Interruptions de carrière : pourquoi il ne faut pas en avoir peur
Reconversion

Interruptions de carrière : pourquoi il ne faut pas en avoir peur

Dans le cadre de vos candidatures ou de vos démarches de reconversion, vous serez peut-être amené à devoir justifier une interruption de carrière ou un trou dans votre CV. Pas de panique ! Ces moments de parcours trop souvent perçus comme des poids et des tabous concernent de plus en plus d’actifs et ne sont pas une fin en soi. À condition d’adopter le bon discours pour les motiver.

C’est l’une des grandes craintes dans le cadre d’un entretien ou d’une candidature : comment justifier un trou dans son CV ou répondre à une question épineuse sur son parcours sinueux ? Qu’il s’agisse d’une période de chômage, d’un congé sabbatique, d’une inactivité due à un handicap ou à une épreuve de vie, ou d’un choix personnel, les interruptions de carrière ne sont pas nécessairement synonymes de freins et de poids. Selon l’étude « Interruptions de carrière: la nouvelle norme en 2025 » de LiveCareer basée sur l’analyse de près de 10 millions de CV français créés entre 2020 et 2025, leur présence sur les profils de candidats est même en hausse ces dernières années. En effet, toutes les catégories d’interruptions de carrière (1 mois, 3 mois, 6 mois et plus de 12 mois) ont connu une augmentation régulière. Ainsi, en 2025, 39 % des candidats présentaient une pause d’au moins 12 mois, contre seulement 34 % les années précédentes. Les interruptions courtes sont, quant à elles, plus fréquentes : 61 % des CV affichent un mois d’inactivité. Au global, les parcours ne présentant pas d’interruption se font moindres, puisque la part des candidats n’ayant aucune pause professionnelle est passée de 48 % en 2021 à 39 % en 2025.

Changement de paradigme

Ce constat et cette tendance seraient notamment marqués par l’influence de la pandémie, avec une augmentation marquée depuis 2020. « La hausse continue des licenciements et des reconversions, combinée à de nouvelles attentes professionnelles, laisse de nombreux candidats chercher comment expliquer ces pauses professionnelles aux recruteurs », note l’étude. Dans son livre Faites-vous recruter ! Révélez votre potentiel et devenez le candidat idéal (Eyrolles), la cofondatrice du Mercato de l’Emploi Jenny Gaultier Vallet rassure : « Nos carrières sont de moins en moins linéaires. Et ce n’est pas un problème. Ce qui compte, c’est de trouver du sens dans votre parcours. Il y a forcément un fil conducteur ! Posez-vous un instant pour reprendre chacune de vos expériences et vous interroger sur les liens suivants : Quels sont les points communs de vos différentes postes ? Quelles missions vous font le plus vibrer ? Où avez-vous systématiquement apporté de la valeur ? » Par cette démarche, la spécialiste invite ainsi à se concentrer sur le récit de son parcours et son fil rouge, plutôt que sur les détails parfois plus négatifs.

Expliquer stratégiquement les périodes d’inactivité

À l’heure d’un marché du travail plus que jamais structuré autour de la recherche de profils résilients, il s’agit donc, en tant que candidat, de faire de ses potentielles lacunes une force. S’agissant des trous dans le CV, ceux-ci peuvent être présentés « comme des opportunités de croissance, de résilience et de développement de compétences professionnelles, plutôt que comme des faiblesses », conclue l’étude. En d’autres termes : assumez davantage vos interruptions de carrière ! Et ne rechignez pas à parler d’une période de chômage par exemple. « La question ‘vous avez donc été au chômage ?’, c’est l’un des moments les plus délicats pour de nombreux candidats, rapporte Jenny Gaultier Vallet dans son livre. Au Mercato de l’Emploi, les personnes que nous accompagnons nous en parlent souvent : les questions sur ce thème surviennent dès le premier contact et créent du stress, de la gêne, voire de la honte. Voici quelques repères pour répondre avec aplomb :

  • Dédramatisez : les transitions font partie des parcours modernes, elles ne sont pas un échec
  • Rassurez : montrez que vous êtes prêt, motivé, clair sur votre projet
  • Soyez au clair avec votre récit : pourquoi cette pause, ce que vous en avez retiré
  • Valorisez la pause active : formation, bénévolat, projet personnel… tout compte, si vous savez le raconter

Ce que cherche le recruteur, ce n’est pas une justification, c’est un signal de stabilité : est-ce que vous êtes prêt à redémarrer dans de bonnes conditions ? Montrez que la réponse est oui. »

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