Le secteur de l’emploi à domicile s’est réuni les 25 et 26 novembre lors du Salon des services à la personne et de l’emploi à domicile, et de la Silver Economy Expo. L’occasion de présenter plus de 20 000 postes à pourvoir au sein d’un domaine dont les besoins de compétences et de candidats augmentent à vue d’œil. Et pour cause, la Fédération des particuliers employeurs de France dénombre 1,2 million de salariés à domicile employés par 3,4 millions de particuliers. Et elle se projette sur une explosion des besoins, avec six foyers sur dix qui envisagent d’avoir recours à l’emploi à domicile dans les prochaines années et un vieillissement de la population qui devrait générer 170 000 emplois supplémentaires dédiés aux seniors. Soit près de 600 000 postes à pourvoir d’ici à 2035 (assistante maternelle, garde d’enfants, employé familial, soutien scolaire, jardinier, soutien scolaire, garde malade…). Sur ce total, un grand nombre de recrutements se feront sur les métiers de la garde d’enfants, de l’assistance maternelle et de l’aide aux personnes âgées ou handicapées, notamment en remplacement des départs à la retraite. En outre, d’ici à 2035, 1 Français sur 4 devrait être aidant, du fait de la perte d’autonomie qui concerne chaque année de plus en plus de personnes.
Pour répondre à ces besoins, la branche s’engage pour booster l’attractivité de ses métiers. La Fepem a ainsi lancé un plan de professionnalisation pour renforcer les compétences des salariés et améliorer la reconnaissance et la valorisation des métiers des services à domicile. Et la reconversion est également un levier de diversification et d’attractivité, avec déjà un salarié sur trois qui a exercé auparavant dans un autre domaine. À ce jour, le secteur présente un âge moyen de 48 ans et embauche plus de 85 % de femmes. Depuis quelques années, la plateforme franceemploidomicile.fr fournit toutes les informations pratiques et utiles à une carrière ou une reconversion dans les services à la personne.
Le secteur vent debout contre la baisse du crédit d’impôt
Le crédit d’impôt pour les activités de services à domicile (CISAP), principal levier soutenant la croissance du secteur et favorisant les démarches des particuliers employeurs tout en stabilisant les emplois du secteur et leur pérennité, pourrait être raboté. En effet, un amendement a été déposé ce lundi 24 novembre à la commission des finances du Sénat, pour proposer que le taux du crédit d’impôt soit abaissé de 50 % à 45 %, à des fins d’économies dans le cadre du budget 2026 (pour rappel, le crédit d’impôt services à la personne prévoit la prise en charge de 50 % des dépenses engagées pour l’emploi d’un salarié à domicile dans la limite de 12 000 euros par an, soit un avantage fiscal de 6 000 euros par an, ndlr). Une baisse qui menacerait l’emploi dans le secteur, selon ses différentes fédérations, qui ont profité du Salon des services à la personne pour s’y opposer. « Les services à la personne, ce sont des métiers qui accompagnent les personnes fragiles et les plus vulnérables de notre pays. C’est aussi de l’accompagnement de la petite enfance. C’est de l’éducation. Mais c’est aussi le secteur qui permet aux familles de pouvoir aller travailler en toute sérénité, de pouvoir avoir une vie sociale, a affirmé Loïc Bobé, président de la Fédération des entreprises de services aux particuliers, lors d’une conférence de presse spécialement organisée lors du salon. Et ce secteur, clairement, repose sur un pilier fondamental qui est le crédit d’impôt. Le crédit d’impôt, ce n’est pas une niche fiscale. C’est ce qui permet au secteur de pouvoir lutter contre le travail non déclaré. Grâce à ce crédit d’impôt, on est sorti de l’idée des petits boulots, les services à la personne ce ne sont plus des petits boulots. » Même son de cloche du côté de Julie L’Hotel Delhoume, présidente de la Fepem : « La démographie et le vieillissement de la population font que le secteur va avoir besoin de recruter massivement sur l’ensemble du territoire national dans les prochaines années. Il faut donc un dispositif fiscal stable pour favoriser l’emploi. La baisse du crédit d’impôt est une ligne rouge. »