Emploi

« Gérer son temps, c’est préserver sa santé mentale et rassurer les recruteurs »

Dans un contexte où le télétravail, l'autonomie et la charge mentale sont au cœur du quotidien professionnel, la gestion du temps est devenue une soft skill précieuse, et scrutée de près. Diane Ballonad Rolland, consultante et formatrice en organisation, nous explique pourquoi cette compétence est devenue un atout aux yeux des recruteurs, et comment l'améliorer, que l'on soit salarié, en reconversion ou en recherche d'emploi.

Pourquoi la gestion du temps est-elle si importante aux yeux des recruteurs ?

La gestion du temps est une compétence transverse, qui se repère très rapidement. Elle rassure les recruteurs car elle est le signe d’une personne autonome, fiable, capable de travailler sans micro-management. Dans un contexte où le télétravail est devenu incontournable, cette soft skill apparaît comme un gage de maturité professionnelle. Plus largement, elle est révélatrice d’une bonne organisation mentale, d’un sens des priorités et, souvent, d’une meilleure santé mentale. Une personne qui gère bien son temps travaille de façon plus juste (sans s’épuiser), et c’est un vrai levier de prévention des risques psychosociaux. C’est, au fond, préserver sa santé mentale et rassurer les recruteurs.

Ce n’est pas une compétence qu’on met forcément en avant sur un CV…

Effectivement, ce n’est pas facile à prouver par écrit. D’ailleurs, si un candidat le mettait trop en avant, cela pourrait même paraître suspect. C’est en entretien que cela peut se valoriser ; en expliquant comment on structure ses journées, comment on hiérarchise les priorités, ou comment on gère les imprévus. Ce sont les petites choses de l’organisation quotidienne qui, exprimées simplement, témoignent d’une vraie efficacité.

Comment savoir si l’on gère mal son temps ? Quels sont les signaux d’alerte ?

La sensation de débordement permanent est souvent un premier signe. Quand on commence plus tôt, qu’on finit plus tard, et que malgré cela le travail s’accumule, c’est un indicateur. Il y a aussi la fatigue cognitive, la difficulté à se concentrer, la dispersion mentale… Il faut toutefois distinguer une mauvaise gestion du temps d’une surcharge structurelle. Même les meilleurs en organisation ne peuvent compenser un sous-effectif chronique ou une avalanche de tâches imprévues.

Quels premiers pas recommandez-vous pour progresser ?

Commencez par observer votre réalité. Notez tout ce que vous faites pendant une semaine ou quinze jours. Cela permet de prendre conscience de là où passe réellement votre temps. Ensuite, hiérarchisez. Chaque jour, fixez-vous 3 à 5 grandes priorités. Et posez-vous cette question : « Si je ne devais faire qu’une seule chose aujourd’hui, ce serait quoi ? » Cela aide à clarifier ce qui compte vraiment.

Et comment planifier efficacement sans rigidifier son emploi du temps ?

Une bonne gestion du temps n’exclut pas les imprévus, au contraire. Il ne faut pas chercher à remplir 100 % de sa journée. Il faut au contraire sanctuariser ses priorités et laisser des zones-tampons pour les urgences. Une bonne méthode consiste à se faire une feuille de route hebdomadaire : bloquer des créneaux dédiés, faire le point chaque matin sur ses priorités du jour, et s’ajuster au fil de l’eau.

Quand on est en recherche d’emploi, comment garder un cadre sans s’épuiser ni procrastiner ?

Le temps peut vite devenir élastique. Je conseille de créer un cadre sur mesure, avec des plages horaires fixes. Par exemple : consacrer ses matinées à la recherche d’emploi, et garder ses après-midis pour d’autres projets, du sport, des formations… Cela évite la culpabilité, redonne du rythme, et structure la journée. Deux heures bien cadrées valent mieux que huit heures floues.

Et si on se sent naturellement « bordélique » ou que l’on a un TDAH, c’est fichu ?

Pas du tout. L’organisation n’est pas un don inné. Ce sont des outils et des méthodes. La méthode Pomodoro fonctionne bien : on travaille par tranches de 20-25 minutes, avec 5 minutes de pause. Cela canalise l’attention. On peut aussi désactiver les distractions numériques (mode avion, boîte mail fermée) pour se concentrer par petites séquences. J’ai accompagné des personnes très brillantes, y compris dans des postes à responsabilités, qui devaient tout réapprendre sur la gestion du temps. On peut toujours progresser.


5 conseils pour bien gérer son temps

1. Observez vos journées pendant 1 à 2 semaines pour identifier les gaspillages de temps.

2. Fixez 3 à 5 priorités maximum par jour, pas plus.

3. Posez-vous chaque matin la question : « Si je ne devais faire qu’une seule chose aujourd’hui, laquelle serait-ce ? »

4. Planifiez sans tout remplir : prévoyez des zones de flexibilité pour l’imprévu.

5. Testez la méthode Pomodoro pour mieux gérer votre attention : 25 min de concentration / 5 min de pause.


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