Peur d’être radié de France Travail, de rater un rendez-vous ou sentiment de ne pas être légitime à prendre quelques jours de repos : chaque été, de nombreux demandeurs d’emploi s’interrogent sur leur droit aux vacances. Une inquiétude qui concerne potentiellement une large partie de la population puisqu’au premier trimestre 2026, le chômage touchait 2,6 millions de personnes en France, soit 8,1% de la population active selon l’Insee.
Cette inquiétude peut s’expliquer par un contexte de pression sociale autour du chômage. Selon le dernier baromètre de l’Unédic publié en décembre 2025 et consacré au regard porté sur l’emploi et le chômage, 41% des demandeurs déclarent subir des reproches au quotidien et 64% disent faire l’objet de suspicions concernant leur recherche « active » de travail.
Pourtant, prendre des vacances lorsqu’on est demandeur d’emploi indemnisé est autorisé, à condition de respecter certaines règles, comme l’indique France Travail à Rebondir.
Un plafond de 35 jours par an
L’établissement public affirme qu’une personne au chômage peut s’absenter tout en restant inscrite à France Travail. « Cette période d’indisponibilité peut être utilisée pour prendre ses congés. Près de 346 000 chercheurs d’emploi ont déclaré une période d’absence en juillet/août 2025 et 313 000 en 2024 », nous indique le service communication de France Travail.
Cette possibilité reste néanmoins encadrée par une limite à ne pas dépasser. « Il ne faut pas s’absenter plus de 35 jours par année civile, soit du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre », précise l’organisme.
Par ailleurs, toute absence de plus de sept jours doit impérativement être déclarée par le demandeur concerné « avant son départ, via son espace personnel ». Sans que ça ne soit obligatoire, les absences plus courtes, de sept jours ou moins, peuvent également être remontées « afin de se prémunir d’une indisponibilité pour se rendre à un rendez-vous par exemple ».
Le versement de l’allocation chômage n’est pas interrompu pendant cette période d’absence. À condition de ne pas dépasser la limite prévue et d’effectuer la déclaration d’absence auprès de France Travail avant de partir.
Des risques de suspension d’allocation
Le dépassement du plafond annuel d’absence peut entraîner une interruption du versement d’une partie des allocations chômage. De la même manière, une absence de plus de sept jours non déclarée avant le départ peut aussi conduire à une suspension des droits, notamment si elle entraîne des absences injustifiées à des rendez-vous.
« La non-déclaration d’une indisponibilité peut entraîner des sanctions pour de multiples raisons : absence non justifiée à un rendez-vous, absence de réalisation du projet professionnel de l’usager pendant ladite période, fausse déclaration pour rester inscrit sur la liste des chercheurs d’emploi ou pour bénéficier des allocations… », énumère France Travail.
Selon l’organisme public, l’erreur qui entraine le plus de suspension d’allocations reste justement l’oubli de déclaration d’absence qui entraine une ou plusieurs absences aux entretiens obligatoires. Il précise néanmoins que les demandeurs sont « systématiquement prévenus de ces rendez-vous, qu’ils peuvent décaler si besoin, et disposent d’un délai pour justifier de leur absence le cas échéant ».
Un changement depuis un an
Dans les faits, le système a légèrement évolué depuis le 1ᵉʳ juin 2025 : une absence isolée à un rendez-vous ne conduit plus mécaniquement à une radiation. L’établissement prend désormais davantage en compte l’ensemble du parcours et les démarches engagées par le demandeur d’emploi, comme l’explique le site Service Public.
En revanche, si cette absence conduit à manquer un rendez-vous, une formation ou d’autres obligations prévues dans le contrat d’engagement, France Travail peut engager une procédure de sanction.
En cas de premier manquement, le demandeur d’emploi s’expose à une suspension de 30 à 100% de son allocation pendant une période d’un à deux mois. En cas de manquements répétés, la sanction peut aller jusqu’à une suspension totale des allocations, voire à une radiation de la liste des demandeurs d’emploi.
Le dispositif prévoit toutefois la possibilité de mettre fin plus tôt à la sanction si le demandeur d’emploi reprend les démarches ou engagements définis avec son conseiller.
« Recherche permanente d’un emploi »
Si cette limite de 35 jours peut sembler stricte, France Travail la justifie par l’obligation de rester disponible pour sa recherche d’emploi. Une personne inscrite doit être « à la recherche effective et permanente d’un emploi », rappelle l’établissement.
Cela implique de pouvoir « rencontrer un employeur, dialoguer avec son conseiller France Travail, être présent en formation, se rendre à tout atelier prévu dans le cadre de son contrat d’engagement… ». C’est pour cette raison que « l’indisponibilité d’un chercheur d’emploi ne peut excéder 35 jours par an », avance l’organisme.
Une exception existe par ailleurs pour les chercheurs d’emploi en formation : leurs congés doivent correspondre aux périodes de fermeture ou d’interruption prévues par l’organisme qui assure la formation.
En pratique, partir en vacances lorsqu’on est au chômage reste donc possible, à condition d’anticiper son départ et de respecter les obligations de déclaration fixées par France Travail. Une possibilité bénéfique l’heure où plusieurs études pointent du doigt le mal-être psychologique des chômeurs.