La création d’entreprise a de beaux jours devant elle. En effet, 92 % des Français considèrent les entrepreneurs comme des acteurs clés du développement économique. Mais si la voie entrepreneuriale convainc toujours plus d’actifs, en reconversion ou non, les freins ne manquent pas et empêchent encore beaucoup de personnes de franchir le pas. Entre autres difficultés souvent évoquées : isolement, risques financiers et lourdeurs administratives. C’est l’un des constats de la récente étude « Entreprendre en France : un rêve freiné par la peur de l’échec », menée par l’Ifop pour le collectif d’entrepreneurs Axtom.
La peur de l’échec
La prise de risques fait partie intégrante de l’aventure. Et les craintes exprimées par les aspirants à la création d’entreprise confirment l’adage : 97 % des personnes interrogées rapportent que la peur de l’échec constitue une barrière psychologique forte. Aussi, 79 % des sondés redoutent de devoir engager leur patrimoine personnel et 78 % appréhendent les conséquences financières en cas de revers ou d’échec de leur projet. Et pour cause ! Le fait de ne pas avoir droit aux allocations chômage en cas de cessation d’activité constitue un autre frein pour 68 % d’entre eux, qui redoutent de se retrouver sans filet de sécurité. Des inquiétudes fondées : en 2024, 60 852 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi, soit 166 chaque jour. Un niveau jamais atteint depuis 2015, selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs.
Les freins structurels
Parmi les autres préoccupations des aspirants entrepreneurs vis-à-vis du quotidien entrepreneurial, les charges fiscales (85 %), l’instabilité des revenus (82 %), la complexité administrative (40 %) et l’isolement professionnel (56 %). Pour donner toutes ses chances de réussite à son projet, il s’agit notamment d’anticiper les risques du manque d’accompagnement (27 %), de la nécessité de disposer d’un capital de départ (38 %) et de la difficulté à se constituer un réseau de clients (37 %). Sans oublier l’importance de la charge de travail (21 %) et la difficulté à concilier sa vie professionnelle et sa vie privée (20 %).
À noter que ces difficultés sont ressenties différemment selon les profils. En effet, les femmes sont plus nombreuses à souligner la difficulté de cumuler plusieurs casquettes et l’importance de disposer d’un capital initial ; tandis que les jeunes de moins de 35 ans expriment une inquiétude plus marquée vis-à-vis de la surcharge de travail, du stress et du sentiment de solitude.
L’envie d’entreprendre
Malgré tous ces obstacles, l’envie d’entreprendre reste importante, bien que limitée par le manque d’un cadre sécurisant. Ainsi, si la majorité des Français (57 %) aimeraient se mettre à leur compte si toutes les conditions du succès étaient réunies, seuls 36 % envisagent de (vraiment) le faire un jour. Autre preuve des craintes sur l’après entrepreneuriat : 90 % attendent la sécurisation du retour au salariat en cas de déroute pour éviter qu’un revers entrepreneurial ne rime avec précarité. Un point perçu comme d’autant plus important dans la mesure où seulement 15 % des répondants estiment que les entrepreneurs en France bénéficient d’un soutien suffisant en cas d’échec. Parmi les premiers besoins et attentes pour libérer l’envie d’entreprendre, 90 % des interrogés plébiscitent un accompagnement renforcé, notamment juridique et administratif, ainsi qu’un accès élargi aux financements et aux réseaux professionnels.