
Une carrière bien tracée, mais une nouvelle voie qui se dessine
En mars 2024, il franchit le pas avec une rupture conventionnelle. Une situation qui lui a permis de suivre plusieurs formations. « J’ai suivi des formations dans le vin pour obtenir des certifications, participé à des salons professionnels, et surtout, j’ai passé des heures sur le terrain, à déguster, rencontrer des vignerons, et comprendre le métier de l’intérieur. » Son objectif était clair : ouvrir une cave à vin et à manger dans un quartier qu’il affectionne, avec une offre culinaire qui sorte des sentiers battus. « Je voulais un lieu chaleureux, où les gens se sentent bien, et une carte gourmande et réconfortante »
L’importance du réseau et des rencontres pour concrétiser son projet
Yvan ne s’est pas lancé seul. « J’ai eu la chance de rencontrer un restaurateur expérimenté qui m’a pris sous son aile » explique-t-il. Sorte de mentorat qui a été déterminant pour affiner son projet et éviter les pièges classiques de l’entrepreneuriat. « Sans lui, sans le réseau que j’ai construit, sans les échanges avec d’autres professionnels du secteur, j’aurais eu des difficultés pour me lancer ». En parallèle de ses rencontres, il a intégré le programme accélération de Service Compris pour bénéficier d’un accompagnement dédié aux entrepreneurs de la restauration. Une phase cruciale dans son projet « ça m’a permis de rencontrer des gens qui vivaient la même chose que moi, de partager des conseils, et surtout de me sentir moins seul ». Pour Yvan, le réseau est la clé « dans ce secteur, tout le monde est ouvert à l’échange. C’est ce qui m’a permis d’avancer sereinement. ».
« Jamais 2 sans 3 » : un bar à vin généreux et accessible
Résultat de cette aventure ? L’ouverture de « Jamais 2 sans 3 » en janvier 2026, un bar à vin (rue Saint Blaise dans le 20ème) où la convivialité et la découverte sont au cœur de l’expérience. « L’expression évoque pour moi la générosité. En plus de cela nous avons un programme de fidélité : tous les trois passages, une bouteille à -20% ».
Côté vin, pas de hiérarchie entre les bouteilles. « Avant d’ouvrir mon bar à vin, j’ai rencontré une personne qui m’a dit quelque chose de très juste : Il n’y a pas de bon ou de mauvais vin, juste des vins qu’on aime ou pas. « Même si c’est un peu caricatural, c’est l’état d’esprit que je veux insuffler dans ce lieu et dans les produits que je veux proposer à la clientèle. J’ai voulu une carte variée, avec toutes les régions françaises, organisée par profils de vins plutôt que par région ». Pour la partie culinaire, il a travaillé avec un chef consultant, grâce au réseau Service Compris, pour pour s’assurer de proposer une carte à son image et d’être prêt à attaquer directement la partie opérationnel lors du recrutement du cuisinier pour l’établissement”
Ses conseils pour ceux qui veulent se lancer
Pour Yvan, se lancer dans l’entrepreneuriat, surtout dans un secteur aussi exigeant que la restauration, demande une préparation minutieuse et un état d’esprit adapté. « Mon parcours chez Decathlon m’a apporté une solide expérience en gestion, en finance et en management d’équipe, ce qui m’a permis d’aborder certains aspects de mon projet avec plus de sérénité. Par exemple, la gestion des coûts, la gestion et l’animation de projets, étaient des domaines que je maîtrisais. »
Cependant, chaque secteur a ses spécificités et ses défis. « En restauration, les difficultés peuvent venir des aspects administratifs, comme le choix d’un avocat ou la maîtrise des obligations légales, mais aussi de la gestion des imprévus, comme des intempéries ou les problèmes de livraison. Pour surmonter ces obstacles, il est crucial de bien s’entourer. J’ai eu la chance de bénéficier de l’accompagnement de mentors et de professionnels du secteur, ce qui m’a permis d’éviter des erreurs et d’avancer plus rapidement. »
Yvan insiste également sur l’importance de bien préparer son projet de financement « D’abord, il est essentiel de bien préparer son projet financièrement. Avoir un capital de départ permet de rassurer les banques et de limiter les risques. C’est crucial pour démarrer sereinement. ». Enfin, il recommande de gérer son temps et son énergie avec prudence « J’ai choisi de commencer avec un rythme raisonnable et adapté à mon offre. J’ouvre cinq soirs par semaine et deux midis. Cela permet de ne pas s’épuiser dès le départ et de garder du temps pour l’organisation et les imprévus », explique-t-il. Pour lui, la clé réside dans la capacité à s’adapter et à apprendre en permanence, tout en s’appuyant sur son expérience passée et des employés motivés et impliqués pour avancer en confiance.