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Déconfinement : comment bien préparer sa reconversion

, par Fabien Soyez

Le déconfinement est en cours, mais pour les salariés désirant bouger, il s’agit encore d’un “temps suspendu”. Car le retour à la normale de l’économie n’est pas pour tout de suite. Comment mettre en œuvre un projet de reconversion dans ces conditions ? Les conseils de Patricia Gleville, coach Yapuka.

En quoi le confinement a-t-il pu être l’occasion de préparer un projet de reconversion ?

Avant la crise du coronavirus, il y avait déjà de nombreuses personnes qui avaient l’idée de se reconvertir. Une personne sur deux, en France, aimerait changer de poste, de secteur, voire d’emploi ; il s’agit d’une réalité qui pré-existait au Covid-19. Bien souvent, par contre, beaucoup de projets de reconversion étaient mis de côté ou restaient un doux rêve, en raison de la frénésie du quotidien. Pendant le confinement, de nombreux demandeurs d’emploi ou salariés en poste ont réfléchi sur leur carrière et leurs aspirations. Ainsi, après un temps dédié à l’urgence de la crise, pendant lequel ils sont restés dans l’attente, ils ont fini par profiter de cette période pour se remettre en question et faire réellement le point sur leurs projets. Certains ont fait des recherches sur internet, sollicité leur réseau et contacté des coachs (notamment chez Yapuka).

Le confinement a donc été un vrai temps d’introspection et de préparation pour tous ceux souhaitant changer de voie. Selon une étude YouGov pour Monster publiée mi-mai, suite à la pandémie, 55 % des Français se questionnent désormais sur le sens de leur travail, voire son utilité.

Il y aura probablement dans ces prochains mois, un grand nombre de reconversions, beaucoup plus qu’autrefois. Depuis le confinement, les entreprises ont davantage besoin de collaborateurs agiles, empathiques et pro-actifs. Parallèlement, les salariés eux-mêmes, notamment les cadres, ont découvert les avantages du télétravail, dès lors qu’il s’exerce dans de bonnes conditions : horaires plus souples, environnement calme, autonomie, moins de temps perdu dans les transports… Ils veulent plus de sérénité ; un travail qui leur apporte du bien-être, notamment psychologique. Pour cela, il doit être porteur de sens. Avoir un impact positif sur le monde et sur les collaborateurs.

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Que faire, maintenant que nous sommes dans la dernière phase du déconfinement ?

Les projets de reconversion entrent à présent dans le concret. Pour ceux qui sont déjà en poste dans une entreprise, il existe de nombreux dispositifs d’accompagnement et de formation, du CPF au CEP (conseil en évolution professionnelle), en passant par le Projet de Transition Professionnelle (PTP) ; mais qu’ils méconnaissent peut-être encore, ou n’ont jamais examiné. À eux de s’y plonger et de les utiliser, dès maintenant.

Même début juin, la majorité des cadres et des salariés ne sont pas encore retournés dans leur bureau. Il s’agit d’un temps suspendu. Le confinement n’appartient pas encore totalement au passé, de même que les craintes et les peurs. Mais la vraie reprise se profile. Il est donc encore temps de prendre rendez-vous avec son responsable RH pour solliciter une formation (payée tout ou partie par l’entreprise) ou un entretien professionnel, et de réaliser un bilan de compétences. L’idée est d’être pro-acteur, de faire ses recherches et de profiter de ce que l’entreprise peut apporter.

Des coach peuvent aussi les aider à prolonger leur introspection : quel est leur état d’esprit et leur regard face à leur travail actuel, quels sont leurs besoins, quel est leur “ikigaï” (l’équilibre entre ses qualités, son objectif en matière de rémunération, et ce que l’on recherche en terme de sens, de valeurs et de reconnaissance).

Enfin, pourquoi ne pas contacter son propre réseau interpersonnel, des anciens collègues aux ex-camarades de promotion de son ancienne école ?

 

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Concrètement, quel planning adopter pour enclencher réellement sa reconversion ?

Pour se lancer une bonne fois pour toute, il faut créer un plan d’action, en se fixant des dates précises : sans rapport au temps, sans vraies échéances, difficile de ne pas procrastiner et de ne pas reporter sans cesse ses projets.

Vous pouvez vous fixer comme horizon le mois de septembre, pour vous laisser du temps dans vos recherches, mais aussi parce que certains recruteurs évoquent cette échéance, plutôt que les semaines à venir pour une véritable reprise.

Dès juin, en fonction des dates de retour au bureau, il est possible de prendre rendez-vous avec les RH de son entreprise pour septembre, et de décortiquer son CPF, afin de repérer les formations adéquates. L’été peut ensuite être mis à profit pour mettre à jour son profil LinkedIn, interroger des personnes évoluant dans le domaine visé, et effectuer une étude de marché : la crise étant passée par là, il faut adapter son projet, en fonction de la situation du secteur.

Enfin, même si le confinement y aura déjà grandement contribué, juillet-août peut être une bonne période pour faire le point une ultime fois sur ses besoins et ses envies.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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