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Difficultés de recrutement : comment le gouvernement veut aider la formation des salariés et des chômeurs

, par Fabien Soyez

Avec la reprise, les difficultés de recrutement sont redevenues le principal obstacle à la croissance des entreprises. Face à cette pénurie de main-d’œuvre, le gouvernement a mis en place un “Plan compétences”, axé sur l’aide à la formation des demandeurs d’emploi et des salariés des PME.

La guerre contre le manque de main-d’œuvre est déclarée : comme le montre une étude de BPI France et Rexecode, la trésorerie des entreprises s’est améliorée avec la reprise, mais les difficultés de recrutement redeviennent la première préoccupation des dirigeants. En effet, les employeurs restent confrontés à une pénurie problématique de candidats, en particulier dans l’industrie, les services et le BTP. À tel point qu’en juillet, la Banque de France alertait sur le fait que le principal frein à la croissance cette année ne serait pas le variant Delta, mais les difficultés de recrutement.

Face à cette situation, le “Plan d’investissement dans les compétences” (PIC) présenté le 27 septembre par le gouvernement, prévoit la mobilisation par l’État de 1,4 milliard d’euros, sur 15 mois, afin de financer des centaines de milliers de formations supplémentaires.

 

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Des formations en immersion pour les chômeurs de longue durée

Le “Plan compétences”, axé sur la formation professionnelle, vise deux publics : les chômeurs, et les salariés. Le gouvernement a d’abord débloqué 800 millions d’euros pour accompagner 1,4 million de demandeurs d’emploi de longue durée (DELD), de préférence à travers des parcours en immersion dans les entreprises. Objectif : permettre aux chômeurs sans activité depuis 2 ans ou plus de retrouver un emploi dans une période de 6 mois. Pôle emploi expérimentera un dispositif de “remobilisation” des DELD, constitué de séquences de formation collectives, mais aussi d’une mise en relation étroite avec les entreprises, dans l’optique d’un recrutement via l’alternance. Toute embauche en contrat de professionnalisation devrait être assortie d’une prime de 8 000 euros en 2022. En coopération avec les régions, le gouvernement a indiqué qu’il compte privilégier les formations “en immersion” menant aux métiers en tension, dans la construction ou l’industrie notamment.

 

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350 000 formations pour les salariés des PME

Le gouvernement a aussi débloqué 600 millions d’euros pour développer les compétences de 350 000 salariés de PME. L’objectif est double :  répondre aux besoins immédiats de compétences dans ces entreprises qui ont été écartées des fonds de formation mutualisés depuis la réforme de 2018 ; mais également anticiper les éventuelles difficultés que pourraient leur poser les transitions écologique et numérique en cours. Les 600 millions d’euros, qui prendront la forme d’une rallonge dans les crédits du FNE-formation, devraient permettre de financer 50 000 formations longues (400 heures en moyenne) et 300 000 courtes (40 heures).

Sur les 1,4 milliard d’euros de plus mis sur la table par le gouvernement, les deux tiers (900 millions) proviennent de l’enveloppe des aides d’urgence, dont les montants prévus pour 2021 n’ont pas été entièrement consommés. Sur les 800 millions d’euros consacrés à la formation des DELD, 240 millions seront dédiés à la prime à l’embauche en contrat de professionnalisation.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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