L’alternance est un tremplin, une voie de formation et de découverte d’un métier qui propulse chaque année des jeunes et des moins jeunes sur le marché du travail. Et sa montée en puissance s’est confirmée depuis 2019 et la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » : le nombre de contrats d’apprentissage a triplé en cinq ans, atteignant 980 000 en 2023 selon le ministère du Travail. Pour rappel, l’alternance se divise en deux types de contrats : le contrat d’apprentissage, accessible aux jeunes de 16 à 29 ans révolus (sans limite d’âge pour les personnes en situation de handicap) ; et le contrat de professionnalisation, accessible aux jeunes de 16 à 25 ans et aux demandeurs d’emploi de 26 ans et qui concerne souvent des profils plus âgés ou expérimentés et des niveaux de qualification plus élevés. « Ces dernières années, on voit de plus en plus d’entreprises qui prônent et accompagnent le développement de l’alternance en général et l’apprentissage en particulier. C’est une formule gagnant-gagnant dont le bien-fondé n’est plus à prouver », confirme Yann Bouvier, chargé de mission à la Fondation innovations pour les apprentissages (FIPA).
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Portes ouvertes aux reconversions
Si l’apprentissage est une formule de plus en plus privilégiée par les jeunes en études et pour se former à un métier en maximisant ses chances d’embauche (70 % des apprentis trouvent un emploi dans les six mois suivant l’obtention de leur diplôme, contre 50 % pour les étudiants en formation classique), le dispositif s’avère également très utile pour les candidats à la reconversion. « Il faut mettre cela en avant : les dispositifs et opportunités de reconversion via l’alternance. Le contrat d’apprentissage vous permet par exemple, en tant que salarié, d’envisager une reconversion professionnelle quand vous êtes en CDI, jusqu’à vos 30 ans révolus. On voit de plus en plus de personnes qui après quelques années de carrière souhaitent se réorienter. Et les procédures d’apprentissage sont aussi développées par les entreprises pour former sur des métiers porteurs et en tension, notamment via la création de CFA internes », ajoute Yann Bouvier.
Le contrat de professionnalisation, inaccessible pour les personnes déjà en poste, séduit lui aussi des profils de plus de 30 ans en reconversion, et le dispositif de reconversion ou de promotion par l’alternance (Pro-A) s’adresse à tout salarié en CDI, quel que soit son âge, ayant un niveau de qualification inférieure à bac+3.
Entrepreneuriat et inclusion
Parmi les valeurs sûres de l’alternance : son aspect inclusif et professionnalisant, notamment pour les publics éloignés de l’emploi ou les jeunes en décrochage scolaire. « Le volet inclusion de l’apprentissage au sens large n’est plus à prouver. On la voit notamment via la prépa-apprentissage, qui permet à des jeunes entre 16 et 29 ans révolus (et sans limite d’âge pour les personnes en situation de handicap) insuffisamment préparés de réussir leur entrée en apprentissage », souligne le chargé de mission de la FIPA. Le dispositif « Les !ngénieuses » porté par la FIPA accompagne par exemple des demandeuses d’emploi vers les filières techniques et industrielles : « On leur propose par exemple un BTS technique en alternance pendant deux ans. Et si elles le souhaitent, elles peuvent ensuite évoluer vers un cursus d’ingénieur. Et nous avons 82 % de ces jeunes femmes qui poursuivent par un enseignement supérieur long après l’alternance, dont 60 % en école d’ingénieur. »
Autre possibilité offerte par l’apprentissage, et souvent méconnue : le choix de l’entrepreneuriat. En effet, la formule est aussi accessible aux personnes ayant un projet de création ou de reprise d’entreprise et dont le projet nécessite l’obtention d’un diplôme ou d’un titre professionnel. Et, sous ces conditions, sans limite d’âge. « Tout salarié ou toute personne peut opter pour le contrat d’apprentissage pour une formation de 6 mois jusqu’à 3 ans, pour se former afin de lancer un projet d’entreprise. C’est l’une des dérogations qui permet de profiter de la formule à tout âge », complète Yann Bouvier.