À l’heure de l’IA générative et des nouvelles tendances de recrutement, la rédaction d’une lettre de motivation classique tend à ne plus compter parmi les réflexes immuables des candidats. Bien que, selon une étude de monCVparfait, 88 % des demandeurs d’emploi pensent que joindre une lettre de motivation améliore leurs chances de décrocher un entretien. Dans les faits, une lettre bien rédigée et imprégnée de la personnalité du candidat reste un facteur qui peut faire la différence, comme l’affirme Chloé Ngassa, coach en recherche d’emploi et fondatrice de JobMentor : « Le cœur du problème que je constate aujourd’hui, ce n’est pas le fait que la lettre de motivation soit moins importante qu’auparavant. Le vrai enjeu, c’est la façon dont on rédige sa lettre. Forcément, pour un recruteur, si les lettres qu’il reçoit sont des copier-coller sans substance et sans personnalité, ce n’est pas intéressant. Je pense que cela reste indispensable dans le cadre d’une bonne candidature, le meilleur moyen de témoigner de son intérêt et de sa motivation avant l’entretien. Qu’on nous la demande ou non, je conseille toujours de le faire. Ce peut même être un moyen de se distinguer, parmi d’autres candidats n’ayant pas fait cet effort. »
Des métiers gourmands en lettres de motivation
Pour analyser les tendances de fond, ainsi que l’utilité de la démarche, la plateforme de création de CV en ligne Zety a analysé plus de 450 000 lettres créées par ses utilisateurs dans son étude Lettres de motivation : le top 10 des métiers en 2025. L’objectif : découvrir quels métiers incitent le plus souvent à la rédaction d’un document de motivation. Outre les candidatures à des stages, qui réunissent le plus de lettres créées, les métiers qui ressortent sont : employé polyvalent, aide-soignant, préparateur de commandes, serveur en restauration, chauffeur-livreur, assistant administratif, assistant de direction, conseiller de vente et vendeur en magasin. Un top 10 qui souligne que, loin d’avoir disparu, l’habitude de la lettre persiste notamment beaucoup dans « les métiers opérationnels, d’exécution ou en contact direct avec la clientèle ». L’étude de Zety souligne que son importance se confirme particulièrement dans trois « périmètres » professionnels : les jeunes recrues et le premier emploi, les fonctions administratives et les métiers en tension.
Se différencier
Concernant les jeunes candidats, néoarrivants sur le marché du travail et sans expérience, se démarquer et démontrer sa motivation et la valeur de son profil n’est pas chose aisée. « La lettre de motivation leur offre alors l’occasion de mettre en valeur leur parcours, de présenter leurs projets et de préciser ce qu’ils peuvent apporter à l’entreprise », affirme l’étude. Un postulat confirmé par les chiffres : 65 % des jeunes candidats (15 à 29 ans) joignent une lettre à leur candidature, contre 56 % des candidats confirmés (30 à 45 ans).
Ce levier de différenciation est donc également valorisé dans les métiers en tension (préparateurs de commandes, aides-soignants, chauffeurs-livreurs), pour lesquels il apparaît même encore incontournable du fait du volume des recrutements et de la similarité des profils embauchés. Il en va de même dans les fonctions administratives, où le document met en avant la capacité à rédiger avec clarté et à structurer ses idées ; ainsi que des postes à fortes interactions humaines comme dans la restauration, la vente ou le médical.
C’est justement l’importante concurrence sur le marché de l’emploi et la tension de certains secteurs qui peuvent donner tout son sens à la rédaction d’une lettre pour se démarquer. Et ce, notamment pour les profils en reconversion, dont le CV peut manquer d’arguments ou d’éléments concrets à faire valoir vis-à-vis de la fiche de poste. Pourtant, seuls 36 % des candidats prennent le soin de personnaliser leur lettre.