Emploi

Faut-il retoucher vos réseaux sociaux avant un entretien ?

En amont d’un entretien, d’un recrutement ou d’une rencontre entre un candidat et un recruteur, les entreprises ont de plus en plus tendance à "checker" les réseaux sociaux pour éventuellement opérer un filtrage supplémentaire. De fait, le personal branding et l’image véhiculée en ligne sont plus que jamais déterminantes, et doivent être soignées ou, au minimum, lissées.

Selon le rapport de Canva « Nouvelle année, Nouvel Emploi », qui analyse comment l’IA, les réseaux et les outils de création de design influencent l’embauche, 69 % des responsables de recrutement consultent les profils des candidats sur les réseaux sociaux. Tandis que 89 % d’entre eux s’accordent sur l’influence de l’image professionnelle numérique dans le processus de recrutement. En effet, la présélection via les profils des candidats sur les réseaux sociaux présente aujourd’hui un impact réel et concret dans les pratiques de recrutement. Et les candidats doivent adapter leur présence en ligne à cette réalité, sans pour autant céder à la paranoïa. Pour y voir plus clair et fournir quelques pistes de réflexion et retours d’expérience pour mesurer l’impact de la présélection sur les réseaux, la plateforme de recrutement Indeed a publié en cette fin janvier une étude en partenariat avec l’institut CensusWide.

En premier lieu, il apparaît que 41 % des candidats interrogés déclarent avoir déjà modifié ou ajusté leurs profils sur les réseaux sociaux lors d’une recherche d’emploi. 26 % l’ont même fait à un plusieurs reprises,  contre 15 % une seule fois. En revanche et au contraire, 59 % n’ont jamais modifié leurs profils dans ce contexte.

Des pratiques générationnelles

Comme pour la présence même et l’activité sur les réseaux, la tendance à les polir avant de candidater varie selon l’âge et selon les générations. Les retours d’expérience témoignent d’un niveau de conscience plus ou moins élevé vis-à-vis des enjeux de l’image en ligne pour la vie professionnelle. L’ajustement des profils est ainsi plus répandu chez les millennials (46 %, nés entre 1980 et 1994) et la Gen Z (45 %, nés entre 1995 et 2010) que chez la Gen X (35 %, nés entre 1960 et 1979). La Gen Z se distingue également par la répétition de ces ajustements : 34 % déclarent avoir modifié leurs profils plusieurs fois, contre seulement 21 % chez la Gen X. Si les femmes et les hommes se montrent quasi à égalité sur le sujet (41 % vs 40 %), l’étude note en outre des disparités selon les régions : par exemple, 48 % des candidats franciliens ont déjà ajusté leur image en ligne, contre seulement 31 % en Nouvelle-Aquitaine.

Quels ajustements ?

Dans le détail, les ajustements de profils les plus fréquents sont la réécriture du contenu du profil pour paraître plus professionnel (51 %), la modification de la photo de profil ou de la bio pour être plus attractif (48 %), la suppression ou l’archivage de certains posts ou photos compromettants (28 %), ou encore la mise en privé du profil pour dissocier vie personnelle et vie professionnelle (28 %). Derrière ces réflexes et ces pratiques en amont des candidatures se cachent une inquiétude également de plus en plus marquée : 36 % des candidats sont stressés à l’idée d’être jugés par un recruteur à travers leurs réseaux sociaux.

Dernier enseignement de l’étude : le niveau d’inquiétude dépend du secteur d’activité concerné. Dans les métiers de la manufacture, seuls 10% des candidats se disent inquiets d’un éventuel screening de la part de l’employeur, tandis qu’ils sont bien plus nombreux à l’être dans d’autres secteurs plus connectés et exposés tels que l’éducation (30 %), la finance (44 %) les arts et la culture (50 %), le marketing (50 %) et surtout, le juridique (75 %).

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