En France, entre 2019 et 2024, le nombre d’offres d’emploi dans les métiers les plus exposés à l’IA, qu’ils soient automatisés ou augmentés, est monté en flèche : +273 % sur la période (de 21 000 à 166 000 offres en six ans), contre +38 % au niveau mondial. Cette évolution, mise en avant par la deuxième édition du Baromètre mondial de l’emploi en IA 2025, publié par le cabinet de conseil et d’audit PwC, confirme la nouvelle donne du marché du travail. Et la France s’affirmerait comme le premier pays européen en volumes d’offres requérant des compétences en IA. Le rapport montre également qu’entre 2018 et 2024, la productivité du travail dans le monde a été multipliée par quatre dans les secteurs les plus exposés à l’IA — comme les services financiers ou le développement logiciel — passant de 7 % à 27 %. À l’inverse, dans les secteurs moins exposés à l’IA, tels que l’hôtellerie ou l’extraction minière, la productivité a stagné, passant de 10 % à 9 %. Selon Philippe Trouchaud, chief technology & products officer chez PwC France et Maghreb, « l’IA transforme l’économie et le marché du travail à l’échelle mondiale. Loin de détruire de l’emploi, elle en redéfinit les contours et en accroît la valeur. L’emploi progresse dans la plupart des métiers exposés à l’IA. »
Transformation des rôles et hausse des salaires
Les emplois les plus exposés à l’IA se divisent entre emplois dits « automatisés » (tâches réalisées par l’IA), et emplois dits « augmentés » (tâches améliorées par l’IA). Dans les deux cas, l’emploi est en hausse dans tous les secteurs analysés par l’étude, avec une progression plus rapide pour les emplois augmentés (252 % contre 223 %). S’agissant des secteurs d’activité, c’est l’agriculture, l’immobilier et le domaines loisirs et culture qui enregistrent les plus fortes hausses d’offres d’emplois augmentés ou automatisés. Le secteur information et communication est quant à lui le premier en volume d’emplois liés à l’IA, devant les activités scientifiques et techniques, et les services financiers.
Aussi, il apparaîtrait que les secteurs les plus exposés à l’IA enregistrent une hausse des salaires deux fois plus rapide que les secteurs les moins exposés. À l’échelle mondiale, les métiers mobilisant des compétences en IA progressent de 7,5 % sur un an, alors même que les offres d’emploi globales ont reculé de 11,3 %. Ces métiers sont également mieux valorisés, avec des niveaux de rémunération en moyenne supérieurs de 56 % à ceux des autres emplois (contre 25 % en 2023).
La clé des compétences
La dynamique constatée par l’étude s’accompagne d’une hausse du niveau de qualification et de compétences requis. En 2024, 58 % des offres des métiers les plus exposés à l’IA exigeaient ainsi un diplôme, contre 54 % en 2019. Et ces mêmes métiers demandent plus de cinq fois plus souvent un diplôme que le reste des professions, puisque chez les métiers peu exposés, la part a baissé de 13 % à 10 %.
Autre signe du besoin d’adaptation express pour les candidats et les salariés : les compétences recherchées évoluent 66 % plus vite dans les métiers impactés par l’IA, contre 25 % l’an passé. De quoi confirmer l’impérative montée en compétences en cours de carrière et mise à niveau en matière d’usage et de prise en main des outils numériques.