De nombreux freins, liés à la perte d’un certain confort de vie ou d’une belle étiquette sociale, peuvent décourager les plus motivés. C’est particulièrement vrai lorsque le métier en question a nécessité de longues études et/ou qu’il revêt – dans l’esprit collectif – une certaine noblesse. Les concernés évoquent en effet souvent la crainte de se déclasser aux yeux des autres. De « rétrograder » socialement.
Résultat :
- On laisse les aspects confortables (valorisation sociale, standing de vie, etc.) prendre le dessus sur l’inconfort et le regard des autres sur nos propres désirs ;
- Le poids et la pression sociale prennent le pas sur la volonté individuelle ;
- On prend peur et on s’enlise dans une situation professionnelle que l’on vit pourtant mal ou qui ne nous correspond plus ;
- On s’oublie, en prenant le risque de vivre à contre-courant de nous-mêmes. En sur-effort et sur-adaptation permanents. S’affranchir de ce qui est perçu comme socialement valorisé, ou se départir d’une lignée familiale au sein de laquelle le métier se transmet sans même que l’on s’en rende compte, réclame beaucoup de courage, une grande détermination et beaucoup d’autoprotection pendant le processus d’introspection et de transition.
S’affranchir de la pression pour mieux se retrouver
Cela passe notamment par :
- La rétention de certaines informations durant cette phase, pour s’éviter les phrases parfois maladroites, moqueuses ou toxiques. Se protéger des « autres », ne serait-ce que provisoirement, pour se recentrer et s’assurer de faire le bon choix est important lorsque l’on envisage un changement de v(o)ie. C’est s’assurer de ne pas être pollué par les ondes négatives et – surtout – de suivre ses envies et non celles d’autrui.
- L’émancipation des projections sociales ou familiales. Les reconversions professionnelles prennent fréquemment racines dans des “non-choix” initiaux. Après cinq ans, dix ans ou quinze dans une profession non vraiment choisie, la prise de conscience arrive. Ce type de carrière prestigieuse, mais artificiellement amorcée par loyauté familiale, pour satisfaire et ne pas contrarier les espoirs parentaux ou la lignée familiale, nous explose parfois à la figure à l’âge adulte, lorsque l’on se connaît mieux et que l’on comprend que l’on n’a pas pris la bonne direction. Que l’on ne se sent pas à la bonne place, au bon endroit. Nous avons tous un héritage familial ayant pesé d’une façon ou d’une autre sur nos choix de vie, consciemment ou inconsciemment. Si cette empreinte familiale peut se révéler positive, elle peut parfois être lourde à porter, notamment lorsqu’elle réduit notre champ d’horizon professionnel en nous enfermant dans une cage dorée ne correspondant pas à nos envies et à notre identité profonde.