Avec plus de trois millions d’auto-entrepreneurs actifs en juin 2025, le statut d’auto-entrepreneur est toujours autant plébiscité. Et pour cause, il a été initié pour faciliter la création d’entreprise pour chaque Français quel que soit son niveau social ou son origine.
« Il est très simple de s’inscrire et d’ouvrir son auto-entreprise que ce soit pour en vivre pleinement ou en complément d’une autre activité comme un travail salarié. L’avantage majeur concerne l’absence d’avance des cotisations sociales : un auto-entrepreneur qui n’a pas encore de chiffre d’affaires ne doit pas payer de cotisations sociales, contrairement aux autres indépendants qui doivent avancer ces sommes », résume Monique Sentey, déléguée générale de l’union des auto-entrepreneurs.
Une préparation nécessaire en amont
Mais attention, « ce n’est pas parce que ce statut est simple que tout est facile, prévient Monique Sentey. Comme pour n’importe quel projet, les personnes qui souhaitent se lancer avec succès doivent préparer leur projet en amont. Lancer une auto-entreprise c’est comme un marathon, ce n’est pas parce qu’on a le dossard, qu’on peut le courir. »
Pour la déléguée générale, il ne sert à rien de créer une auto-entreprise si on ne remplit pas ses objectifs de revenus : « On voit encore trop de personnes se lancer à l’aveuglette, avec une vague idée. Or, avant même de créer sa structure, il faut avoir un projet déterminé. L’auto-entreprise a un objectif : lancer une activité lucrative pour dégager des revenus. C’est un projet de vie qui se construit. »
Ainsi, la création d’une auto-entreprise demande une implication personnelle comme financière. « Les personnes qui se lancent doivent avoir conscience que pour réussir dans leur projet, elles doivent s’investir personnellement mais aussi investir parfois dans pour un accompagnement, de la communication, etc. », considère Monique Sentey, autrice du livre « Auto-entrepreneurs, lancez-vous ! » dont la quatrième édition vient de paraître chez Dunod.
La première chose à faire est de travailler sur le fond de son projet, d’analyser le marché, la concurrence, de tester les prix pour être sûr de son offre. Pour la déléguée générale de l’union des auto-entrepreneurs, « il faut être passionné, motivé et avoir le goût du travail si l’on veut réussir. »
Savoir se vendre
Mais il faut aussi savoir se vendre et mettre en valeur ce que l’on souhaite proposer. « Souvent, les personnes qui sortent du salariat ne se sont jamais intéressées à la partie commerciale, ni à la manière d’aller chercher un client. Elles n’ont pas appris à se vendre, à se mettre en avant sur les réseaux sociaux, remarque Monique Sentey. Or, quand on se lance en auto-entreprise, c’est sa personne qu’il faut valoriser, notamment sur les réseaux sociaux où il faut oser prendre la parole. On ne peut plus se cacher derrière un paravent ! »
Cela signifie aussi se confronter à la réalité. « Nous accompagnons des auto-entrepreneurs pour les aider dans leur activité. Pendant la formation, les participants vont aller dans le concret, se fixer des objectifs en fonction de la concurrence et du besoin du marché. Et chacun va raconter ce qu’il a pu faire : écrire des posts sur LinkedIn, acheter de la publicité, monter son offre… », propose-t-elle.
Avant de se lancer, connaître le cadre
Par ailleurs, avant de se lancer, il est essentiel de connaître quelques règles. Ainsi, le statut d’auto-entrepreneur est toujours cumulable avec les allocations chômage. Un filet de sécurité qui a évolué depuis la nouvelle réglementation : dès qu’une personne crée son numéro de Siret, France Travail ne verse que 60 % des droits restants. « C’est un non-sens pour moi d’être inscrit à France Travail et d’être auto-entrepreneur. Dans la logique, une auto-entreprise doit permettre de générer des revenus. C’est pourquoi il vaut mieux attendre d’avoir bien ficelé son projet et de devoir envoyer ses premiers devis avant de créer officiellement son auto-entreprise et avoir son numéro de Siret », conseille Monique Sentey.
Par ailleurs, pour conserver ce statut, certains seuils de chiffre d’affaires sont fixés. Pour des activités de service et libérales, le chiffre d’affaires maximum s’élève à 77 700 euros. Pour les activités de vente, ce montant s’élève à 188 700 euros. Si un auto-entrepreneur dépasse ces seuils, pendant deux années consécutives, il bascule au régime classique de l’entreprise individuelle.
De la même manière, un auto-entrepreneur qui souhaite agrandir son entreprise et recruter un salarié basculera au régime classique de l’entreprise individuelle. « Et dans ce cas, la réglementation n’est plus là même, notamment sur les avances de cotisation », rappelle Monique Sentey.
Bon à savoir : Les auto-entrepreneurs paient des cotisations sociales qui sont proportionnelles au chiffre d’affaires réalisé. Ces cotisations couvrent les droits sociaux, comme l’assurance maladie et la retraite. Mais, il est aussi conseillé de prendre une assurance complémentaire santé et prévoyance pour couvrir des accidents de la vie. Elle vise à réduire les risques de perte de revenus grâce à la perception d’indemnités qui peuvent prendre la forme d’indemnités journalières.