Reconversion & Formation alternance-attitude

En alternance : la bonne attitude à adopter

, par La Rédaction

Un pied dans le monde du travail, l’autre en formation. Pas toujours facile de concilier cette double vie de salarié et d’étudiant. Comment faire pour que son contrat d’apprentissage se passe bien ? Voici quelques réalités sur la vie en alternance et quelques conseils glanés auprès de recruteurs et de managers. Par Charlotte De Saintignon

 
Une formation en alternance ne laisse pas beaucoup de temps pour souffler. Mieux vaut en avoir conscience avant de s’engager pour pouvoir tenir le rythme sur la durée. Vous allez alterner entre période de formation et travail en entreprise. Organisez-vous au maximum pour que cela se passe bien. Vous devez être très rigoureux et être prêt à potasser vos cours après une journée de travail, d’autant plus lorsque vous êtes en période d’examen. Sarah Marques, en contrat de professionnalisation chez Kiloutou, avoue avoir mis quelques semaines à prendre ses repères. “On vit des semaines très intenses. Quand on rentre chez soi après le travail, il ne faut pas espérer mettre les pieds sous la table mais apprendre à s’organiser, réviser et avancer régulièrement sur ses devoirs et ses projets d’école pour ne pas se laisser déborder.” Vous devez rester efficace et opérationnel en entreprise comme à l’école. Pas question de faire l’impasse sur vos cours : décrocher votre diplôme doit rester votre but. Mais n’oubliez pas les loisirs pour autant et aménagez-vous des plages de repos et de détente pour relâcher la pression.

 

Un statut ambivalent d’étudiant salarié

“La plus grande difficulté pour un jeune en alternance est qu’il s’estime souvent encore étudiant alors qu’il est soumis au Code du travail. Vous n’avez pourtant plus le statut d’étudiant et donc plus droit aux vacances scolaires”, signale Aurélien Cadiou, président de l’Association nationale des apprentis de France (Anaf). Au même titre que tout salarié, vous êtes sous la responsabilité de l’entreprise qui vous emploie. “En cas d’absence, même pendant votre formation, vous devez la justifier auprès de votre entreprise et présenter un arrêt de travail, poursuit le président de l’Anaf. La philosophie de l’alternance, c’est un employeur qui envoie son salarié en formation et qui la paie.” Vous avez donc des devoirs vis-à-vis de l’entreprise. Sylvain Barberet, chargé d’alternance et des relations écoles au Club Med, explique que les personnes en alternance sont traitées au même titre que n’importe quel employé en CDD ou CDI. “Nous avons les mêmes exigences professionnelles en matière d’attitude et de comportement.” Soyez à la fois ponctuel, dynamique et curieux.

 

Adoptez le savoir-être de l’apprenant

Ce qui importe le plus ? Votre comportement au sein de l’entreprise. “Les alternants ne doivent pas être dans une posture passive. Ils ont des responsabilités”, met en garde Aurélien Cadiou. Faites preuve d’initiative et d’autonomie, observez les rouages de l’entreprise, osez vous imposer, poser des questions, proposer vos services et vos idées quand vous en avez. Dialoguez et communiquez avec vos collègues. Sinon votre tuteur pourrait penser, sur un malentendu, que vous ne vous intéressez pas à ce qu’il fait. A contrario, “les jeunes arrivent parfois un peu survoltés, en ayant l’impression qu’ils sont les rois du monde. Ils doivent être humbles car ce sont souvent leurs premiers pas dans le monde professionnel”, considère Stéphane Cadot, manager chez Thales. Mettez-vous dans une posture d’apprenant, en mode partage et collaboration. “Nous sommes là en tant que formateur et savons bien que les jeunes ont encore beaucoup à apprendre et ne seront pas opérationnels tout de suite”, juge Vincent Mattei. Stéphane Cadot leur conseille d’être transparents. Pas question d’essayer de “résoudre des problèmes dans son coin. Notre rôle est de répondre à leurs questions.”

 

Appuyez-vous sur votre tuteur pour vous guider

Pour que votre contrat se passe au mieux, vous avez tout intérêt à tisser des liens de confiance avec votre tuteur qui est votre référent en entreprise, pour qu’il soit à votre écoute. N’hésitez pas à lui demander régulièrement de faire le point. Et gardez un contact permanent avec lui, même lorsque vous êtes à l’école. Sylvain Barberet du Club Med reste en contact avec les coordinateurs de formation dans les CFA pour s’assurer que tout se passe bien pour l’alternant en matière d’attitude et de comportement. “Les centres de formation nous remontent leurs évaluations et leur feuille de présence pour que l’on puisse s’assurer de leurs notes et de leurs horaires.” Et tous les mois, le tuteur fait un point avec eux. Histoire de ne pas passer à côté d’un éventuel problème.

 

Que faire en cas de problème pendant mon contrat ?

Tous les contrats d’apprentissage n’arrivent pas à leur terme : un quart des contrats sont rompus selon une étude de l’AFCI. Pour autant, soyez conscients du fait que vous ne pourrez pas y mettre fin si facilement. “Cela peut être très frustrant. En dehors de la période d’essai – 45 jours de présence en entreprise –, cela peut se faire uniquement si les deux parties sont d’accord.” Seul recours, les Prud’hommes. Essayez de vous intégrer au maximum pendant la période d’essai pour découvrir l’entreprise, le métier et toutes les missions possibles pour vous assurer que vous pourrez tenir votre contrat. Aurélien Cadiou, président de l’Anaf, conseille de ne pas hésiter à changer pendant cette période d’essai. L’idéal étant de pouvoir faire des stages dans l’entreprise avant de signer son contrat. Et si vous rencontrez le moindre souci ou inquiétude, ne laissez pas la situation s’envenimer sans réagir.

Organisez une réunion à trois avec le référent pédagogique de votre centre de formation et votre maître d’apprentissage ou tuteur en entreprise, soit au sein de l’entreprise soit à l’école, pour désamorcer et résoudre le problème. Stéphane Cadot, manager chez Thales, conseille de “très vite identifier le problème pour ne pas plomber l’alternant et trouver une solution pour le réorienter au bon endroit.” Vous pouvez aussi vous renseigner auprès de la Chambre consulaire qui a enregistré votre contrat, qui compte dans ses rangs des développeurs et médiateurs de l’apprentissage.
 

La Rédaction


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