Emploi

Recherche d’emploi : comment savoir si une entreprise est vraiment faite pour vous ?

En recherche d’emploi, on passe beaucoup de temps à préparer ses entretiens pour convaincre les recruteurs. On s’interroge moins souvent sur ce qui nous attend une fois embauché. Pourtant, un poste peut sembler idéal sur le papier et se révéler décevant au quotidien. Avant d’accepter une offre, mieux vaut donc chercher à comprendre comment fonctionne l’entreprise, quelle place elle laisse à l’autonomie et comment travaillent les équipes.

Dans un marché de l’emploi tendu, il peut être difficile de se montrer exigeant envers une entreprise qui recrute. Pourtant, travailler avec un manager ou des collègues dont on ne partage pas la vision du travail peut vite devenir pesant. Et puisque nous passons une grande partie de notre temps au travail, mieux vaut prendre cette question au sérieux avant de s’engager.

Commencer par connaître sa façon de travailler

Avant de comparer les entreprises, il faut savoir dans quel environnement on se sent bien. J’aime distinguer quatre grands types de cultures d’entreprise : l’innovation, la compétition, l’organisation et la collaboration. Cette grille, que j’ai découverte grâce à AssessFirst, repose sur deux axes : la flexibilité ou le contrôle, et les relations ou les résultats.

Personnellement, j’ai besoin d’un cadre flexible, tourné vers les résultats. Si l’on me demande de suivre un processus uniquement parce que c’est la règle, je sais que je risque de mal le vivre. D’autres personnes préfèrent avoir des consignes précises et des méthodes structurées.

Certains aiment travailler en équipe, discuter des sujets et construire des projets collectivement. D’autres s’épuisent à passer leurs journées en réunion. Une personne qui apprécie les règles et les habitudes de travail bien établies sera peut-être plus à l’aise dans un grand groupe que dans une start-up de quatre personnes où tout change en permanence.

Avant de postuler, je conseille de réfléchir aux conditions dans lesquelles on travaille le mieux. A-t-on besoin d’autonomie ou d’un cadre précis ? Préfère-t-on des journées relativement prévisibles ou des missions qui évoluent régulièrement ? On peut ainsi mieux cibler les entreprises auxquelles on souhaite envoyer sa candidature.

Poser les bonnes questions pendant les entretiens

Une question que j’aime poser à un futur manager est : « Qu’est-ce qui vous ferait dire, dans un an, que vous avez fait le bon choix en me recrutant ? » Certains vont parler de l’intégration dans l’équipe, d’autres de résultats chiffrés ou du respect des procédures. Le vocabulaire employé en dit déjà beaucoup sur ce qu’ils valorisent au quotidien.

Je recommande aussi de leur demander comment ils aiment communiquer avec leur équipe. Attendent-ils une grande autonomie ou préfèrent-ils organiser des points réguliers ? Si vous avez besoin d’échanger chaque semaine avec votre responsable et que celui-ci souhaite être sollicité le moins possible, vous risquez de ne pas être à l’aise. Les difficultés entre un manager et son collaborateur viennent parfois simplement de façons de travailler incompatibles.

Les valeurs affichées par l’entreprise méritent également quelques questions. Une organisation qui met en avant l’excellence accordera probablement beaucoup d’attention aux détails. Une autre qui privilégie la rapidité acceptera peut-être plus facilement qu’un travail ne soit pas toujours parfait.

Pour vérifier comment ces valeurs se traduisent au quotidien, demandez au recruteur de raconter une situation récente dans laquelle elles ont été mises en pratique. Si votre interlocuteur réfléchit plusieurs minutes sans trouver d’exemple, elles sont peut-être surtout là pour faire joli sur les murs.

J’aime aussi demander aux ressources humaines ce qui leur plaît dans le fait de travailler dans cette entreprise. Les réponses sont souvent plus personnelles que le discours habituel sur les valeurs de l’organisation.

Enfin, il faut s’autoriser à être soi-même pendant l’entretien. À vouloir absolument convaincre, certains candidats finissent par donner une image qui ne correspond pas vraiment à leur personnalité. Parler franchement de ce qui nous motive et de notre manière de travailler aide aussi notre interlocuteur à savoir si la collaboration pourra fonctionner.

Écouter son instinct et repérer les signaux d’alerte

Pendant une recherche d’emploi, on peut avoir tellement envie que les choses fonctionnent qu’on minimise certains comportements qui nous ont pourtant dérangés.

Prenons un manager qui arrive avec quinze minutes de retard à l’entretien sans s’excuser. Cela peut arriver, mais il faut se demander si l’on accepterait qu’il se comporte régulièrement ainsi au travail. Si cette attitude nous a déjà mis mal à l’aise pendant le recrutement, elle risque de nous peser au quotidien.

Je conseille de noter ces moments et de chercher à comprendre ce qui nous a dérangés. Il faut ensuite se demander si l’on serait prêt à vivre de telles situations régulièrement.

Le contexte du recrutement mérite aussi d’être creusé. Pourquoi le poste est-il ouvert ? S’agit-il d’une création ou d’un remplacement ? Combien de temps les salariés restent-ils généralement dans cette fonction ? Si les réponses sont vagues, n’hésitez pas à demander des précisions.

Il faut aussi apprendre à laisser des silences. Les candidats stressés ont souvent tendance à vouloir les combler, alors qu’ils peuvent encourager leur interlocuteur à en dire davantage.

Les avis publiés sur Glassdoor sont une autre source d’information. Je recommande surtout de repérer les remarques qui reviennent régulièrement, sans les considérer comme des vérités absolues. Une forte pression sur les résultats ou des changements permanents peuvent être pénibles pour certains salariés et stimulants pour d’autres. Ces témoignages donnent des pistes à approfondir pendant les entretiens.

Rencontrer les équipes avant de s’engager

Je recommande vivement de demander à échanger avec un futur collègue, idéalement quelqu’un qui exerce le même métier. Ce n’est pas toujours proposé pendant les recrutements, mais cela devrait presque être systématique.

Un café informel permet de découvrir à quoi ressemble une semaine type, quels sont les rituels de l’équipe et comment les collaborateurs sont évalués. Il est également possible de contacter d’anciens salariés sur LinkedIn. Ceux qui ont quitté l’entreprise seront parfois plus libres de raconter leur expérience et d’indiquer les sujets qu’il faudrait approfondir.

Autre conseil : essayez de visiter les locaux avant d’accepter une offre. Personne n’achèterait un appartement sans l’avoir visité ! Pourtant, certains candidats signent un contrat sans avoir rencontré leurs futurs collègues ni vu l’endroit où ils travailleront.

Quand les entretiens se déroulent en visioconférence, on peut proposer un dernier échange en présentiel. Même après avoir reçu une offre, il est possible de demander à rencontrer l’équipe avant de donner sa réponse.

Sur place, regardez comment les salariés interagissent. Se saluent-ils dans les couloirs ? Ont-ils l’air stressés ou détendus ? Comment êtes-vous accueilli ? Ce sont autant d’indices à prendre en compte, même si une visite ne suffit évidemment pas à tout savoir.

Votre ressenti après l’entretien compte aussi. Si vous en ressortez enthousiaste, avec l’envie d’appeler un proche pour lui raconter, essayez de comprendre pourquoi. Peut-être avez-vous apprécié la personnalité du manager, sa façon de communiquer ou ce qu’il vous a raconté de son équipe. Ces impressions peuvent vous aider à préciser ce que vous attendez d’un employeur.

Avant de signer, faire le point sur ses priorités

Quand on a un crédit à rembourser ou un projet immobilier, retrouver rapidement un revenu peut être la priorité. On peut alors accepter un poste qui ne correspond pas parfaitement à ses aspirations, en sachant que l’on fait certains compromis pour des raisons financières.

Encore faut-il mesurer ce que cela implique. S’investir dans une nouvelle entreprise, puis repartir quelques mois plus tard, demande beaucoup d’énergie. Et quand on travaille à temps plein, il est souvent difficile de poursuivre ses recherches.

Avant de signer, je conseille de repenser aux échanges avec son futur manager. Comment me suis-je senti en sa présence ? Comment est-ce que j’imagine notre collaboration au quotidien ? Sa manière de communiquer me convient-elle ? La culture de l’entreprise correspond-elle à ma façon de travailler ? Ai-je pu échanger avec un futur collègue pour comprendre la réalité du poste ?

Si les réponses ne sont pas satisfaisantes, on peut choisir de poursuivre ses recherches, à condition que sa situation le permette. On peut aussi accepter les défauts de l’entreprise pour un temps, parce qu’on a d’autres priorités. L’important est de savoir ce que l’on est prêt à accepter.

Profiter de la période d’essai pour confirmer son choix

La période d’essai fonctionne dans les deux sens. L’entreprise vérifie que le salarié correspond au poste, mais celui-ci découvre aussi si son nouvel environnement lui convient.

Pendant les deux premiers mois, on bénéficie de ce que j’appelle la « carte du nouveau ». Quand on vient d’arriver, il est généralement plus facile de proposer un café à ses collègues et de les interroger sur leur quotidien.

J’aime poser trois questions : « Sur quoi travailles-tu ? », « Si tu avais une baguette magique, que changerais-tu pour faciliter ton travail ? » et « Quel est ton meilleur conseil pour quelqu’un qui vient d’arriver ? »

Cette dernière question est révélatrice. Si l’on vous conseille de faire profil bas et de ne pas faire de bruit, cela peut en dire long sur le fonctionnement de l’entreprise.

Et si l’on réalise pendant la période d’essai que cet environnement ne nous correspond pas, décider de partir ne doit pas être vécu comme un échec.

Je suis convaincue qu’un professionnel au bon endroit fait rayonner aussi bien la personne que l’entreprise. Des environnements qui correspondent à notre manière de travailler existent, et cela vaut la peine de faire l’effort de les trouver.

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