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Bilan de compétences : 5 clés pour le faire soi-même à moindre coût

Faire le point sur sa carrière ne nécessite pas forcément de faire appel à un professionnel. On peut aussi mener cette réflexion seul, en prenant le temps de revenir sur son parcours, ce que l’on sait faire et ce que l’on attend aujourd’hui de son travail. Une façon d’y voir plus clair avant d’envisager une quelconque reconversion.

Le bilan de compétences a largement gagné du terrain. Près de 100 000 ont été réalisés en 2022, contre 33 000 trois ans plus tôt, selon des chiffres rapportés par le Sénat. Mais la démarche peut coûter cher. Depuis février 2026, son financement par le CPF est plafonné à 1 600 euros, alors que les tarifs peuvent grimper à plusieurs milliers d’euros. Un délai de cinq ans est également imposé entre deux bilans. Il est pourtant possible de commencer cette réflexion de son côté. Gérard Roudaut, spécialiste de l’emploi et de l’orientation, mais aussi auteur de Faire soi-même son bilan de compétences, donne les principales clés pour se lancer.

Faire son bilan de compétences en partant de ses envies

Pour Gérard Roudaut, un bilan de compétences ne commence pas par la recherche des métiers qui recrutent. Il conseille d’abord de s’interroger sur ce que l’on aime réellement faire. « Il faut identifier ce qui nous rend vivant », explique-t-il. Aider les autres, résoudre un problème, imaginer, organiser, obtenir un résultat concret… Ces envies peuvent se retrouver dans des métiers très différents.

« Je trouverai d’autant moins quelque chose qui me va que je ne sais pas ce que je cherche. Aujourd’hui, on part systématiquement du fait qu’il faut s’adapter, surtout avec l’arrivée de l’IA et les difficultés économiques. Je trouve que cela n’est pas une vision juste des choses », estime-t-il. Une fois ses préférences identifiées, il faut les confronter à la réalité. « Il faut revenir dans le réel et, sachant ce que je cherche, je vais m’en rapprocher le plus possible. »

Pour mener cette réflexion, Gérard Roudaut s’appuie notamment sur le TRICAM, une typologie qu’il a développée autour de six pôles : technicité, réflexion, imagination/intuition, coopération, action/autorité et méthode. Ces derniers peuvent se combiner et permettre de mieux cerner les rôles dans lesquels on se reconnaît. « Qu’est-ce que c’est qu’un métier ? Sinon des rôles qu’on vous propose de jouer ? », interroge-t-il.

Identifier ses compétences à partir de ses expériences

Pour faire le point sur ses compétences, l’expert conseille de repartir de ce que l’on a réellement fait au cours de ses différentes expériences. Une compétence peut correspondre à une tâche très concrète, comme « recevoir des clients ».

Mais savoir faire quelque chose ne signifie pas forcément que l’on souhaite continuer à le faire. Il faut donc aussi repérer les activités dans lesquelles on s’est senti à l’aise ou utile. « Je me sens vivant quand je me sens efficace et utile », explique Gérard Roudaut.

Revenir sur son parcours permet aussi de comprendre ce que l’on souhaite vraiment changer. Le problème ne vient pas toujours du métier en lui-même. Certaines missions, responsabilités ou conditions de travail peuvent simplement ne plus nous convenir. L’idée est donc de repérer ce que l’on souhaite garder de son expérience et ce que l’on ne veut plus retrouver dans son prochain poste.

Explorer des métiers avant une reconversion professionnelle

L’étape suivante consiste à rechercher des « terrains d’atterrissage professionnels » dans lesquels on peut retrouver les rôles identifiés. Il faut ensuite déterminer comment les atteindre avec son expérience et ses compétences. « Quel est le chemin ou les chemins prometteurs pour arriver à ces terrains ? », résume Gérard Roudaut. La réponse dépend notamment de son parcours, de son expérience et des compétences dont on dispose déjà.

Pour autant, une piste ne doit pas être choisie sur la seule base d’une intuition. L’auteur cite le cas d’une professionnelle attirée par la qualité dans l’hôtellerie. Avant d’envisager une reconversion, il lui a proposé d’étudier la manière dont les palaces parisiens travaillaient leur positionnement. Cette recherche lui a notamment permis de prendre conscience de sa capacité à collecter et à structurer une grande quantité d’informations.

Elle a finalement choisi de rester à son poste, après avoir pris conscience de ses compétences et de ce qu’elle était capable d’y accomplir. Enquêter sur un secteur, échanger avec des professionnels ou essayer une activité permet ainsi de vérifier ce qu’un métier recouvre réellement avant de s’engager dans une nouvelle voie.

Être au centre de son bilan de compétences

Un regard extérieur peut être utile lorsqu’on peine à prendre du recul sur son parcours. Mais Gérard Roudaut met en garde contre l’idée qu’un conseiller pourrait trouver la réponse à la place de la personne. « Croire que le conseiller a une science infuse est une illusion, il en sait forcément moins que vous sur vous. Ce n’est pas Madame Irma que vous allez consulter », rappelle-t-il.

Un professionnel peut poser des questions, apporter des informations ou aider à examiner certaines pistes autrement. Mais « c’est la personne concernée qui est au centre de tout, du début à la fin ». Par ailleurs, si faire un bilan de compétences ne conduit pas systématiquement à un changement de métier, cela peut permettre d’écarter une piste, d’en approfondir une autre ou de comprendre que le changement recherché concerne davantage l’entreprise ou le poste qu’on occupe déjà.

Quelles sont les limites du bilan de compétences ?

Revenir sur son parcours peut aussi faire surgir des difficultés qui dépassent le cadre professionnel. Pour Gérard Roudaut, il faut alors savoir où s’arrête le bilan de compétences. « L’objectif est de comprendre ce que l’on recherche dans son travail, ce que l’on sait faire et les pistes que l’on pourrait explorer, sans chercher à régler par ce biais des difficultés d’un autre ordre », prévient-il.

Cette limite vaut aussi lorsqu’on fait son bilan avec un conseiller. Ce dernier peut aider à comprendre ce qui pèse sur un choix professionnel, mais certaines problématiques relèvent de la vie personnelle ou de la santé mentale et doivent être prises en charge dans un autre cadre. « On n’est pas thérapeute pour nos clients », insiste le spécialiste.

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