Emploi

Industrie : Quels sont les métiers les plus porteurs ?

L’industrie fait sa mue. Au gré des transitions, les postes industriels s’affirment de nouveau comme des métiers d’avenir. Découvrez les filières porteuses, tant en termes de sens que d’emplois et d’opportunités de carrière en tout genre.

En France, plus de 3 millions de salariés travaillent dans quelque 235 000 entreprises industrielles, de toutes tailles. Loin d’être un secteur en désuétude, ses filières se réinventent et recommencent à recruter massivement : selon une enquête de L’Usine Nouvelle, le secteur devrait recruter plus de 150 000 profils en 2025. Des besoins de compétences qu’il s’agit de faire connaître, notamment chez les jeunes, pour créer de nouvelles vocations. « Beaucoup de personnes n’expriment pas d’intérêt pour les métiers de l’industrie tout simplement parce qu’elles ne connaissent que trop peu les voies de carrière dans les métiers techniques et scientifiques », affirme Pierre Brisset, président du groupe Aserti, spécialiste de la maintenance et du reconditionnement des équipements électroniques et industriels. Il y a un virage à prendre pour promouvoir ces métiers. »

Et pour cause : près de 90 % des postes à pourvoir d’ici à 2030 devraient provenir de départs à la retraite, selon la Dares et France Stratégie (760 000 postes à pourvoir par an). Partout sur le territoire national, l’industrie est l’un des premiers pourvoyeurs d’emplois et de trajectoires de carrière : elle représente jusqu’à 15 % de l’emploi salarié en Auvergne-Rhône-Alpes.

« Il faut souligner cette implantation dans les territoires, avec des filières fortes par région : les data centers se développent de plus en plus dans l’Est, la Normandie présente un important hub lié aux énergies et au nucléaire, la Bretagne se positionne sur l’hydrogène, le Sud-Est sur le nucléaire », ajoute Sonia Fosse, DRH du groupe d’ingénierie industrielle Segula Technologies. « Sur ces filières émergentes, il n’y a pas de sujet de délocalisation, ce sont des métiers pour les dizaines d’années à venir, et ce, quel que soit l’âge ou le niveau de qualification. »

Le poids des transitions

Qu’il s’agisse de la transition énergétique et environnementale ou des enjeux d’innovation et de défense, les grandes tendances sociétales se traduisent par une forte dynamique d’emploi dans l’industrie. « Le secteur bouge énormément », confirme Valérie Brusseau, directrice R&D dans l’industrie et directrice générale de l’association Elles Bougent.

« Je distingue trois filières particulièrement porteuses aujourd’hui. D’abord : tout ce qui est lié à la décarbonation et à la réduction de l’empreinte des industries (énergies, électrification, innovation technologique, économie circulaire, éco-conception…). Ensuite, les métiers de la défense et de l’aéronautique civile et militaire. Et enfin, le domaine du nucléaire, avec l’enjeu du renouvellement des réacteurs (EPR et SMR). »

Dans toutes ces filières, on recrute, on forme pour concevoir et fabriquer des solutions techniques pour répondre aux enjeux sociétaux. Ce sont des métiers qui ont du sens. Une dynamique qui correspond aussi aux volontés croissantes d’impact des candidats et des travailleurs.

Pierre Brisset, dont l’entreprise accompagne les acteurs industriels dans leur transition en promouvant le reconditionnement et l’économie circulaire, confirme : « L’industrie prend ce virage petit à petit et depuis plusieurs années, avec notamment de plus en plus d’obligations RSE (responsabilité sociétale des entreprises) et ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance). Cela crée de l’emploi et entraîne de la réorientation des compétences, avec, par exemple, une société comme Renault qui vend du matériel reconditionné de sa marque et dédie une de ses usines au reconditionnement de voitures. »

Preuve du poids des transitions en termes d’emploi, la seule filière des réseaux électriques prévoit 58 000 recrutements d’ici à 2030, sur des métiers comme monteurs de réseaux, techniciens d’exploitation réseaux ou coordinateur de travaux. « On cherche aussi des profils de data analysts et de professionnels du numérique, pour implémenter du numérique dans les territoires », ajoute Sonia Fosse.

Retrouvez l’intégralité de cet article dans le n°285 de Rebondir. Disponible sur notre boutique en ligne.

Allez plus loin

Acheter le numéro

Ajouter un commentaire

Votre adresse IP ne sera pas collectée Vous pouvez renseigner votre prénom ou votre pseudo si vous êtes un humain. (Votre commentaire sera soumis à une modération)