Pour découvrir en détail le concept des Entreprises Éphémères de l’emploi, lisez notre article : Entreprises Éphémères pour l’Emploi : l’insertion par la pratique et le collectif.
Annie Lernould, 59 ans: « On a crée du lien et on a appris plein de choses »
« Durant plus de 36 ans, j’ai travaillé dans la même entreprise, en tant qu’assistante dans une école FLE (Français Langue Etrangère). Cette entité a été rachetée et je me suis retrouvée au chômage il y a huit mois, assez brutalement. C’était totalement inattendu, cela m’est tombé sur la tête et a détruit ma confiance. Les mois ont passé et je n’osais même pas me présenter quelque part. Un jour, ma conseillère France Travail m’a demandé d’aller à une réunion, où j’ai découvert les Entreprises Éphémères. Au début, je ne comprenais pas bien le principe, mais très vite, j’ai constaté que c’était un peu comme reprendre le chemin du travail. On a des horaires de bureau, des journées structurées et très chargées. Le matin, on avait des ateliers de coaching collectifs et on recevait des entreprises locales. L’après-midi, on travaillait dans les différents services de « l’entreprise ». J’étais dans le service communication : on se chargeait d’interviewer les intervenants, les recruteurs, et les autres associés (les participants des Entreprises Éphémères, ndlr).
Pendant les premières semaines, je n’osais pas candidater, mais j’ai peu à peu repris confiance. On a appris à refaire son CV, à pitcher, à gérer son stress en entretien… Et surtout, on a créé du lien, 50 personnes de tous âges et d’horizons très différents qui se serrent les coudes. Deux semaines avant la fin, je me suis positionnée lors d’un job dating, puis j’ai été rappelée. Je travaille depuis comme assistante dans un cabinet d’expertise comptable. Les Entreprises Éphémères m’ont apporté plein de choses. »
Racha Kennouche, 42 ans: « J’ai repris confiance et j’ai reçu une promesse d’embauche »
« J’ai commencé mon parcours dans l’industrie pharmaceutique en Algérie, en gravissant les échelons de commerciale jusqu’à directrice marketing. En 2014, je me suis installée en France et j’ai alors souhaité prendre du temps pour m’occuper de mes deux enfants. J’ai donc pris une année sabbatique. Puis, à la suite de ma séparation, il est devenu difficile pour moi d’allier ma vie de maman solo et ma carrière, mais j’ai pu retrouver un poste de commerciale dans une maison de cosmétiques. C’était une très belle expérience, mais très prenante, j’ai été contrainte de faire une rupture conventionnelle fin 2022. J’ai alors fait quelques missions de consulting en tant que conseillère marketing ici et là, mais je ne retrouvais pas de poste en CDI. Et plus le temps passait, moins j’avais d’opportunités.
J’ai décidé de participer aux Entreprises Éphémères parce qu’on m’avait expliqué que j’allais pouvoir rencontrer directement les entreprises, et mon problème était justement de décrocher des entretiens. Dès le premier jour, j’ai vu dans le planning qu’une rencontre avec Axa était prévue, et je me suis donné pour objectif de rejoindre cette entreprise, qui correspond à mes valeurs. J’ai ainsi pu rencontrer le directeur régional d’Axa, et faire un, puis plusieurs autres entretiens. Et je viens de recevoir ma promesse d’embauche en CDI, en tant que commerciale pour des produits de prévoyance. Ce qui m’a fait du bien, c’est de sortir de l’isolement, d’être rassurée sur la valeur de mon profil. J’ai rencontré des gens très diplômés et aux carrières longues qui étaient au chômage, comme moi. Ces rencontres et l’entraide m’ont redonné confiance, après deux ans de chômage. »
Laurence Barbery, 58 ans: « Une expérience qui répare »
« J’ai commencé ma vie professionnelle comme décoratrice et étalagiste dans le milieu de la mode et du prêt-à-porter, avant de me réorienter vers la vente. A la suite d’un problème de santé et de la reconnaissance de mon statut de travailleuse handicapée, j’ai travaillé à temps partiel. Mais la vente en magasin devenait trop pénible physiquement, j’ai donc préféré demander une rupture conventionnelle en juin 2024. Se retrouver au chômage en tant que senior, c’est difficile psychologiquement. J’ai mis plusieurs mois à la digérer. Je ne parvenais plus à me projeter avec confiance, et j’ai donc été séduite par la proposition de participation aux Entreprises Éphémères. Je retiens de l’expérience des journées très fournies, des coachs dynamiques et beaucoup de rencontres. J’étais dans le service « face to face », chargé d’aller vers les gens et vers les entreprises en faisant du démarchage local pour trouver des offres d’emploi et des entreprises à présenter aux autres associés.
J’ai appris plein de choses utiles pour mon rebond, et j’ai surtout pu découvrir plein d’opportunités d’emplois. J’ai finalement été embauchée en CDI, comme téléopératrice pour Aqua Habita, une entreprise locale qui vend des douches et des salles de bains pour les seniors. Je me fais former à ce nouveau poste, qui me permet de retrouver ce que je sais faire : la vente, tout en ayant un cadre de travail plus adapté à ma situation. En un mot : cette expérience nous répare et nous permet de sortir d’une forme de solitude et de démarcation sociale qu’on peut vite connaître quand on est au chômage. »
Informations pratiques et annonces des prochaines éditions à consulter sur le site des Entreprises Ephémères.