Voici une compétence aujourd’hui fondamentale en entreprise, où les relations interpersonnelles sont nombreuses. « L’intelligence situationnelle est encore plus importante avec l’essor de l’IA, estime la coach Ophélie Ayouaz. Elle permet de faire preuve d’agilité dans une situation, de comprendre un contexte donné dans une entreprise, ce ne sait pas faire l’IA, qui n’a pas de contexte.«
Anticiper le changement
Cette intelligence va de pair avec la notion d’adaptabilité, qui apparaît comme la première compétence à développer face à l’intelligence artificielle, selon le cinquième baromètre des soft skills de Lefebvre Dalloz Compétences. 63 % des professionnels des ressources humaines estiment que la capacité d’adaptation est importante pour répondre à la montée en puissance de l’IA. Et pour cause : « L’IA va exiger de l’agilité de la part des collaborateurs pour intégrer les changements intervenant dans l’organisation, pour apprendre à utiliser les nouveaux outils, voire pour envisager une évolution professionnelle.«
Un constat que partage le conférencier Jérôme Hoarau, qui met également en regard cette adaptabilité avec l’usage même des IA. « Aujourd’hui, les évolutions des IA sont tellement rapides qu’il devient essentiel de se projeter rapidement, d’anticiper le changement et de réfléchir différemment pour s’adapter et apprendre à utiliser ces outils« , précise-t-il.
Savoir prendre du recul
Cela implique également de savoir se remettre en question, d’accepter de ne pas tout savoir et de rester ouvert aux évolutions. « L’IA pousse à prendre du recul sur soi, à comprendre comment on fonctionne, comment on apprend et comment on progresse. Les métiers évoluent vite et les personnes qui réussissent le mieux dans ce contexte sont celles qui savent observer leurs propres forces, leurs limites et adapter leur manière de travailler », estime Jérémy Lamri, fondateur de l’association « Les Émergences ».
Cette capacité à se questionner permet aussi de prendre conscience de son aptitude à s’approprier de nouvelles compétences. « En adoptant un état d’esprit de croissance, les collaborateurs acquièrent de nouvelles connaissances et compétences, notamment sur les IA génératives, estime Ophélie Ayouaz. Celui qui ose dire : ‘Je ne sais pas utiliser l’IA, comment puis-je développer des compétences ?’ pourra être accompagné pour faciliter cette transition. » Une vision partagée par la philosophe Laura Lange : « Savoir s’adapter, c’est l’art de savoir se tenir à la page. Ceux qui continueront de se former aux nouveaux usages resteront des experts dans leur domaine. »
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