Derrière les plus de 2,5 millions de Françaises et Français qui vivraient à l’étranger selon les estimations se cachent des profils de tous les âges et de tous les niveaux de diplôme. Quelle que soit la formule d’expatriation choisie (PVT, VIE, contrat d’expatrié, contrat local, freelancing, nomade digital, retraite…), une mobilité internationale ne s’improvise pas. Trouver la bonne information auprès des bons interlocuteurs et des bons organismes peut faire la différence entre une expérience réussie et une expérience mal engagée. C’est pour promouvoir cette démarche et répondre aux questionnements pré-expatriation que Lepetitjournal.com, média des Français de l’étranger, organise la 2e édition de La Maison de l’expatriation à Paris. « Il s’agit d’un lieu éphémère ouvert cette année du 14 mai au 17 juillet. Nous proposons des conférences thématiques par pays ou zones géographiques, ainsi que des rendez-vous personnalisés, fixés au préalable, pour échanger et être conseillé ou orienté », explique Damien Bouhours, directeur éditorial en charge du projet. Le lieu et son programme sont accessibles gratuitement, tandis que des conférences et des coachings individuels sont aussi organisés à distance le reste de l’année.
Se poser les bonnes questions
Parmi les questionnements les plus fréquents avant une expatriation : Quelle assurance santé choisir ? Quelle fiscalité m’attend à l’étranger ? Comment scolariser les enfants ? Quels droits à la retraite à l’étranger ? Comment trouver un logement ? Autant d’incertitudes, voire de craintes, qui peuvent être levées, à condition de s’y pencher en amont et dès que possible. « Nous essayons toujours de rappeler l’importance d’identifier les obstacles potentiels à la réussite de l’expatriation, ajoute Damien Bouhours. C’est une étape de vie importante. Il faut la préparer sur le plan administratif et logistique, mais aussi psychologique et de bien-être. Beaucoup de gens ont juste besoin d’être rassurés et de parler de leur projet. »
S’inspirer des retours d’expérience
Pour répondre aux questions des futurs expatriés, et ainsi leur apporter une première aide pour consolider leur projet, La Maison de l’expatriation fait appel à des expatriés chevronnés, ayant connu plusieurs expériences enrichissantes à l’étranger. C’est le cas, par exemple, d’Irina. Après plus de vingt ans d’expatriations, elle conseille désormais les aspirants à la mobilité : « Je suis d’origine russe et je vis en France depuis 2022. Mon mari est Français, mais nous avons souvent vécu à l’étranger, notamment en Russie et en Angleterre. C’est la première fois en quasi 25 ans que l’on s’installe en France. Au départ, j’ai suivi mon mari dans son expatriation : il était en VIE, puis en contrat local, puis en contrat d’expatrié. Nous avons vécu cette vie de famille en tant qu’expatriés, avec tout ce que cela implique comme impératifs, vis-à-vis de la scolarité et de l’adaptation des enfants. J’ai également connu des aléas du fait de l’actualité internationale : j’étais en Angleterre au moment du Brexit, puis en Russie au début de la guerre en Ukraine. »
L’autre experte du lieu, Nathalie, a vécu en Thaïlande, en Irlande, en Espagne, ou encore en Australie. Lors de tous ses entretiens, elle insiste sur l’importance de l’anticipation dans la préparation : « Il faut se débarrasser des contraintes contraignantes avant de partir pour n’avoir qu’à régler sur place les choses plus locales, et non les démarches françaises. L’une de mes erreurs, c’est de ne pas m’être suffisamment entourée. Je me suis, par exemple, sentie assez seule lors de mon expatriation en Espagne. »
Solliciter tout un écosystème d’acteurs
Si la discussion avec d’anciens expatriés peut s’avérer riche en conseils et vous aider à recentrer votre projet, il est tout aussi important de consulter et de solliciter les organismes publics ou spécialisés. « Quand je suis partie, je l’ai fait un peu les mains dans les poches et j’ai dû parfois sortir les rames, notamment face à la barrière de la langue, témoigne Nathalie. Mais depuis, j’ai découvert tout un écosystème autour de l’expatriation, avec des acteurs qui peuvent aider sur tous les sujets (logement, fiscalité, assurance, santé, éducation…). Par exemple, le ministère des Affaires étrangères a fait un petit guide très synthétique, avec les étapes clés et une to-do-list à effectuer avant de partir. C’est pour cela que nous orientons beaucoup les gens vers des partenaires comme la Caisse des Français de l’Étranger (CFE). »
En effet, la plateforme en ligne « Préparer son expatriation », du ministère et de France Diplomatie, comporte toute une série de guides thématiques et d’acteurs à solliciter. Outre les acteurs publics, des structures privées proposent des ressources très utiles. À l’instar des guides réalisés par ExpatCommunication et FemmeExpat : « Le guide de l’expatriation », « Le guide de l’expatriation au féminin », « Travailler à l’international », etc. Vous l’aurez compris, les ressources ne manquent pas !