Gérer son stress en entretien : les clés d’une préparation réussie
Emploi

Gérer son stress en entretien : les clés d’une préparation réussie

Préparation, respiration, visualisation : pour Christel de Foucault, conférencière et formatrice en techniques de recherche d'emploi et marque employeur, gérer son stress en entretien repose avant tout sur la maîtrise et la confiance. L'entretien n'est pas un examen, mais un échange d'égal à égal entre deux professionnels.

Le stress fait-il vraiment perdre ses moyens aux candidats ?

Christel de Foucault : Oui, il faut apprendre à le neutraliser, car le stress fait perdre ses moyens. Quand j’étais recruteuse, j’ai vu des candidats ne plus savoir comment ils s’appelaient ! Ce n’est pas qu’ils sont incapables, c’est simplement que la peur masque la pensée.

Le stress réactive la posture d’examen : celle de l’élève face à l’enseignant. Il découle aussi, bien souvent, de la non-préparation : on ne sait pas quoi répondre à certaines questions, on redoute les « zones floues » de son parcours. Un jeune stresse parce qu’il manque d’expérience, un senior parce qu’il cherche depuis longtemps, un salarié parce qu’il craint qu’on contacte son employeur actuel.

Enfin, il existe un stress positif, celui de l’envie. Plus on désire le poste, plus on stresse ; mais c’est une adrénaline utile, celle qui pousse à se dépasser.

Comment se préparer pour limiter ce stress ?

L’essentiel, c’est d’identifier ce qui fait peur et de préparer des réponses. Il faut « jouer le film » à l’avance, comme un scénario. Un étudiant peut répondre : « Si vous m’avez convoqué, c’est que vous pensiez que je pouvais convenir, même sans expérience. » Un senior : « J’ai pris le temps de trouver l’entreprise qui correspond à mes valeurs » ou « J’ai profité de cette période pour me former. »

Il ne faut pas aller en entretien avec la boule au ventre en croisant les doigts. Mieux vaut s’exercer, faire des entretiens blancs, répéter à voix haute, s’entraîner avec d’autres personnes (amis, collègues, coachs…). Lever les freins avant le jour J, c’est déjà réduire le stress de moitié.

Quelles techniques de préparation mentale conseillez-vous ?

La veille, pratiquez la visualisation positive, comme les sportifs de haut niveau. Imaginez le déroulé de votre journée : le réveil, le trajet, l’arrivée, la poignée de main finale. Visualisez-vous en train de réussir. Ce n’est pas de la magie, c’est une façon de conditionner votre cerveau à la réussite.

Le jour J, arrivez un peu en avance et, si le stress monte, isolez-vous quelques instants ; par exemple dans les toilettes. Asseyez-vous, les pieds bien ancrés au sol, fermez les yeux et visualisez un lieu familier, votre chambre par exemple, en le parcourant mentalement de droite à gauche. Cet exercice de focalisation d’une minute, associé à une respiration profonde, permet de faire redescendre la pression avant d’entrer en entretien.

Et pendant l’entretien, comment garder le contrôle ?

Respirez, c’est la base. Quand on bloque sa respiration, on accentue le stress. Posez la main sur votre ventre, sentez-le bouger. C’est plus le fait de souffler que d’inspirer qui apaise. Et surtout, souriez ! Le sourire crée un réflexe de détente et déclenche souvent celui de votre interlocuteur.

Si vous perdez vos moyens, dites-le simplement : « Excusez-moi, je perds un peu mes moyens, il faut dire que ce poste me tient à cœur. » C’est une manière honnête et humaine de transformer un moment de faiblesse en preuve de motivation.

Comment garder un bon équilibre entre préparation et spontanéité ?

La préparation ne tue pas la spontanéité, au contraire. Elle crée la sécurité nécessaire pour être soi-même. C’est comme une expédition en montagne : on prépare son matériel, on connaît le terrain, et une fois prêt, on peut improviser.

Connaître l’entreprise, ses produits, la personne qu’on rencontre, se sentir à l’aise dans sa tenue… Tout cela permet d’être disponible à l’échange. Les candidats non préparés se crispent et « limitent la casse ». Les autres peuvent plaisanter, relancer, respirer.

Et si le recruteur est froid ou déstabilisant ?

Il faut se dire que c’est le jeu. Si c’est un intermédiaire, son attitude ne vous concerne pas. S’il s’agit du futur manager, cela peut être un signal : ai-je envie de travailler avec lui ?

Mais surtout, ne le mettez jamais sur un piédestal. Ce n’est pas un examinateur, c’est un professionnel comme vous. Il a ses peurs : peur de se tromper, de perdre son temps, de décevoir sa hiérarchie. Quand on réalise que la peur est des deux côtés, la relation se rééquilibre.

Comment analyser son stress après l’entretien ?

Prenez quelques minutes au calme pour « refaire le film ». À quel moment avez-vous eu peur ? Qu’est-ce qui vous a crispé ? Si vous aviez les mains moites, la prochaine fois, lavez-vous les mains juste avant. Si vous avez évité le regard, entraînez-vous à fixer celui de votre interlocuteur.

Chaque entretien, même raté, est un entraînement. Plus on en passe, plus on devient à l’aise. C’est comme un sport : plus on pratique, plus la peur diminue.

Si vous ne deviez donner qu’un seul conseil à un candidat stressé ?

Trois, en réalité. Dites-vous que le recruteur a aussi peur que vous. Rappelez-vous que vous ne jouez pas votre vie. Et surtout, préparez-vous bien.

Un entretien, c’est une rencontre entre deux professionnels, un besoin d’un côté, une offre de l’autre. Parfois ça matche, parfois non ; et c’est très bien ainsi. L’important est de rester sur un pied d’égalité.

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