En Europe, la France est le premier pôle de recrutement dans les métiers de la défense, avec 43 % du total des offres, selon une récente analyse de la plateforme d’emploi Indeed. Et pour cause, notamment depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022, les investissements des pays de l’UE dans la défense augmentent (de 1,3 % du PIB en moyenne à 1,6 % en 2025 et 2026 selon les prévisions). Une dynamique qui se traduit par des créations nettes d’emplois, dans le domaine public (armée de l’air, marine nationale, armée de l’air et de l’espace, gendarmerie…) comme dans le domaine privé : en 2023, l’emploi direct dans les industries européennes de l’aéronautique et de la défense a augmenté de 8 % pour dépasser le million de postes, avec près de quatre millions d’emplois soutenus dans l’ensemble du secteur. Et la tendance devrait se maintenir dans les prochaines années, avec en France la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 qui prévoit une augmentation des investissements pour la défense.
Un secteur porteur
Preuve du dynamisme de l’industrie de la défense : selon Indeed, le nombre d’offres d’emploi publiées par les grandes entreprises européennes de défense a progressé plus rapidement que le nombre total d’annonces. Ainsi, en avril 2025, le volume d’offres dans la défense est 45 % au-dessus de son niveau de 2021, tandis que le marché global se situe 2 % en dessous de ce seuil de référence. Une dynamique notamment portée par les grandes entreprises françaises du secteur (Dassault Aviation, Thales, Naval Group, CEA…).
En matière de besoins de candidats, les recrutements se concentrent principalement dans les fonctions de l’ingénierie et du génie industriel (19 % des offres européennes) ,de l’informatique (12 %) et du management (11 %). Parmi les postes clés, les ingénieurs et les développeurs interviennent tant pour gérer des systèmes complexes (avions, navires, radars, réseaux de communication) qu’en matière de R&D dans des domaines de pointe (imagerie satellitaire, cybersécurité, navigation sécurisée, observation spatiale). Après ces trois premières fonctions, les recrutements se concentrent également sur la production et la fabrication (6,5 %), la maintenance et la réparation (5,8 %), et l’administration système et réseaux (4,1 %). Des opportunités de carrière et de reconversion qui peuvent donc concerner des profils type bac +5 et expérimentés, mais aussi des profils moins qualifiés ou plus juniors.
Opportunités dans le public
Si les grandes entreprises françaises de la défense recrutent massivement, à l’instar de Thales Group, le domaine public est également un grand pourvoyeur d’emploi dans le domaine. Le seul ministère des Armées recrute ainsi, en moyenne, 26 000 jeunes, militaires et civils par an. Et ce au niveau infra bac (militaire de rang), bac et bac +2 (sous-officier) et au-delà (officier), avec un accent mis sur la progression de carrière via la formation et la promotion interne aux différents corps d’armée. A noter que le ministère des Armées emploie également du personnel civil : fonctionnaires, ouvriers de l’État, agents sur contrat… Avec près de 4 000 embauches par an, les agents civils représentent ainsi près de 25 % des effectifs dans des domaines variés (cyberdéfense, mécanique, ressources humaines, santé, environnement…) et à tous niveaux de diplôme. La plateforme consacrée au recrutement au ministère des Armées fournit plus d’informations et oriente vers les différents sites emploi de chaque force et corps d’armée.