Emploi

Comment réussir votre retour au travail après un burn-out ?

Rebondir et reprendre le fil de sa carrière après un burn-out peut être un long chemin de croix. Cela nécessite de se reconstruire et de préparer sa reprise étape par étape, en terminant par le redouté retour au travail ou dans son entreprise. Pour lequel il s’agit, là encore, de se ménager et d’anticiper les difficultés.

« Après tout le cheminement qui a été fait pour se relever du burn-out, il faut anticiper le retour, insiste Maryline Machu-Combalot, coach et autrice de Welcome back to work : les 6 étapes pour réussir son retour en entreprise après un burn-out (Vuibert). Il ne faut surtout pas retourner dans son entreprise comme ça le jour J sans avoir fait une préparation ou pris contact au préalable avec l’équipe RH ou le manager selon la structure. » En premier lieu, la préparation du retour commence par confirmer que l’on est prêt : « Interrogez vos émotions pour savoir où vous en êtes, conseille Maryline Machu-Combalot. Est-ce que j’arrive à parler de mon entreprise sans m’effondrer en larmes et sans ressentir du stress ? Est-ce que j’ai encore la boule au ventre à l’idée de retourner travailler ? Est-ce que mes émotions sont stables et est-ce que je me sens capable de reprendre le travail sans me laisser déborder ? Les réponses à ces questions sont de bons indicateurs, et il faut impérativement consulter son médecin traitant avant de revenir. »

Parler de son burn-out pour faire bouger les lignes

Que vous repreniez le travail dans votre entreprise d’origine ou que vous changiez de poste ou de structure, la question de la posture à adopter se pose. Notamment durant la période dite d’onboarding, qui correspond aux premiers pas dans l’entreprise. Selon la spécialiste, briser le silence sur le burn-out et en parler est important, pour soi comme pour l’entreprise : « Il y a malheureusement une forme de honte qui peut exister, qui rajoute de la douleur à la personne qui a fait un burn-out et qui n’a pourtant pas besoin de cela. J’insiste et je répète qu’il n’y a pas de honte, quand on est en burn-out c’est qu’on s’est épuisé à vouloir trop bien faire. Mais si vous retournez dans votre entreprise et que vous souhaitez que les choses bougent, il va bien falloir aborder le sujet et parler de votre vécu à un moment donné. Il ne faut pas tomber dans le mensonge et faire croire que notre absence est due à une autre maladie. Vous n’êtes bien sûr pas obligé de tout dire, ni d’en parler à tout le monde, mais mettre le sujet sur la table pour éviter une rechute, c’est très important », observe Maryline Machu-Combalot.

S’assurer de l’engagement de l’entreprise.

Dans l’hypothèse d’un changement d’entreprise ou d’une reconversion post burn-out, parler de son burn-out et de son expérience peut aussi permettre de « justifier » et de contextualiser un éventuel trou dans votre CV. Aborder le sujet dans le cadre du processus de recrutement peut également vous permettre de sonder l’ouverture de l’entreprise sur la question, comme le conseille l’autrice : « Le problème, c’est que le tabou du burn-out n’est pas complètement levé. Il y a encore trop d’entreprises et de recruteurs qui l’assimilent à une forme de faiblesse et qui hésitent à recruter une personne ayant fait un burn-out. Mais c’est important d’observer l’ouverture d’esprit que vous avez en face de vous : est-ce que vous souhaitez reprendre le travail dans une entreprise qui néglige ou minimise le burn-out et la santé mentale ? La prévention du burn-out, c’est une co-construction avec l’entreprise. »

D’autant plus que, comme le rapporte l’experte, une grande partie des personnes subissant un burn-out et étant accompagnées pour leur rebond finissent par changer d’entreprise ou se reconvertir pour éviter d’être de nouveau exposées aux mêmes facteurs de risque. « Quel que soit votre choix, l’introspection et la réflexion sur le retour et sur l’après burn-out sont indispensables. Et vous avez besoin d’un environnement accueillant et ouvert, de repartir sur des bases saines et de vous mettre des garde-fous pour ne pas rechuter ni répéter les mêmes mauvaises habitudes », conclut Maryline Machu-Combalot.

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