Face aux tensions de recrutement qui persistent dans les secteurs porteurs, France Travail noue des partenariats pour orienter les demandeurs d’emploi et financer des reconversions. C’est le cas avec Transdev, grand groupe du transport public urbain et ferroviaire, depuis 2022. « En 2024, nous avons formé 2 000 personnes aux permis du transport public pour ensuite les recruter, dont 65 % via France Travail et 35 % via l’alternance, explique Caroline Gonin, DRH et directrice RSE du groupe Transdev et également membre du conseil d’administration et présidente de la commission « affaires sociales ferroviaires » de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTPF). Transdev, c’est 30 000 salariés en France et une présence dans 19 pays. Le groupe forme et recrute, comme les autres acteurs des deux branches qui composent l’UTPF : le transport urbain en bus, métro et tramway, et le transport ferroviaire. » Au total, le secteur anticipe un besoin massif de 100 000 embauches d’ici à 2030, notamment au gré de la transition écologique et numérique, et de l’ouverture progressive à la concurrence de certaines lignes ferroviaires ou réseaux urbains. « Pour 2026, les branches prévoient déjà entre 22 000 et 25 000 recrutements. Et si je ne prends que Transdev, nous avons recruté 9 000 personnes en France en 2024″, complète Caroline Gonin.
Pénurie de chauffeurs
Comme dans toutes les branches du transport, les entreprises de transports urbains et ferroviaires manquent de chauffeurs (bus, train, tramway…). Un métier qui incarne l’ampleur des besoins dans la filière. « Dans le ferroviaire, l’essentiel des besoins se concentre sur des postes de conducteur de trains, mais aussi d’aiguilleur ou de professionnel de la maintenance des trains et des voies, précise la représentante de l’UTPF. En ce qui concerne le transport urbain, on recrute aussi massivement sur les métiers de la conduite et de la maintenance et de la mécanique. Et sur la partie infrastructure et exploitation, il y a aussi des besoins en bureaux d’études et d’ingénierie. » Un éventail de besoins qui se traduit par des opportunités de carrière à tous les niveaux de diplômes, avec notamment beaucoup de recrutements au niveau bac. « En termes de profils, nous progressons notamment sur la féminisation, avec 26 % de femmes chez Transdev et 21 % au niveau de la branche. Et nous travaillons aussi la cible des jeunes en début de carrière, ainsi que les profils en deuxième ou troisième partie de carrière. 34 % des travailleurs de Transdev ont 55 ans et plus. Avec donc un focus important sur les reconversions et les personnes éloignées de l’emploi, grâce notamment aux formations post embauche », ajoute Caroline Gonin.
Attirer les candidats
Pour améliorer l’attractivité des métiers du secteur, la filière entretient son programme « Transformeurs », qui vise trois objectifs : « donner envie aux candidats de nous rejoindre, renforcer l’orientation et la formation pour faciliter l’entrée et les reconversions, et recruter et fidéliser les salariés ». C’est là tout l’enjeu pour les entreprises du transport urbain et ferroviaire : redorer l’image de leurs métiers parfois délaissés par les candidats, comme l’explique la DRH de Transdev : « L’organisation du travail est un point qui peut effrayer certains candidats qui ont une méconnaissance du secteur, les journées peuvent démarrer tôt et finir tard, il y a du travail le week-end parfois. Et on relève aussi des difficultés liées aux incivilités des usagers. Mais les choses évoluent partout dans la branche, et chez Transdev nous sommes en train de tester une nouvelle façon d’organiser les temps de travail en interrogeant d’abord les salariés et les conducteurs sur leurs préférences et leurs souhaits. Et concernant les incivilités, il y a de plus en plus de ressources de formation et de sensibilisation qui sont proposées aux salariés par les grands groupes. »
Sur un ton plus positif, les métiers du transport urbain et ferroviaire peuvent aussi attirer des profils en quête de sens : « Beaucoup de conducteurs nous rejoignent parce qu’ils aiment conduire, et on nous évoque aussi souvent la dimension d’utilité sociétale et l’aspect environnemental lié au transport collectif et aux énergies propres. » Toutes ces opportunités de reconversion et de carrière, ainsi que les innovations à l’œuvre dans le secteur seront notamment à découvrir lors des Rencontres nationales du transport public, qui se tiendront du 4 au 6 novembre à Orléans.