En 2024, les métiers de la cybersécurité réunissaient 45 000 emplois en France. En 2028, ce total pourrait s’élever jusqu’à 70 000, grâce à une croissance supérieure à 10 % par an et à la création de 25 000 nouveaux postes. C’est l’une des projections réalisées par une récente étude de l’Observatoire paritaire des métiers du numérique, de l’ingénierie, des études et du conseil et des métiers de l’événement (OPIIEC), en partenariat avec l’Opco Atlas. Cette enquête, qui identifie les besoins en compétences, en emplois et en formations en matière de cybersécurité en France, met également en lumière l’évolution de ces métiers et des compétences recherchées, notamment du fait des nouvelles technologies et de la sophistication des cyberattaques.
« Les évolutions numériques, avec la croissance de la digitalisation et l’essor de nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle, imposent de nouveaux besoins de sécurisation des données personnelles et professionnelles. Ces transformations s’inscrivent également dans un contexte géopolitique complexe. Pour répondre à ces enjeux grandissants, cette étude dresse un état des lieux des besoins en emplois, en compétences mais aussi en formations pour relever le défi de créer 25 000 nouveaux postes d’ici 3 ans » explique Sylvain Julhes, membre de l’OPIIEC pour Numéum, le premier syndicat professionnel des entreprises du numérique en France.
Les métiers de la cybersécurité
Parmi les métiers qui seront concernés par les créations de postes projetées par l’étude, quatre grandes familles se distinguent : gestion de la sécurité et pilotage des projets de sécurité (exemple : responsable de la sécurité des systèmes d’information ou RSSI) ; conception et maintien d’un SI sécurisé (exemple : administrateur réseau) ; détection et gestion des incidents et des crises de sécurité (exemple : analyste SOC) ; conseil, service et recherche (exemple : administrateur système).
En matière d’évolution des besoins de compétences, notamment du fait des nouveaux impératifs de protection et de conformité, les métiers d’architecture et de conception, de développement et de mise en production/exploitation sont les plus touchés. En effet, l’étude de l’OPIIEC souligne l’apparition de profils spécialisés sur le marché du travail de la cybersécurité, les métiers émergents correspondant à une expertise pointue et à un vaste éventail de compétences.
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Évolution des compétences et formation
Ainsi, pour les candidats, au-delà des expertises techniques comme la maîtrise des infrastructures cloud, l’application des normes (ISO 27001…) et l’évaluation de la robustesse des systèmes, les soft skills s’avèrent également essentielles. À commencer par la capacité à atténuer les incidents, la compréhension des activités de l’entreprise et la communication efficace. Des besoins très précis qui, dans un contexte de croissance des besoins de recrutement, aboutissent à une situation de pénurie de compétences pour les entreprises de la cybersécurité, qui manquent cruellement de candidats. Un contexte qui pose la question de la formation vers ces métiers, qu’il s’agisse de formation initiale ou d’une reconversion en cours de carrière. À ce jour, plus de 900 formations sont identifiées. Et si les formations continues sont plébiscitées pour maintenir les compétences des professionnels en poste – et favoriser les trajectoires de reconversion – les formations initiales restent la première source de talent (écoles d’ingénieurs et formations spécialisées).
Autre enjeu pour les entreprises de la cybersécurité et pour les métiers du secteur : la féminisation et la diversité en matière de recrutement. Aujourd’hui, les femmes ne représentent que 25 % des effectifs.