Fin 2024, une entreprise créée sur quatre relevait de l’artisanat, selon la dernière édition du baromètre ISM-MAAF, qui s’appuie sur les données de l’Insee. Sur un an, le nombre de créations s’est élevé à 280 000 entreprises, soit une hausse de 11 %. Une dynamique deux fois supérieure à la moyenne nationale. En outre, les projets dans l’artisanat représentaient 25 % du total des sociétés lancées en 2024. Autre preuve – s’il en fallait une – de l’engouement général pour l’artisanat : 88 % des Français voient les emplois de l’artisanat comme « épanouissants » et 86 % les considèrent « utiles socialement », selon une enquête Ifop, relayée par la Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA).
L’année 2024 est marquée par une hausse généralisée des créations d’entreprises dans tous les sous-secteurs de l’artisanat. Avec une tendance particulièrement forte dans les activités de services (+17 %), l’artisanat de l’alimentation (+ 14 %). Et, dans une moindre mesure, la fabrication (+9 %) et le BTP (+ 4 %). En nombre de créations globales, ce sont le nettoyage de bâtiments (45 480), les taxis VTC (18 540) et les soins de beauté (17 890) qui se distinguent. Tandis que parmi les activités artisanales qui affichent le plus fort taux de croissance , on retrouve : l’aménagement paysager dans le BTP (+23 %), la fabrication de biscuits dans l’alimentation (+ 49 %), l’imprimerie dans l’artisanat de fabrication (+42 %) ; ou encore la boulangerie-pâtisserie (+33 %) ainsi que la boucherie (+ 27 %).
Entreprendre pour changer de métier
En parallèle des créations d’entreprises dans l’artisanat se cachent souvent des trajectoires de reconversion professionnelle. En effet, près d’un créateur sur deux (48 %) indique s’être orienté vers une activité différente de son métier principal dans le cadre de son projet artisanal. Des reconversions entrepreneuriales sont particulièrement fréquentes dans l’artisanat de fabrication (69 %) et dans les services (61 %), tandis qu’elles restent limitées dans le BTP (25 %). Autre preuve du dynamisme des créations : moins d’une ouverture sur dix dans l’artisanat est le fruit d’une reprise ou d’une transmission d’entreprise. Toutefois, certaines activités comme l’alimentation (boulangerie, restauration…) restent, elles, très sujettes aux transmissions avec 19 % de reprises.
Des habitudes qui pourraient encore augmenter dans les prochaines années puisqu’on estime que 72 000 sociétés artisanales dirigées par des entrepreneures de plus de 60 ans – et représentant à elles seules 200 000 emplois – pourraient être cédées dans les 5 ans. « La transmission d’entreprise en fin de carrière se prépare plus sereinement lorsqu’elle est anticipée. Pourtant, de nombreux dirigeants s’y préparent peu ou trop tardivement, espérant plutôt une reprise au sein de leur entourage (famille, salariés, connaissances…), réduisant malheureusement les opportunités de transmission, affirme Catherine Elie, directrice des études d’ISM. Dans certains secteurs de niche, les dirigeants peinent souvent à trouver un repreneur qualifié et doivent élargir leurs recherches. Lorsqu’un atelier ferme ses portes, ce sont des savoir-faire parfois rares qui s’éteignent avec lui. Ce que l’on sait aussi, c’est qu’une entreprise sur deux ne se transmettra pas… Il y a donc une véritable dynamique à soutenir celles et ceux qui souhaitent entreprendre et se lancer dans une reprise d’entreprise. »