ? Y a-t-il d’autres points à travailler avant de se lancer ? Quelles sont les prochaines étapes ? « Il y a également une communauté qui se crée, durant les
ateliers collectifs, et les liens perdurent dans le temps. Dans beaucoup de cas, à l’issue d’Activ’Créa, le projet d’entreprise continue et avance. Pour celles et ceux qui abandonnent l’idée d’entreprendre, nous repartons sur l’accompagnement classique”
, rapporte Lydie Bertino. Pour les personnes décidant de lancer leur projet, des aides à la création sont accessibles. « Celles et ceux n’ayant pas de visibilité sur leur capacité à se rémunérer ou à faire du chiffre rapidement peuvent faire le choix de garder leur allocation
chômage jusqu’à la fin de leurs droits, pour commencer sans avoir la crainte de la perte de revenus. Et les personnes ayant plus de certitudes peuvent choisir de bénéficier de l’Aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE), qui permet de percevoir 60 % des droits restants à l’allocation chômage. De quoi constituer un capital pour sa trésorerie ou acheter du matériel”
, explique la conseillère. L’ARCE étant accessible au moment de la reprise ou de la création d’entreprise, une fois l’immatriculation effective. Concernant l’impact d’Activ’Créa sur la réussite des projets, France Travail rapporte une hausse de 20 points du taux de pérennité à 3 ans pour ses bénéficiaires.

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