Reconversion professionnelle : de quelles aides puis-je bénéficier si je suis au chômage ?
Emploi

Reconversion professionnelle : de quelles aides puis-je bénéficier pour financer ma formation ?

Se reconvertir quand on est au chômage, et que les moyens financiers sont parfois limités, peut s’avérer difficile. Plusieurs aides et dispositifs permettent toutefois de financer son projet, notamment sa formation, et de sécuriser sa reconversion.

Au deuxième trimestre 2026, la France comptait 2,7 millions de personnes au chômage selon l’Insee. Pour certaines, cette période peut être l’occasion d’envisager une reconversion professionnelle. Reste alors à savoir comment la financer. Compte personnel de formation, France Travail ou encore financements des Régions, Rebondir fait le point sur les dispositifs, parfois peu connus, qui peuvent prendre en charge le coût d’une formation.

Quelles aides concrètes pour financer sa formation ?

  • Utiliser son Compte Personnel de Formation (CPF)

C’est le premier réflexe à avoir si l’on a déjà travaillé, car les droits accumulés au cours de la vie professionnelle peuvent être utilisés pendant une période de chômage. Pour vérifier le montant disponible, il suffit de se connecter à la plateforme Mon Compte Formation. Attention toutefois à une spécificité : « Les formations à l’acquisition de compétences pour créer ou reprendre une entreprise doivent aboutir à une certification pour que le CPF puisse être utilisé », précise le site Service-Public.fr

  • Solliciter une demande « d’abondement » à France Travail

Il n’est pas toujours nécessaire d’avancer la différence si le solde du CPF est insuffisant. En effet, France Travail peut, toujours sous certaines conditions, accorder un abondement pour financer le reste à charge. La demande s’effectue directement en ligne depuis Mon Compte Formation lors de l’inscription. L’accord n’est cependant pas automatique, car le demandeur d’emploi doit justifier en quoi la formation doit lui permettre de retrouver un emploi.

  • L’Aide individuelle à la formation (AIF)

Cette aide, mise en place par France Travail, peut prendre en charge soit la totalité du coût de la formation, soit être utilisée en complément d’autres financements. Elle est accessible aux demandeurs d’emploi inscrits à France Travail, qu’ils soient indemnisés ou non, à condition que la formation soit cohérente avec leur projet de retour à l’emploi. Pour en bénéficier, le plus simple reste de faire le point avec son conseiller.

  • Le Programme régional de formation (PRF)

Les Régions financent également des places de formation adaptées aux besoins en compétences de leurs territoires par le biais du Programme régional de formation. Dans ce cadre, le bénéficiaire n’a aucun frais à régler. Pour repérer ces opportunités, il faut consulter les offres portant la mention « financée par le Conseil régional » sur le service « Trouver ma formation » de France Travail ou directement sur les sites des Conseils régionaux.

  • L’Action de formation conventionnée (AFC)

Enfin, France Travail achète directement des sessions de formation dans des secteurs où les besoins de recrutement sont particulièrement pressants dans le cadre de l’Action de formation conventionnée (AFC). Entièrement prises en charge, ces formations sont identifiables par la mention « financée par France Travail ». Pour autant, avant de s’inscrire, il est recommandé de contacter l’organisme de formation pour s’assurer de l’adéquation du programme avec ses attentes, puis de faire valider le projet par son conseiller.

Quelles aides pour conserver un revenu pendant sa formation ?

  • L’ARE-Formation (ARE-F)

Les demandeurs d’emploi qui perçoivent une Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE), peuvent la conserver pendant leur formation. Cette dernière change simplement d’intitulé et devient l’Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi Formation (AREF). Son montant est donc le même.

Mais attention, seules les formations prévues dans le contrat d’engagement ou le Projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE), ainsi que celles financées en tout ou partie avec le CPF, sont concernées. Le passage de l’ARE à l’ARE-F est automatique si les conditions sont remplies.

  • La Rémunération de formation de France Travail (RFFT)

Quid des demandeurs d’emploi qui ne sont pas indemnisés ? S’ils suivent une formation validée et financée ou cofinancée par France Travail, ils peuvent, sous certaines conditions, bénéficier de la Rémunération de formation de France Travail (RFFT).

Le montant versé dépend de la situation du demandeur d’emploi, mais il est compris entre 224,68 et 769,49 euros par mois. Pour connaître le détail de ses droits, il faut se rapprocher de son conseiller France Travail avant l’entrée en formation.

  • La Rémunération des stagiaires de la formation professionnelle (RSFP)

Lorsque la formation est agréée par l’État ou la Région, c’est la Rémunération des stagiaires de la formation professionnelle (RSFP) qui entre en jeu pour les demandeurs d’emploi qui ne perçoivent pas l’ARE. Pour savoir si une formation est concernée, il faut se renseigner directement auprès de l’organisme de formation, qui se charge également de transmettre le dossier de rémunération.

  • La Rémunération de fin de formation (RFF)

Que se passe-t-il lorsque les droits au chômage prennent fin avant la formation ? La Rémunération de fin de formation (RFF) peut, sous certaines conditions, prendre le relais de l’ARE-F jusqu’à la fin du cursus de formation. Toutes les formations ne sont toutefois pas éligibles.

Pour en bénéficier, la formation « doit permettre aux demandeurs d’emploi d’acquérir une qualification correspondant aux besoins de recrutement des entreprises », précise France Travail sur son site. L’éligibilité est détectée automatiquement par l’organisme au moment de l’inscription.

Y a-t-il des aides spécifiques pour les jeunes et les seniors en reconversion ?

Les aides à la formation sont globalement les mêmes quel que soit l’âge. Mais les jeunes et les seniors peuvent bénéficier de quelques dispositifs ou conditions particulières.

  • Le Contrat d’engagement jeune (CEJ)

Le CEJ est un parcours d’accompagnement proposé par France Travail à destination des jeunes âgés de 16 à 25 ans qui ne sont ni étudiants ni en formation et qui rencontrent des difficultés pour trouver un emploi. La limite est fixée à 29 ans pour les personnes en situation de handicap. L’accompagnement peut inclure des formations, des stages ou des immersions en entreprise.

Il repose sur un accompagnement personnalisé avec un conseiller à raison de 15 à 20 heures d’ateliers, de stages et d’immersion par semaine. Une allocation pouvant aller jusqu’à 566,17 euros par mois peut aussi être versée, en fonction de plusieurs critères, dont notamment les ressources et le respect des modalités du contrat.

  • Les jeunes et les seniors sont prioritaires pour l’AFC

L’Action de formation conventionnée (AFC) évoquée plus haut, est ouverte à tous les demandeurs d’emploi, mais les moins de 26 ans sans diplôme supérieur au bac et les demandeurs d’emploi de 55 ans et plus font partie des publics prioritaires.

  • Atout Senior

Atout Senior, pensé en partenariat avec l’Apec et l’Ifocop, s’adresse aux demandeurs d’emploi de 50 ans et plus qui veulent se former à un nouveau métier. Le parcours prévoit quatre mois de formation certifiante, puis quatre mois en entreprise.

La formation est financée à 75 % par l’entreprise et à 25 % avec le CPF. Si le solde CPF ne suffit pas, France Travail peut compléter le financement. Le dispositif est pour l’instant présent dans 11 régions.

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