Le numérique ne recrute pas que des ingénieurs. Avec 140 métiers et près de 900 000 salariés, selon France Travail, le secteur offre aussi des débouchés à des profils moins « techniques » ou en reconversion. Organisée du 21 au 26 septembre, par France Travail et ses partenaires, la Semaine des métiers du numérique est l’occasion pour les candidats de découvrir les différentes possibilités offertes par le secteur.
Car « il n’y a pas besoin d’être bac +5 pour intégrer ces professions », rappelle Caroline Riffard, directrice régionale adjointe en charge de la stratégie et des partenariats à France Travail Île-de-France. L’un des enjeux principaux de cet événement est de déconstruire les représentations qui freinent encore certains candidats. D’autant que la filière propose près de 90 000 opportunités d’emploi par an, selon l’organisme.
Des métiers du numérique accessibles
Certains métiers sans formation longue sont particulièrement recherchés par les recruteurs. « Parmi ceux qui recrutent, on peut trouver des postes de technicien support informatique, mais aussi des référents RGPD ou des assistants data analyst », énumère Caroline Riffard. Accessible dès le bac, le métier de technicien support informatique constitue une porte d’entrée dans le secteur.
Au quotidien, ce professionnel accompagne les utilisateurs, diagnostique les incidents, installe et configure le matériel et assure l’assistance technique. Une formation spécialisée qui, en fonction du profil, peut être financée par France Travail, est toutefois nécessaire.
Autre piste : les métiers des systèmes et réseaux. Selon France Travail, on peut également s’y former sans diplôme, en commençant par exemple comme technicien systèmes et réseaux. À ce poste, on seconde l’administrateur en gérant les incidents et la maintenance du parc informatique. Des formations sans prérequis permettent d’obtenir un équivalent de bac +2.
L’idée n’est pas pour autant de dire que les métiers du numérique ne demandent aucune connaissance particulière. « Évidemment qu’il y a un aspect technique, mais pas que », rappelle Caroline Riffard. Pour elle, il faut surtout « sortir du couloir de nage » : l’aspect technique peut facilement prendre le dessus lorsqu’on pense au numérique, alors que des « parcours de formation » permettent aussi d’y accéder.
Des compétences transférables pour se reconvertir
Dans certains cas, il n’est pas nécessaire de repartir de zéro. « Parfois, les compétences sont transférables », rappelle Caroline Riffard. Elle cite notamment le cas d’une personne qui avait commencé des études de droit avant de s’orienter vers la protection des données : « Elle s’est dit : “Le droit, finalement, ça ne m’intéresse pas tellement. Par contre, être référent RGPD dans une entreprise pour sécuriser, protéger les données et lutter contre les cyberattaques, moi, ça me va.”»
Pour acquérir les compétences qui lui manquaient, elle a ensuite suivi une Préparation opérationnelle à l’emploi (POE). « Le langage technique, ça s’acquiert avec la préparation opérationnelle à l’emploi. C’est le dispositif qui adapte la personne aux compétences attendues », explique la directrice régionale. « On en fait tous les jours, des reconversions de ce type-là et il y a de plus en plus de littéraires qui choisissent cette voie », ajoute-t-elle. Les candidats qui souhaitent savoir si un transfert de compétences est possible dans leur cas doivent se rapprocher de leur conseiller France Travail.
Découvrir le secteur grâce à une immersion
Se familiariser avec un secteur avant de commencer une reconversion permet de voir plus concrètement s’il peut nous correspondre. Pour guider les candidats au cours de cette étape, France Travail met à leur disposition une plateforme dédiée aux métiers du numérique, accessible aussi bien aux demandeurs d’emploi qu’aux salariés. Elle rassemble les opportunités d’embauche, mais aussi les offres de formation disponibles. Avant de choisir une formation, Caroline Riffard conseille de vérifier si l’environnement professionnel correspond réellement au candidat : « La première démarche, c’est finalement : est-ce que l’environnement peut vraiment me plaire ? »
Pour le vérifier, les candidats peuvent demander une immersion professionnelle à leur conseiller. D’une courte durée, ce stage en entreprise permet de découvrir un métier ou un secteur. D’autres dispositifs peuvent ensuite accompagner la reconversion, comme Numeric’Emploi lancé par France Travail et ses partenaires Numeum et l’Opco Atlas. Ce dernier permet notamment aux demandeurs d’emploi d’échanger avec des professionnels des ressources humaines et des chefs d’entreprise du secteur afin d’affiner leur projet professionnel. Ces entretiens viennent en complément de l’accompagnement assuré par France Travail et ses partenaires. « On va tous agir pour que le développement de compétences soit activé», explique Caroline Riffard.
L’ouverture à des profils différents passe aussi par les entreprises. Certaines hésitent encore à recruter des candidats extérieurs au numérique ou sans formation initiale dans le secteur. Pour faire évoluer ces pratiques, France Travail veut notamment accompagner les petites structures dans leurs recrutements. « Notre rôle est aussi de soutenir les chefs d’entreprise dans leur recrutement. On leur présente des candidats qui sont prêts à s’engager dans cette filière, il faut qu’ils s’ouvrent », conclut Caroline Riffard.
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