Reconversion : comment devenir coach ?
Reconversion

Reconversion : comment devenir coach ?

Accompagner les gens dans leurs problématiques de vie personnelle ou professionnelle… Un très beau métier qui séduit de plus en plus de personnes en reconversion. Très concurrentielle, l’activité de coach est aussi source de beaucoup de fantasmes. Les conseils de nos experts et les témoignages de coachs installés vous permettront de vérifier que ce métier est bien fait pour vous, puis de vous lancer.

C’est un secteur en plein essor. 15 000 coachs professionnels seraient en activité. Les raisons d’un tel engouement ? “Les gens ont un grand besoin de sens, de lien, de contact, d’avoir un métier utile, de faire du bien dans un monde qui ne va pas très bien”, avance Caroline Averty, codirigeante du cabinet Oser rêver sa carrière et coauteure d’Accompagner les transitions professionnelles, le guide pour les coachs, consultants et RH (Vuibert). Apparu en France dans les années 90, le métier fascine : “Il suscite de nombreuses vocations, souvent en deuxième partie de parcours. Il n’y a pas de profils types, si on a l’appétence et les qualités, c’est une reconversion ouverte à beaucoup de gens.” À tel point que, depuis quelques années, c’est l’explosion. Le coaching se décline désormais sous différentes formes : coaching professionnel, coaching de vie, parental, love coaching, d’entrepreneuriat, sportif… Les offres de formations ont également pullulé. “Il y a à boire et à manger, prévient Caroline Averty. Le métier est fantasmé, mais il n’est pas fait pour tous. Ce n’est pas facile, il y a beaucoup de concurrence, il faut en avoir conscience avant de se lancer. »

Commencer par une introspection ?

Pour éviter de succomber à un effet de mode, un temps d’introspection est nécessaire avant même de rechercher une formation. “Pourquoi voulez-vous devenir coach ? », interroge Caroline Averty. Objectif : s’assurer de ne pas le devenir pour de mauvaises raisons comme satisfaire son ego ou un besoin d’être aimé… « On ne devient pas coach par hasard et c’est à questionner, décrypte Marjorie Llombart, coach d’entrepreneurs et coauteure de Je développe mon activité de coaching, le guide complet pour se lancer et trouver ses premiers clients (Eyrolles). Entreprendre un travail sur soi est une condition sine qua non de l’exercice du métier de coach.

Ce travail va d’ailleurs se poursuivre tout au long de l’exercice du métier, avec la supervision,dimension intégrante de la pratique ducoaching. “C’est essentiel d’être accompagné soi-même, de travailler sur ses freins, ses failles, ses zones d’ombre, sinon, il existe un gros risque de miroir avec la personne coachée, poursuit Caroline Averty. Si vous n’avez pas confiance en vous, que vous n’êtes pas bien formé, bien supervisé, vous risquez de faire des dégâts auprès de gens qui vous font confiance. »

S’il n’existe pas de profil type pour devenir coach, des qualités humaines sont bien évidemment nécessaires. Parmi elles : l’ouverture à l’autre, la tolérance, l’écoute active… Qui dit coaching dit aussi se retrouver confronté aux émotions des autres, à leur souffrance etêtre capable, une fois la séance terminée, de ne pas ramener ces émotions à la maison.

Valider son projet professionnel

Une fois ses motivations interrogées, place au bilan. “La majorité des coachs étant à leur compte, est-on prêt à changer de métier et de statut ?”, questionne Marjorie Llombart. Puis, vient l’étape de l’enquête métier : aller rencontrer de nombreux coachs en exercice. “Qu’est-ce que vous aimez dans votre métier ? Quelle est votre journée type ? Votre formation ? Comment avez-vous trouvé vos clients ? Combien gagniez-vous au début ? Et aujourd’hui ?”, détaille Caroline Averty. Attention également à bien mesurer la casquette commerciale et marketing qu’il faudra endosser pour se faire connaître. « Des coachs sans clients, j’en connais beaucoup”, alerte Marjorie Llombart. C’est la question qui taraude d’ailleurs tous les coachs en : comment se faire une place ? Le conseil de la coach ? Suivre, en plus de sa formation de coaching, un module spécialisé en lancement d’activité.

Trouver sa formation

Une formation de coachingcoûte cher, entre 4 000 et 10 000 euros.Nos deux coachs recommandent uneformation longue. L’idéal, pour MarjorieLlombart ? Choisir une formation de basegénéraliste, que l’on pourra enrichir plustard avec une approche plus spécialiséesur la PNL, l’analyse transactionnelle ouencore la systémie. “L’important, c’est de s’assurer qu’elle forme à une posture de coach et pas uniquement à des outils »,souligne-t-elle. Autres critères, pour lacoach : vérifierque l’enseignement est dispensé enprésentiel, que c’est un corpus de professeursqui enseigne et pas un seul professeur. “Assurez-vous aussi que la supervision est incluse dans la formation et que celle-ci demande que le futur coach soit en travail thérapeutique à côté”, ajoute-t-elle. Demander des avis sur la formation à d’anciens élèves constitue également un bon moyen de se faire une idée du sérieux d’une formation.

Se lancer et durer

Un écueil fréquent ? À peine la formation terminée, démarrer d’autres certifications afin de pallier ce sentiment d’illégitimité que les nouveaux coachs sont nombreux à ressentir. “Quand on a appris à nager, il faut plonger. Il faut y aller et coacher, coacher, coacher, il n’y a que cela qui va renforcer son sentiment de légitimité”, recommande Marjorie Llombart. Ses premiers clients, un coach, comme tout entrepreneur, va les trouver dans son réseau. D’où l’importance de faire savoir qu’on se lance, de bien déterminer quel public on vise – les personnes en souffrance au travail, en reconversion professionnelle, les femmes, les managers, les personnes en début ou fin de carrière -, et de communiquer en fonction. “Avoir un joli site Internet ne suffit pas à avoir des clients. Cela fonctionne par capillarité : ce sont vos premiers coachés qui vont vous recommander”, explique Caroline Averty. Autre piste pour trouver des clients : travailler avec des cabinets de conseil qui font appel à des coachs en freelance. L’important ? Ne pas baisser les bras quand on ne sera pas choisi. “Lorsqu’on commence à douter, on appelle son superviseur, conclut Caroline Averty. C’est un métier où l’on est au service des autres, l’ego doit être bien maîtrisé.”

Ajouter un commentaire

Votre adresse IP ne sera pas collectée Vous pouvez renseigner votre prénom ou votre pseudo si vous êtes un humain. (Votre commentaire sera soumis à une modération)