Emploi

L’humilité, une qualité à valoriser au travail !

Longtemps boudée au profit de l’assurance ou de l’expertise brute, l’humilité s’impose aujourd’hui comme une soft skill incontournable. Essentielle à l’intelligence collective et au travail d’équipe, elle est de plus en plus recherchée par les recruteurs. Pour comprendre pourquoi et comment la cultiver, que l’on soit en recherche d’emploi, en reconversion ou en poste, découvrez les conseils dé Gaël Chatelain-Berry, expert du monde du travail.

Pourquoi l’humilité est-elle devenue si importante aujourd’hui ?

Elle ne l’a pas toujours été. Le XXe siècle valorisait l’image du salarié ou du manager sûr de lui, qui savait tout et ne montrait jamais ses émotions. Mais les choses ont changé. Des crises comme celles de 2008, puis du Covid, nous ont brutalement rappelé notre vulnérabilité.

Aujourd’hui, dans un contexte de pénurie de talents, on privilégie des profils plus humains. Et soyons honnêtes : il est plus agréable de travailler avec des gens humbles qu’avec des collègues qui prétendent tout savoir. C’est aussi ce que veulent les jeunes générations : du respect, de la coopération et un meilleur équilibre de vie. L’humilité devient alors une composante essentielle du bien-être et de la performance collective.

Comment définir l’humilité ? Est-ce compatible avec la confiance en soi ?

C’est totalement compatible. Être humble, ce n’est ni se rabaisser, ni s’écraser. On peut très bien être humble tout en étant conscient de ses compétences. L’humilité repose sur trois piliers : l’empathie, la modestie et la volonté de progresser. C’est savoir écouter sans interrompre, reconnaître qu’on ne sait pas tout, ou encore assumer ses erreurs sans se justifier. L’humilité, c’est accorder à l’autre le même droit à l’erreur qu’à soi-même. Et cette posture, loin d’être une faiblesse, est une vraie force.

En quoi l’humilité est-elle un levier pour sa carrière ?

L’humilité construit des relations de qualité et une bonne réputation ; deux leviers essentiels dans une carrière. J’ai vu des personnes très brillantes se retrouver isolées à force d’arrogance. À l’inverse, les profils humbles attirent naturellement la confiance et l’envie de collaborer. Dans un monde du travail interconnecté, où l’on parle beaucoup de leadership bienveillant et de coopération, l’humilité est un marqueur de maturité professionnelle.

Comment mettre en avant cette qualité en recherche d’emploi ?

Le mot « humilité » reste parfois mal compris. Je ne recommande pas de le placer tel quel sur un CV. Mais on peut tout à fait valoriser cette qualité autrement. En entretien, parlez de votre goût pour le travail en équipe, de votre capacité à apprendre des autres, de votre ouverture aux feedbacks. Cela montre que vous êtes tourné vers l’intelligence collective, pas centré sur vous-même. C’est plus efficace que d’annoncer, comme certains jeunes diplômés, qu’ils seront managers dans six mois. Rester à sa place, tout en montrant une ambition lucide, c’est bien plus convaincant.

Peut-on apprendre à être humble ?

Oui, mille fois oui ! On peut être arrogant à 20 ans, parce qu’on sort d’une école brillante ou qu’on débute sa carrière, et apprendre l’humilité avec le temps. Cela commence par une prise de conscience : se rendre compte que les relations sont plus simples et plus efficaces quand on adopte une posture d’humilité. Ce n’est pas une stratégie, mais un état d’esprit. On passe de « j’ai raison » à « comment avancer ensemble ».


L’humilité en pratique : qu’est-ce que ça change ?

Au quotidien, l’humilité se manifeste par des actions concrètes :

Pour un manager :

  • S’installer au milieu de son équipe plutôt que dans un bureau fermé.
  • Oser dire « je ne sais pas » ou « j’ai besoin de vous ».

Pour un salarié :

  • Écouter les critiques sans se braquer.
  • Ne pas couper la parole en réunion.
  • Aider un collègue en difficulté.
  • Valoriser le travail des autres.
  • Reconnaître ses erreurs sans excuses.

Passez le test : faites-vous partie des “moi je” ?

Pour savoir si vous manquez d’humilité, demandez-vous si vous faites partie des « moi je ».

Ce sont ceux qui commencent toutes leurs phrases par « Moi je… » :

  • Moi je pense que…
  • Oui mais moi j’ai vécu ça…
  • Moi, je fais toujours comme ça…

Quand ce réflexe devient automatique, cela révèle souvent un besoin de reconnaissance mal orienté. Et l’inverse de l’humilité n’est pas le manque de confiance, mais l’arrogance : « Croire qu’on est le centre du monde, ce qui empêche d’apprendre… et d’évoluer », note Gaël Chatelain-Berry.

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